Phonopaths - OdoMolKit - Part I

Chronique Maxi-cd / EP (14:01)

chronique Phonopaths - OdoMolKit - Part I

« Ras la casquette des chroniques pépères : attaquons-nous plutôt au nouveau PhonoPaths ! »

 

Bien que ne portant pas plus de casquette au moment de la rédaction de ce papier que sous la douche ou pendant le coït, le cri de guerre poussé en tête de cette gondole HTML s’avère des plus appropriés. Parce que si bavasser à propos du dernier album de Thrash old school sorti par Dynamitator s’apparente souvent à une promenade de santé, faire passer le nouvel EP 3 titres des Sentiers Phonographiques sur le grill de l’exercice chroniquatoire est un exercice bien moins reposant.

* parce que, bien qu’apparenté à la sphère Nawak, l’album précédent nous avait laissés honteux et confus. À la limite on avait juré mais un peu tard qu’on ne nous y reprendrait plus

* parce que ces 3 titres nouveaux ne prennent nulle tangente Electro-Pop bobo pour tenter de calmer les tympans échaudés par la séance de shaker frénétique de 2019

* parce que le gratteur de cordes et co-fondateur de ce regroupement de toons psychotiques a depuis rejoint la team du présent webzine en tant que plume pluridisciplinaire

* parce que le même gratteur de cordes est l’heureux maître d’une chatte prénommée « Choucroute » (… ce qui n’a rien à voir avec ladite choucroute, mais me permet d’insinuer ce faisant que l’énergumène n’est peut-être pas très porté sur l’épilation du maillot – du moins si j’en crois ce bon Dr Freud)

 

Donc là, le lapin : 1) soit il persiste dans l’hermétisme auriculaire et non seulement il met une sale ambiance dans la team, mais il se fait de plus traiter de sadique lyncheur de musiciens sans défense, 2) soit l’EP lui ouvre enfin les yeux et lui arrache un sourire – le risque, dans ce cas, étant d’être soupçonné de veste-retournage et de vil copinage.

 

Rien à gagner à écrire cette chronique, du coup…

 

Mais allez, ranafoot ! Clouez-moi donc sur une porte de grange. Doutez en public de la probité de mes aïeux, et ce sur 4 générations. Dégainez votre plus beau Photoshop pour greffer mes longues oreilles jaunes sur la trogne de Michel Drucker : je m’en contrebalance le sac à semence sur un air de banjo. Car il se trouve que PhonoPaths fait du Metal différemment, de manière loufoque mais experte, au fond du couloir à droite après avoir longé l’espace Nawak Metal… Et que la chose, forcément, me parle ! Il faut soutenir les démarches singulières, bon sang de bois ! Surtout que cette fois, nul besoin de se forcer : le groupe de 8oris a enfin réussi à me faire d’agréables gouzis à la plume d’oie.

 

Pourtant, comme le divulguaient les trublionneries introductives, les Phonopaths sont tout aussi agités qu’ils l’étaient il y a 2 ans… Mais cette agitation ne rime plus avec confusion. Le chant de Bastien part certes toujours un peu en live… Mais plus en vrilles, le gugusse évitant cette fois les interventions burlesques les plus horripilantes. Pour le dire autrement, si ce nouvel EP a cette fois encore les cheveux en bataille, il devient évident que ce n'est pas le fruit d’un peignage au pétard, mais la création d’un coiffeur expert, genre Edward aux Mains d’Argent ayant fumé un splif Haribo.

 

Alors pour bien vous mettre dans l’ambiance d’OdoMolKit - Part I, il faut penser bouffe, cartoon SF, et décors en barbe-à-papa. Il faut imaginer un maelstrom à mailles serrées où se croisent déferlements sauvages de Metal extrême, nappes de synthé fluo et rebondissements incessants. Il faut imaginer que le Ziltoïd de Qui-vous-savez se retrouve un peu groggy après s’être fait violer dans la Chocolaterie de Charlie, et que ça lui provoque plein de gratouilleries Math/SF Black, mais également plein de chatouilleries Nawak/Prog. Et puisqu’on en est à balancer des noms, rappelons à quel point la densité du banquet proposé par ces fous-furieux peut rappeler les multiples couches du Space Opera d’Ufych Sormeer. Sans compter que, quand le bouillonnement psychotique est à son comble (tiens, autour de la barre des 3 minutes sur « The End Of Hazel Weasel » par exemple), on distingue des échos de ces crises délirantes vécues par Todd Smith sur les morceaux les moins youpi-circus de Polkadot Cadaver.

