Seth.ect - Godspeak

Chronique CD album (45:54)

chronique Seth.ect - Godspeak

Honnêtement, pris à froid, vous aurez beau m’agiter l’étiquette « black/death indus » sous le nez de toute la force de vos petits bras musclés, vous réussirez peut-être à me faire éternuer, mais il y a peu de chance pour que vous me donniez l'envie de vous embrasser fougueusement sur la bouche (… en même temps ça vaut sans doute mieux, pour vous comme pour moi). Et pourtant, l’écoute du morceau « Ana-al Haqq » –  judicieusement placé en Sethième (ouarf) position sur le volume numéro Seth (mais arrête à la fin!) de la compilation Combat Nasal – m’avait laissé un méchant suçon à l’oreille. Renseignement pris après coup, Seth.ECT se révélait avoir déjà un album, Godspeak, dans sa cartouchière. Damned, et disponible en téléchargement gratuit en plus! Ni une, ni deux: right click / save as, vérifions-donc si ces pandas-droïdes valent mieux que tous les Diabolos Rising et Aborym qui m’en ont toujours chatouillé une sans gratouiller l’autre.

 

Caramba, mais oui! C'est qu’il y a de la vie, de celle qui pétille à grosses bulles létales, dans ce skeud! Car la formation turque (hmmm… « exotisme »: ‘y a bon!) associe la froideur puissamment martiale d’un death « gentillet » style The Monolith Death Cult / Behemoth au groove cyber metal de Sybreed, le tout avec la grandeur théâtralement blackeuse d’un Gloomy Grim (période Blood, Monsters, Darkness), voire d’un Hollenthon. D’ailleurs le groupe lâche quelques discrètes orchestrations par-ci (à la fin de « The Hollow Earth », en fond sur « Heart Beat »…), ainsi que quelques chœurs sacrés par-là (« Orison ») qui renforcent cette impression, tout en magnifiant son propos. Si l’évocation d’un tel métissage vous donne déjà le mal de mer, arrêtez tout de suite cette traversée follement agitée, car Godspeak, loin de se cantonner à un registre « metal indus », réserve une part critique de son espace musical à des bidibips mutins bien plus proches de l’électro « pure » que des univers Ministrio-Nine Inch Nailiens. Soyez bien conscients qu'ici, ça sent la sueur des dance floors de Gotham City, et qu’on n’est pas loin du glitch, voire de la transe par moment. Qui plus est le groupe laisse régulièrement sourdre de subtiles effluves « world / orientales » sur certains morceaux, comme lors de la pause chamanique au milieu de « ECT », sur les ambiances de caravane du désert en début de « For se7en Years », via l’apport d'un chant au trémolo ethnique sur « Orison », ou encore lors de l’utilisation d’un flutiau des alpages (cf. « ECT » et « Orison »). Si bien qu’aux références de ce haut de chapitre, on a également envie de rajouter Melechesh, notamment celui qui, sur Emissaries, reprenait « Gyroscope ». Un vrai bonheur de mariage cosmopolite réussi!

 

Sauf que parfois, les idées les meilleures sur le papier se soldent par des échecs artistiques cuisants – les bonnes intentions n’étant pas toujours suffisantes. Oui mais Seth.ECT est constitué de fins compositeurs qui voient clair dans cet entrelacs d’influences et réussissent non seulement à nous emmener dans une direction bien déterminée, mais avec la grâce, la subtilité et la force d’un pilote aguéri de tapis volant. Et la fadeur n’a que peu droit de cité sur Godspeak – à part peut-être sur un « The Hollow Earth »… un peu plus creux que la moyenne. Bien que la tracklist soit déjà de sacrément haute volée, cerise sur le loukoum: le groupe réussit à y placer des moments encore plus forts de café, comme « ECT » (gros tube de cyber-black Sybreedien sentant bon le sable chaud), « Heart Beat » (conquérant et doté d’une accroche une fois de plus 100% Sybreedienne), « Keops » (monstre de puissance martiale qui galvaniserait un squat de hippies au point d'en faire des escadrons de la mort) et le rêve éveillé « Orison » (qui vous emmènera dans ces olympiennes hauteurs où l’humanité n’a plus l’air que d’une dérisoire et grouillante fourmilière).

Autrement dit, pour un premier album, c’est un sacré bon sang de début en fanfare!

 

L’acidité grésillante du cyber-black, les froides déflagrations d’un death martial et massif, le groove chaleureusement mécanique de l’électro-indus, les dimensions grandioses d’un metal ambitieux (voire orchestral), le tout sis dans des paysages de sables nocturnes… Bordel vous êtes d’accord non: ça fait band… Euh, rêver!? Alors allez donc vous déhancher au son de Godspeak dans les night clubs clandestins nichés au fin fond des sous-sols des spatio-pyramides de « Stargate », histoire de ne pas rester emmomifiés dans la routine de votre train-train métallique quotidien!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: vous aimez Sybreed, The Monolith Death Cult, Hollenthon et Melechesh? Vous avez envie de mover votre body dans les bas-fonds de la mégapole d’un « Blade Runner » moyen-oriental? Placez Godspeak sur la platine, et c’est parti mon Néfertiti!

photo de Cglaume
le 21/05/2013

6 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 21/05/2013 à 20:45:51

Faites vous un grec !!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 21/05/2013 à 20:49:21

Merde sont Turcs, ça marche pô ma blague. Sinon le rapport avec les génialissimes MELECHESH est bien vu

cglaume

cglaume le 21/05/2013 à 23:13:52

Le teaser de l'EP à venir semble révéler une orientation un peu plus The Algorithm-friendly. 'tain The Algorithm + Seth.ECT, je vais en souiller du calfouette moi !!!

Maldoror

Maldoror le 09/01/2015 à 23:38:12

Épique !!
De l'ottomancore, surement un des groupes fétiches de Erdogan

cglaume

cglaume le 10/01/2015 à 00:53:01

:)

Pour info la chronique du nouvel EP sera en ligne plus tard dans le mois ;)

Maldoror

Maldoror le 10/01/2015 à 13:23:38

Parfait, j'attends dans les fougères en aiguisant mon sabre

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