Reverend bizarre - In the rectory of the Bizarre Reverend

Reverend bizarre - "In the rectory of the Bizarre Reverend"
chronique Reverend bizarre - In the rectory of the Bizarre Reverend

"Méfiez-vous, vous, la vermine psychédélique! Votre grandiloquence béate avec son mince déguisement de tolérance ne vous servira plus désormais ! Nous connaissons vos marques et savons bien les reconnaître. Nous poursuivront les vilains comme vous tant que la nuit durera! Nos coursiers attendent et leurs yeux sont luisants tels les feux de l'enfer !"

 

Le ton est donné. Beaucoup vous diront que Reverend Bizarre est un groupe dépressif, qui balance son malheur dans sa musique pour se défouler, mais la vérité c'est qu'il n'y a pas de malheur ou de bonheur personnel lorsqu'il est question de servir une cause supérieure. Le trio l'a bien compris, et, je n'apprécierai pas autant ce groupe si la dépression se mêlait aussi facilement avec la puissance déployée dans leurs albums. Et même si cette dévotion ne se fait pas sans servir un certain intérêt personnel maladroitement dissimulé, c'est précisément ce qui rend l'aspect humain et malsain de leur musique.

 

La profession de foi de Reverend Bizarre est entière, on le ressent dans leur musique lente et répétitive, car le lien entre les paroles et les lourdes notes martelées est très étroit. Tout y est aussi sincère que la confession d'un saint ayant violé un nourrisson la veille, hypocrite autant que peut l'être la religion chrétienne, et aussi austère qu'une mission d'inquisition. Les Finlandais reprennent le discours archaïque des brûleurs de sorcières, dont la pureté réside dans l'abnégation et la propension à en apeller au jugement de dieu tout puissant sur les pêcheurs, et ils sont si nombreux que la tâche s'avère ardue. Ce disque est un long prêche, le révérend déclamant les sermons d'une voix claire, ni aigue ni vraiment grave, mais assez pesante, et nous, nous en sommes les fervents auditeurs.

 

Ceci est le premier véritable album du groupe, et il place la barre bien haute, ce qui fait de lui incontestablement un des groupes de Doom traditionnel des plus renommés. Le terme Doom traditionnel, sous entend normalement Black Sabbath, Pentagram, Saint Vitus et Candlemass, mais il se trouve que Reverend Bizarre a voulu plonger dans des tempos plus lents encore, ainsi qu'un son remarquablement produit avec une basse mixée en avant. En fait de Doom traditionnel, les quatres groupes précédement cités sont surtout à l'origine du style, d'où le superlatif traditionnel, mais Reverend Bizarre semble vouloir respecter les codes encore mieux que ses prédécesseurs ne les avaient plus ou moins fixés, d'où la connexion sensible entre le thème de l'inquisition et leur musique, assidûe à respecter un code au pied de la lettre, de manière cruelle s'il le faut. Un exemple ? La photo centrale du gatefold est copiée sur celle du Paranoid de Black Sabbath, la liste des remerciements est terriblement longue, et les gimmicks de Black Sabbath se retrouvent au beau milieu de ces morceaux. Toutefois, ceux-ci ont plus de liens avec des morceaux tels que "Electric Funeral" ou bien l'éponyme "Black Sabbath" alors qu'un "Wheels of confusion" ou encore un "Evil woman" sont déjà d'une saveur bien moins ténébreuse.

 

C'est ainsi qu'il faut apprécier cet album, et non pas en se croyant puni de l'écouter, en se désolant de ses inlassables répétitions, justifiant le fait que ce groupe soit culte par des phrases typiques du genre "alors c'est très lent, c'est très long et puis ça ressemble à Black Sabbath et en plus y'a un morceau qui dure 21 minutes", à croire qu'on regarde la pendule lorsqu'on écoute du Doom ! En réalité, le but de ce groupe n'est pas de calculer la taille de leurs compositions pour participer à je ne sais quel concours; ils prennent seulement la liberté de s'exprimer jusqu'à plus soif puisque, de toute manière, aucune radio ne viendra les emmerder pour récuper une version format réduit à passer sur les ondes.

 

Ce In the rectory of the Bizarre Reverend s'écoute lors des longs soirs d'hiver, et s'apprécie religieusement, ou tout simplement avec pleins de bières et pleins de copains metalleux qui aiment bouger la tête de haut en bas, en déclarant la guerre aux hippies une fois de plus. L'objet quand à lui est magnifique, les réédition vyniles de Svart records gratifiant à chaque fois d'un magnifique livret.

 

Achat ou pas achat ? Achat.

photo de Carcinos
le 08/12/2013

2 COMMENTAIRES

el gep

el gep le 08/12/2013 à 14:48:21

Très beau disque d'autistes. Va falloir que je me le repasse sous la neige.

R.Savary

R.Savary le 08/12/2013 à 21:31:20

Superbe album ! et dans le respect des codes, sur mon édition Spikefarm records, la photo de quatrième de couv' reproduit celle du premier Cathedral !

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