Stagnant Waters - Rifts

Chronique Vinyle 12" (46:00 - 52:00)

chronique Stagnant Waters - Rifts

Mesdames et messieurs, lecteurs assidus ou amateurs de passage, coreux ou metalleux, reconstitueur ou GNiste, après des années d’enquête acharnée et de recherches approfondies ; l’équipe de COREandCO est fière de vous faire part de se récente découverte. Restée longtemps insaisissable, jusqu’à présent elle se définissait principalement par ce qu’elle n’était pas, voici donc la fameuse Fête du Slip.

 

En même temps, si vous réunissez Camille Giraudeau (Dreams Of The Drowned, Void…), Svein Egil Hatlevik aka Zweizz (Fleurety, Umoral…) et Aymeric Thomas (Pryapisme, Tachyon Sea...) dans le même studio, vous n’allez pas obtenir un nouveau Definitely Maybe…

 

Le groupe a prévenu le malheureux chroniqueur en s’inquiétant de savoir « si vous êtes suffisamment déficient mentalement ».

« C'est à moi que tu parles?

C'est à moi que tu parles? C'est à moi que tu parles, enculé?

C'est à moi que tu parles? Ho! Ho! Ho!

C'est à moi qu'il parle, les mecs!

C'est à moi que tu parles comme ça? »

 

La release party de Rift a été organisée pour le 30 février.

 

Bref, ça respire la sanité.

 

Peu d’indices ne laissaient entrevoir une telle débauche d’expérimentations barrées, de délires absurdes, son premier album éponyme, sorti en 2012, livrait déjà un Black Metal mélodique avant-gardiste, mais plutôt bordé. Rifts porte bien son nom, tant il existe un gouffre entre les deux opus de Stagnant Waters. Ce dernier est bien plus que l’addition des pedigrees, des dépressions, des isolations et des éloignements des trois musiciens qui le composent.

 

La version définitive proposée par le label, vinyle dirty yellow marbled ou la version splattered, où chaque exemplaire est accompagné du CD bonus (avec un ordre des titres différent), est le reflet du parcours chaotique qui a présidé son enregistrement, avec sur le premier support la version finalisée par Camille Giraudeau au terme d’un fragile consensus, tandis que le second est« chapeauté par Aymeric et sa vision ».

 

Le décor est planté, en préambule de cette chronique, je vous annonçais que l’écoute de Rifts, c’était la sacro-sainte fête du Slip. Que le grand Kangourou Molletonné ne me donne pas tort ! Que le Grand Cric me croque si ce n’est pas le cas.

 

Ce n’est pas tout de jouer un riff dissonant en tremolo sur une rythmique Électro avec un saxo Jazzy et de se prétendre avant-gardiste. Fleurety le faisait déjà en 1995. L’Avant-garde est un état d’esprit, une stratégie.

 

L’expérience acquise par les trois multi-instrumentistes, ainsi que leur intelligence permettent à Rifts de rester écoutable et cohérent malgré son aspect hautement expérimental et cacophonique. Prenez une dose de Written in Waters, une larmichette de La Masquerade Infernale, une mesure de 666 International. Ajouter deux / trois psilo pour le goût, un zeste de folie. Mettez tout dans un shaker, vous secouez mais ne remuez pas tout en récitant ad nauseam le célèbre mantra « Mike Patton, Les Claypool, Into the Pandemonium, John Zorn, Joey Hopkins, Neonism ».

 

Ce n’est pas le tout d’enchaîner les plans les plus déglingués, capillotractés ou les plus bizarres, il faut savoir et pouvoir le faire au sein de morceaux qui tiennent la route et qui se tiennent. C’est la cas par exemple de « Gonad Waltz » qui, malgré sa longueur, réussi l’exploit de rester dans la tête, au moins la mienne en tout cas. Est-ce vraiment une bonne chose ?

 

À l’écoute des différentes versions, on se dit que le label, ou le groupe, a eu une bonne idée en proposant les deux. Elles sont suffisamment différentes pour justifier ce choix, la première offrant un visage plus raw de Stagnant Waters malgré l’usage intensif d’arrangements à cordes, de ukulélé, de synthé tandis que la seconde est plus proche des délires psycho-induits des premiers Mysticum.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte® : Avec Rifts, c’est vraiment la Sainte fête du Slip, même si je soupçonne très fortement les trois musiciens de Stagnant Waters de ne pas en porter. Ce deuxième album est la quintessence, l’huile essentielle, le concentré 100 % pur jus de Satan, du Black Metal Avant-gardiste moderne, face à une scène Metal internationale plus proche de l’homéopathie. Son écoute et sa découverte ne seront pas faciles, s’adressent avant tout aux fans de musiques étranges, nombreux sont ceux qui prendront leurs jambes à leur cou, mais cela s’en révélera d’autant plus gratifiant.

photo de Xuaterc
le 21/05/2024

6 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 21/05/2024 à 10:21:39

“ La chronique, version courte®” ouawh l’autre hé !! 😁😉

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 21/05/2024 à 11:06:18

Palme d'or de l'intro de kro de l'année.

el gep

el gep le 21/05/2024 à 11:27:06

Ah-ha, ouiiii !

cglaume

cglaume le 21/05/2024 à 11:46:12

La note est pas mal également 😂

cglaume

cglaume le 21/05/2024 à 11:47:17

(42/10 ????)

Xuaterc

Xuaterc le 21/05/2024 à 19:00:59

Merci.
J’ai mis un petit symbole pour montrer que la locution avait été déposée

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