Sadistic Force - Aces Wild

Chronique CD album (33:10)

chronique Sadistic Force - Aces Wild

Quand on a la passion des grosses guitares rugissantes, des murs d’enceintes vrombissants et des cordes vocales vociférantes, quand bien même notre histoire personnelle comprend un baccalauréat révisé en écoutant Battles in the North et Once Upon a Cross, il n’est pas rare de développer une espèce de nostalgie respectueuse pour le bon vieux Wok’n’Woll. Parce que touteuh la musique qu’on aimeuh, elle vient de là. Alors on se passe de temps à autre un bon vieux AC/DC, un Guns’n’Roses des familles, ou un petit Mötley Crüe. Ecouter ce bon vieux Hard Rock donne l’impression d’aller faire un tour dans la pièce de bricolage du daron. Ça sent la vieille huile de moteur, la clé de 12 et la binouze bien méritée d’après la tonte de pelouse… M’enfin il faut reconnaître que, même si ce genre de zic envoie raisonnablement, il y a là-dedans un petit côté poivre-et-sel, naphtaline & douleurs lombaires qui freine un brin l’enthousiasme.

 

« Merde, ‘y aurait pas moyen d’avoir le feeling rétro, la gouaille des anciens et l’odeur du cuir sans s’emmerder avec le sonotone et les problèmes de prostate ? On pourrait pas lui greffer des couilles et lui injecter les yeux de sang à l’ancêtre ? »

 

Nul doute que c’est ce genre de fantasme néo-gérontophile, un peu schizo mais finalement pas si déconnant, qui a abouti à la création de groupes comme Witchery, Bewitched, Hellripper, Hexecutor ou encore Bütcher. Parce que le whisky de Motörhead, les guitares héroïques de la NWOBHM et le kérosène du Speed/Thrash à l’ancienne ont quand même un impact tout autre quand ils sont revisités selon les standards du Metal extrême.

 

Dernier en date à s’être lancé dans le tuning de vieilles Harley avec une motorisation Beumeuh, Sadistic Force n’est pas le moins intéressant du lot. Parce qu’outre cette aptitude à proposer des petits tubes qui donnent envie d’aller brûler de la gomme sur la route des festoches – mais ça, vous me direz à raison, c’est la base pour ce type de rétrogrades militants – les Texans réussissent à intégrer la composante Black Metal de leur musique bien plus en profondeur dans leur tambouille vintage que la plupart de leurs camarades pour qui le soi-disant ravalement de façade se cantonne trop souvent à une prod’ musclée et une pluie de postillons acides. Et ce constat s’impose dès la fin de la première minute du premier morceau, « 2,000 Volts », quand après un démarrage motörheadien gaillard le groupe se met à déchaîner les blasts d’une houleuse tempête norvégienne… Avant de rétropédaler sur un refrain la clope au bec et les pouces dans les poches du jean. Et plus fort encore que ces judicieuses alternances, nos brocanteurs de l’extrême osent parfois un métissage plus poussé. Ainsi, sur le morceau-titre, nombres de phrases démarrent sur un emballement Black interrogatif avant de s’achever sur un point final Rock’n’Roll (écoutez donc la chose à 0:58). « Murder at Boggy Creek » pousse même le bouchon jusqu’à relocaliser l’album dans les fjords le temps d’un morceau entier, histoire de laisser les noirs corbeaux voler à leur guise.

 

Mais ce que l’on retient avant tout de Aces Wild, ce sont les hymnes de Hells Angels. A commencer par la déclaration d’intention « 2,000 Volts », qui coche toutes les cases et mélange brillamment l’ensemble des ingrédients attendus en un brûlant cocktail (un B-52, sans nul doute). « Aces Wild » est clairement fait du même bois, même s’il sent plus fort encore le vieux Motörhead. « Strike of the Iron » décline l’exercice sur un mode plus impalednazarenien – à tel point qu’on pense fortement à « Armageddon Death Squad » à son écoute. « The Living Grave » laisse plus de place aux fières twins de la NWOBHM, et donne donc une envie plus pressante d’enfourcher son destrier pour aller botter les culs de ces féroces soldats qui ont la mauvaise idée d’essayer d’égorger nos fils nos compagnes. Quant à la ligne d’arrivée, elle est aménagée avec une classe folle, car ce n’est autre qu’une version fielleuse du « Blind in Texas » de W.A.S.P. qui est ici proposée, et on peut dire – en empruntant au registre des Académiciens qui s’entre-congratulent – qu’elle défonce la prostate !

 

Alors maintenant que vous connaissez le côté sadique de la Force, vous n’aurez plus d’excuse si vous n'arrivez toujours pas à choisir la bande-son adéquate pour vos virées sur l’asphalte brûlante en compagnie du Ghost Rider.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: la gouaille punky de Motörhead, les guitares frondeuses mais mélodiques du Heavy/Speed à l’ancienne, la férocité acide du Black Metal… Sadistic Force est de ces groupes inspirés qui mettent un petit coup de boost au Metal de grand-papa avec l’aide des démons des fjords norvégiens. Les fans de Witchery, Bewitched ou plus récemment de Hellripper et Bütcher ont trouvé leur nouvelle coqueluche !

photo de Cglaume
le 26/11/2021

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/11/2021 à 16:34:46

A force, tu vas picoler de la Valstar toi.

cglaume

cglaume le 26/11/2021 à 16:58:28

Haha, faudra que je me sois déjà bien mis la tronche avec autre chose avant alors :D

Crom

Crom le 27/11/2021 à 11:38:14

La gnole des Carpathes du grand-père du gratteux de Dirty Shirt par exemple ?

cglaume

cglaume le 27/11/2021 à 16:31:42

;)

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