Tapewhore - Tapewhore

Chronique CD album (54:26)

chronique Tapewhore - Tapewhore

Amis du Metal difficile à étiqueter, vous êtes aujourd’hui invités à domicile à l’occasion d’une réunion Tupperwhor… Tapewar… Tapewhore (oui oh hein) au cours de laquelle vous seront démontrés les indéniables atouts d’une musique multifacettes qui va révolutionner votre quotidien de ménag-head de moins de 50 ans. Parce que nom de nom, s’il y a tout c’que vous voulez aux Champs Elysées, il y en a guère moins au sein de l’unique et premier album de cette formation italienne dont le blaze semble indiquer qu’ils font un usage peu orthodoxe des bandes magnétiques.

 

Pour la petite histoire, Tapewhore est moins une véritable formation que le Ne projet d’un musicien manifestement prolixe, Alessandro Vagnoni, qui a une bonne demi-douzaine de groupes à son palmarès. Batterie, basse, guitare, musique, paroles, l’homme s’est occupé de tout, à l’exception du chant (clair, barré, vénère-coreux, growlé…) et du clavier (... ainsi que de l’accordéon!), confiés à Enrico Tiberi. Et le résultat prouve que l’on n’a pas besoin d’être 12 pour accoucher d’une musique touffue et toute folle, foisonnant d’idées et de notes. Bon, essayons de vous donner un petit aperçu de ce que vous réserve Tapewhore. Prenez le Metal/Rock introspectif de Klone, frottez le aux sonorités plus extrêmes, plus revêches et plus « modern » de Hacride. Ajoutez-y des bouffées chaotiques contrebalancées par un fond Pop accrocheur (à la Dillinger). N’oubliez pas quelques parties bien Death, sombres et broussailleuses – parce qu’on n’est pas sur MTV que diable! Et puis desserrez les fesses afin de laisser entrer ajouts barrés et pincées décalées, en prenant cependant bien soin de ne pas se cantonner dans un registre Nawak trop cloonesque, mais plutôt de batifoler sur les territoires de Scribe et The Erkonauts.

 

Là, vous mesurez mieux l’étendue du bordel?

 

Je crois bien d’ailleurs que c’est ce côté fondu du bulbe qui m’a attiré en premier lieu. Même si celui-ci n’est finalement pas si prononcé que cela en fait, malgré les bizarres séances de scat sur « Unplugged », malgré les Nanana-Babababa au début de « Lent in Paris », ou encore malgré ces chœurs Devin Townsendiens doucement débiles sur « Matching Sidewalks ».

 

Le problème c’est que tout ça est un brin retors. Ou plutôt, disons que ça ne rentre pas tout seul. Et que pour un « School Daze » (dont les « I wanna fuck your sister now! » s’incrustent facilement dans la boîte à neurones) et un « Lent In Paris » (au refrain proposant une belle ascension mélodique), on parcourt beaucoup de méandres tortueux et de structures intéressantes mais drôlement accidentées. Sans parler de « Dayrider » qui ne plaira qu’aux amateurs de siestes sludgy nauséeuses… N’empêche, tant de talent, de liberté, de folie, et de bonnes idées jetées de-ci de-là, ça finit par convaincre, et séduire. D’autant que si on peine à trouver ici du « tube » dans l’acceptation Pop du terme, on prend beaucoup de plaisir à l'écoute de petits bijoux comme les 2 titres évoqués en début de paragraphe, « Matching Sidewalks », « Skeleton Love » qui réveille les souvenirs du « Setting Fire To Sleeping Giants » de qui-vous-savez, ou encore « We Don't Nedd No Consolation » qui ajoute un peu de SYL à sa popote TDEP-ienne.

 

Alors vous aussi – qui n’avez peur ni du Grand Méchant Metal, ni de l’inconnu le plus tumultueux – tentez donc cette aventure aussi intéressante que peu reposante… Parce que est-ce vraiment ce que vous voulez, vous reposer, et rester sagement dans le petit cocon de vos moelleuses habitudes?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Si The Dillinger Escape Plan (celui qui écrit parfois des titres aux refrains Pop aussi décalés qu’excellents) fusionnait avec Klone, The Erkonauts, Scribe et votre groupe de Dark Death préféré (disons Solekahn tiens), peut-être bien que le résultat sonnerait un peu comme Tapewhore. Peut-être. 

photo de Cglaume
le 07/06/2016

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