Prognathe - Homo Miserhabilis

Chronique Maxi-cd / EP (26:54)

chronique Prognathe - Homo Miserhabilis

Victor, parolier du groupe m’a tellement ému avec les détails des textes de ce EP que je ne peux que retranscrire tel quel ses paroles, qui toucheront, à n’en pas douter beaucoup de nos lecteurs. Ainsi, je n’ai pas osé toucher un mot à cette prose tellement poignante qu’à comparer Antigone, c’est un sketch de Dieudonné.

 

« Cet EP décrit les circonstances tragiques de la mort d’un chasseur prognathien dont les restes mutilés ont été retrouvés par une équipe d’archéo-spéléologues. L’étude des restes, humains et animaux, et des artefacts prélevés sur place ainsi que l’interprétation des motifs gravés sur les parois de la grotte laissent suggérer qu’une troupe de chasseurs s’est enfoncée dans cette cavité en poursuivant un ours, mais que ceux-ci ont péri suite à un éboulement, à l’exception d’un homme et dudit ours, rôdant encore dans les boyaux de la grotte. Condamné à se nourrir des restes de ses congénères, le chasseur sombra peu à peu dans la folie et termina sa triste existence par une terrible séance d'autophagie, poussé par des hallucinations et les voix de ses amis décédés.

Il reste toutefois difficile de déterminer si les troubles psychologiques subis par cet individu étaient consécutifs au traumatisme vécu lors de la perte de ses pairs ou s’il était déjà antérieurement atteint de démence. La faiblesse de ses capacités cognitives demeure incontestable au vu des éléments dont disposent les chercheurs. Quoi qu’il en soit, cet épisode lamentable se conclut par le retour de l’ours qui n’avait qu’à terminer un travail déjà bien entamé. Tous ces événements sont narrés dans la première piste de l’EP ("A cave new world").

La seconde piste ("The last suffer"), quant à elle, tente de se pencher sur la pathétique vie intérieure de notre personnage dans ses derniers instants, quand ce qui lui restait de conscience finit de le quitter, le laissant dans un état de relative quiétude. »

 

Si le fond de Homo Miserhabilis est à se pisser dessus d'émotion, la forme l’est tout autant.

Enfin, la théorie de la relativité n’était pas encore inventée à l’époque.

Ici, les deux pithécanthropes se font en effet bien plus expérimentaux qu’à l’accoutumée. Évidemment, la violence est encore de mise mais les 15 minutes du premier morceau permettent de ménager une longue intro bien sinistre.

Un mid tempo presque à contretemps suit alors les traces boueuses et les hommes des cavernes éructeront comme aux premiers jours de la fin de l’humanité. L’ambiance se fera pourtant moins foncièrement Grind pour tirer vers le Death limite occulte.

On constate que les gaziers se sont encore fait aventureux en pervertissant leur rythmique et en rendant fugacement leur riffing dissonant. Un break ingénieux ajoute un suspens de bon aloi à la dramaturgie environnante.

Et un autre presque apaisé, nous fait craindre que la suite déchaîne les coups de massue en mode rotative. Prognathe désarçonne en réalité en évitant la compétition des plus véloces prédateurs. Ils l’ont déjà fait dans le passé du passé.

Un peu de Cannibal Corpse s’invitera pourtant et même oserai-je glisser le terme sludge sur une transition qui déraille. Et puis pourquoi ne pas nous coller aussi un peu de doom tiens, se barrant en Grind Black halluciné ?

Le second titre se fera instru ambient mâtiné de distorsion, en mode descente rugueuse de mauvais trip. Pas ma choppe de houblon mais cela complète bien le concept paléolithique.

 

Sur les murs de la grottes, le brouet d’apparence chaotique de ce Eµp se révèle en réalité étonnant. Car les deux sicaires aux crânes fuyants s’amusent à tordre le cou au genre auquel ils nous avaient habitué auparavant. Il y a toujours du bruit mais c’est, désormais, celui des vertèbres broyées plutôt que des crânes éclatés.

photo de Crom-Cruach
le 20/01/2023

6 COMMENTAIRES

el gep

el gep le 20/01/2023 à 16:33:37

Bigre, du Death Platonique (et cannibale), ça donne envie pour de vrai !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 20/01/2023 à 19:27:15

Commence par "We're sane" Gepeto : il est énorme.

el gep

el gep le 21/01/2023 à 10:35:10

OKiii ! Je pensais à celui-ci présentement chroniqué parce qu'il avait l'air spécialement tout chelou et j'aime les trucs chelous, mais j'irais bien voir "We're [notatall] Sane" aussi, viii.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 21/01/2023 à 11:57:03

Oui il est interlope celui-ci.

el gep

el gep le 21/01/2023 à 22:10:37

Tiens, j'imaginais pas ça comme ça.
C'pas mal !
Mais je trouve pas ça vraiment Death.
Peut-être un peu trop Fear Factorien pour mes goûts...

el gep

el gep le 21/01/2023 à 22:27:44

...oué j'ai beaucoup aimé en fait.
un p'tit côté Strapping Young Lad.
J'aime bien la ballade finale aussi.
Faut que j'écoute leurs trucs plus Grind.

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