 

« The End Of Hazel Weasel » permet de réaliser à quel point ce bordel apparent est finement organisé, et même carrément plaisant. Les transitions trépidantes, le mille-feuille sonore, les instruments qui chahutent, la trame quantique du morceau : tout cela aurait pu aboutir à un mélange bâtard de kouglof et de kouign-amann, trop lourd, trop sucré, et trop peu digeste. Mais non, la magie opère, et on finit même par ne plus être escagacé par les sonorités de synthé les plus clinquantes. « Aubergyptian Jabs » réussit à pousser l’entreprise de séduction encore un cran plus loin, ce cake aux fruits musical s’avérant plein de surprises – un sample laissant entendre le doux bruit du gamer cédant à l’injonction « Insert Coins ! » à ma gauche, un accès d’Electro-BM furieux réveillant le doux souvenir de Necropod (vers 1:20) à ma droite, tandis que la basse couvre de douillets coussins les angles les plus saillants. Quant à « Zesty Zucchi Zombie », en recourant à de courtes boucles mélodiques entêtantes (fatigantes ?) et en hérissant à nouveau sa musique de pics quelque peu hostiles, il rebrousse un peu chemin sur la route de l’accessibilité. Mais sans vraiment nous y perdre, d’autant qu’à mi-parcours il se met à ouvrir de régulières parenthèses Nawako-foraines particulièrement sympathiques, la première de celles-ci étant suivie d’une sévère séance d’emmoshisation de la nuque.

 

Bonne nouvelle, donc : PhonoPaths a réussi à maîtriser suffisamment l’apparent chaos bordélique que semblait être sa musique pour en extraire du pur plaisir auriculaire directement injectable dans les pavillons latéraux ornant nos trombines. A l’image d’un Unexpect par exemple, avec lequel il partage certaines caractéristiques. Alors si on avait abordé cette « Part I » avec prudence, voire défiance, on attend à présent avec impatience sa jumelle numéro II !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: autant le premier album de PhonoPaths avait un peu refroidi nos ardeurs de nawakophile naïf et douillet, autant ce nouvel EP nous convainc cette fois bel et bien, la foire d’empoigne mise en scène par le groupe étant joliment chorégraphiée, et intelligemment scénarisée. Sorte de version psycho-rose bonbon des univers d’Ufych Sormeer, Devin Townsend et Unexpect, cette sortie courte mais intense ravira ceux qui n’ont pas peur de passer du temps à défaire un emballage chiadé pour profiter encore plus intensément de la brillante surprise lovée en son sein.

photo de Cglaume
le 13/10/2021

3 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 13/10/2021 à 23:33:22

Putain, les 1000 € les mieux investis de ma vie. Tu recevras le prochain virement dans quelques jours! :D
Plus sérieusement, merci à toi pour cette belle chronique écrite avec ce style aussi inimitable que savoureux.
La suite de la recette de cuisine arrive bientôt, patience!

8oris

8oris le 13/10/2021 à 23:34:12

(et ma chatte s'appelle "Choucroute" parce qu'elle est "chou" et ne branle rien de la journée et là d'où je viens, l'argot "passer ses journées en occupations oisives et sans intérêt" se dit "crouter" d'où Choucroute...) --> 3615 Cémavi rubrique "on s'en branle"

cglaume

cglaume le 14/10/2021 à 06:12:09

Freud a effectivement consacré de nombreux paragraphes au sujet du déni : il explique bien que le patient peut construire des raisonnements très élaborés - convainquants, même, parfois - pour se masquer à soi-même une réalité sordide. Mais je peux comprendre que tu rechignes à te faire épiler là. Ça pique.

:D

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