Stanley Kubi - Music By

Chronique CD album (36:48)

chronique Stanley Kubi - Music By

2007: L’Odyssée du Metal "Space"

Il y a de ça quelques années, au tout début de mon exploration de l'arbre généalogique du Nawak Metal (démarée après m'être hissé à la force des oreilles le long du tronc Mr Bungle), alors que je venais tout juste de tomber amoureux des frapadingues de Vladimir Bozar, une connaissance bien informée m’asséna (comme le boulevard parisien) un « Mouais, Vladimir Bozar c’est un groupe pas mal… Mais si tu veux du lourd, essaie plutôt Stanley Kubi. En plus en live ils tuent ». ** Kaboom!! ** Hein? Mieux que la salade niçoise musicale du père Pedral? Ouais, genre…

N’empêche que, hop, quelques jours plus tard, le cglaume allait chercher sa copie de Music By, premier et unique album arborant une chouette couverture en forme de clin d’œil à l’affiche de « Barry Lyndon » (en même temps quoi de plus logique pour un groupe affublé d’un tel patronyme)… Et ce qui m’attendait, c’était un bon gros coup de pied dans le derche et les oreilles (...vous imaginez la dimension du panard!).

 

Ears Wide Open

Bon, pour être honnête, il y avait du vrai et du faux dans les dires de mon indic' de pote:

      * pour le faux, Stanley Kubi ce n’est pas mieux que Vladimir Bozar

      * pour le vrai, Stanley Kubi c’est excellent. Et il semblerait bien qu’en effet, ça soit dément en live (nos zoziaux ont d’ailleurs tourné avec Melt-Banana!)... Mais je n’ai pas eu l’occasion d’en juger par moi-même (un blâme!, oui je sais).

 

Ce n’est pas mieux que Vladimir Bozar, tout simplement parce que, dans l’étroite niche du nawak metal, les deux groupes ont développé chacun leur style, et qu’il serait vain de comparer Zappa et Zorn, non? Là où les Vlad' s’avèrent cartoon, zébulonesque et kaléidoscopique, Stanley Kubi sera plutôt cinématographique, bière&punk et homogène. Maintenant pour vous dresser l’une de ces comparaisons que les chroniqueurs adorent entreprendre (et qui, je le conçois, peuvent gonfler le lecteur… M’enfin en même temps c'est informatif!), je dirais que Stanley Kubi, c’est Aspirateur de Langue en plus violent, plus barré, et avec un clown-punk au chant. C’est les ambiances cinématographiques développées par Estradasphere et Secret Chiefs 3, plus la fanfare cuivrée d’Emir Kusturica reprise en main par les Sleepytime Gorilla Museum, plus les cartooneries nawak et inquiétantes d’un Mr Bungle aviné. C’est Ludwig Von 88 avec un diplôme du conservatoire, des cuivres qui sentent bon le sombrero et une mandoline qui se prend pour une balalaïka.

 

 

Pour simplifier honteusement, on dira que sur Music By, on a toujours les oreilles qui voguent entre B.O. inspirée et asile punk hétéroclite: 

 

B.O.range Métallique

Côté cinémattitude, si l’album nous plonge souvent dans des ambiances western faites de banjo et de trompettes mexicaines, on y croise également une pépite de délicatesse et de grandeur mélancolique entre Yann Tiersen et certains des trésors exhumés par Tarantino (cf. la première moitié de « He Loves As A Bird Sings… »), un morceau chaloupé façon Santana où une pseudo-balalaïka lance ses trilles trémolo-isantes (« Women Of Ireland »), ou encore des microsillons poussiéreux tricotant un air fièrement désuet qui serait parfait pour accompagner « Charlot enseigne la trompette dans les Balkans » (« Fortune & Condition in E Flat »). Et là on s'arrête parce qu'on ne va pas non plus déballer toute la marchandise.

 

Les Chantiers de la Foire

Et côté fanfaronneries barrées, Music by nous secoue les bretelles à coups de morceaux à tiroirs aussi furax qu’enjoués, aussi sautillants qu’inquiétants, le dénominateur commun de tout ce bazar étant une teneur en vitamines et en alcool frôlant la toxicité. Dans ces conditions, dur de mettre en exergue le very best of de ces poussées délirantes, même si ma préférence aurait tendance à aller à l’intenable « I Beg Your Pardon? » (Ta-tata-tatatatata!), au western déglingo de « Gentlemen, Cock Your Pistols! » ou encore au fou et fourmillant « Resist The Invaders ». Mais regardons les choses en face: cette vision bipolaire de l’album ne tient pas vraiment la route, tant « Gentlemen, Cock Your Pistols! », « Wine Or Punch, My Lord? » ou « I’m Not Dead » (entre autres) font merveilleusement le trait d’union entre les deux registres.

 

Cool Metal Galette

Si vous avez bien suivi (et que je n'ai pas trop dilué le propos), vous aurez compris que Music By est un superbe voyage ciné[musico]graphique plein de punks, de cuivres et de troubles psychiatriques joyeux. J’avoue par contre que j’aurais mieux vu cette musique en support d’un film faisant la synthèse improbable de « My Name Is Nobody » et « Underground » plutôt qu’en trame de fond de « Barry Lindon », vu qu’on reste quand même assez loin de l’univers perruques & clavecin suggéré par le livret… M’enfin encore une fois, je n’ai toujours pas vu le film (aïe, pas sur la tête!)

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Faites cohabiter des mexicains à grosses trompettes, une fanfare des Balkans et des punks sortis de l’Ecole du Cirque dans un squat, passez au shaker Mr Bungle, et servez bien frappé! Santé!

photo de Cglaume
le 09/03/2012

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