Psychefunkapus - Psychefunkapus

Chronique CD album (39:52)

chronique Psychefunkapus - Psychefunkapus

C’est dès le premier abord – le nom – que certains groupes annoncent la couleur: Cannibal Corpse, Acid Witch, Demons and Wizards, Nocturnal Depression… Même sans être un métalleux averti, pas trop dur de ranger ces formations dans les cases « Death grumeleux », « Black suicidaire », « Power Heavy l’épée-à-la-main » ou « Narco-Stoner / Doom ». Même approche pour Psychefunkapus dont le blaze affirme d’entrée qu’il aime à la fois les couleurs criardes, la basse slappée, les fumées qui font rire et les boules qui ondulent. Une première moitié de pseudo affirme en effet crânement leur amour pour les musiques psychédéliques (à noter une reprise superbement boostée du peu connu « Freedom » de Jimi Hendrix – même que parfois on croirait vraiment que c’est le maître qui chante), tandis que la deuxième revoie à l’univers de George Clinton (Parliament, Funkadelic). D’où cette Fusion typique de la Californie de la fin des 80s / début des 90s, essentiellement Funk Metal mais pas que, car baignant également dans le Hard Rock Glam à grosse cylindrée, le Ska, et les consommations psychoactives.

 

Clairement pas le plus connu des groupes de la scène, nos p’tits gars de la Bay Area profitent de la dynamique d’alors (Living Colour, Fishbone, les Red Hot, Primus ou encore Faith No More font le buzz) pour se retrouver signés dès leur premier album sur la major Atlantic. Mais oui. Là vous vous dites « Ouais mais les catalogues des majors sont pleins d’albums de groupes mineurs tombés dans l’oubli ». C’est vrai. D’ailleurs tombé dans l’oubli Psychefunkapus l’est clairement. Et cette première carte de visite discographique n’a clairement pas la carrure des classiques du genre... Mais elle est néanmoins carrément bonnarde. Et le groupe justifie par ailleurs son droit à rester inscrit dans les marges de la légende du fait de plusieurs premières parties notables par lui offertes: aux Deftone par exemple, qui ont donné leur tout premier concert en ouvrant pour eux. Mais aussi à Green Day ou encore à No Doubt. Avouez que ça claque sur un CV!

 

Alors, toujours persuadé qu’on parle d’un groupe de tremplin local?

 

Mais intéressons-nous plus particulièrement à ce que cette pieuvre verte sur fond rose a dans le ventre. Du bon, clairement, mais du moins foufou aussi. L’album commence le cul un peu entre deux chaises d’ailleurs. Parce que « We are the young » est un peu trop long et un peu trop naïvement sentencieux pour pleinement convaincre. « Ouais, on est des jeunes, et on peut changer le monde! ». Certes, mais tout cela est dit de manière un peu trop scout, un peu trop « Man in the Mirror » (cf. M. Jackson). Par contre, niveau instrumental ça fooonke jusqu’au bout des ongles, c’est frais, limite on voudrait s’en mettre derrière les oreilles pour sentir bon.

 

Par la suite le groupe papillonne d’un registre à l’autre, avec plus ou moins de bonheur. Sur « Movin’ » par exemple, les Californiens vont voir du côté de chez Prince s’il y est. Et ça leur réussit plutôt pas trop mal, à la 24-7 Spyz, la touche indolente / planante en plus. Mes oreilles jaunes jugent néanmoins qu’ils sont vraiment au top sur les pistes les plus funk-énergiques, comme sur les excellents « Jesus Crispies » et « A.M. ». Mais il faut reconnaître que quand leur viennent des envies Ska qu’ils assouvissent alors en compagnie de Manu Chao (non? ça aurait pu…), ça le fait aussi – cf. « Slut Child ». Votre appréciation du reste de la tracklist dépendra de vos goûts, selon si vos atomes sont opportunément crochus ou non. Personnellement mon filtre à chamallow reste tout englué après « Fixx » – mais je comprends que si l'on aime la drague façon Hair Metal, ça passe. D’autant que de petites accélérations ponctuelles réveillent le chaland à intervalles réguliers. Le problème est sensiblement le même pour « Regeneration », qui plaira surtout aux motards, et pour « Young Love Is a Bitch », qui s’amollit à un point tel qu’à un moment donné on se croit sur le « Have You Seen Her » de Mc Hammer (heureusement un final Punk Rock fait taire les ronflements sur la toute dernière minute).

 

Varié pour certains, éparpillé pour d’autres, fort de vraies grosses bombinettes mais émoussé par ses aspirations les plus planantes, Psychefunkapus est un album dont on ne regrette pas l’achat, mais qui s’adresse avant tout aux amateurs qui ont déjà éclusé les bacs de la 1ere division du Funk Metal et qui veulent du rab. Quoiqu’il en soit celui-ci est tout particulièrement indiqué pour accompagner la lecture sous parasol du milieu de matinée, quand la marée commence à monter et que les glaçons se mettent à tinter du côté de la cuisine, annonçant un apéro précoce…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Psychefunkapus n’est certainement pas le plus frénétique et le plus abouti des albums de Fusion dont la Californie a accouché au début des années 90s. Il se situe néanmoins vers le haut du panier de la 2e division Funk Metal, et mérite à ce titre toute l’attention des amateurs du genre.

photo de Cglaume
le 04/10/2020

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