The Bronx - IV

Chronique CD album

chronique The Bronx - IV

Après un intermède ensoleillé (Mariachi El Bronx) qui a débouché sur 2 albums assez improbables et qui a mis le groupe en quasi hiatus pendant 5 ans, The Bronx se décide enfin  à revenir avec ce qu’ils font le mieux, sauf peut-être pour la communauté latino-américaine, à savoir du rock. The Bronx c’est donc 3 albums, sortis entre 2003 et 2008, tous de très bonne facture, même si je dois avouer que je reste bloqué depuis bientôt 10 ans sur le premier, l’album éponyme (les trois suivants le sont tout autant, éponymes…), sorti en pleine période des groupes en « The » du début des années 2000 et qui a, pour ma part, bien failli se fondre dans la masse des revivalistes rapidement périmés du rock 2.0. Cet éponyme, premier du nom, envoyait 11 titres de rock’n’roll hi-energy fonçant tel un taureau sur un joueur du Barça lâché dans une arène (On peut rêver, non ?), le tout en 31 minutes, ce qui avait pour mérite de grandement limiter les temps morts.  Depuis, j’attends chaque album avec une certaine fébrilité et une question récurrente « : Feront-ils aussi bien ? L’hypothèse du « mieux » étant de fait exclue, puisque ma subjectivité me pousse à croire qu’ils n’égaleront jamais l’éponyme, le premier.

 

A chaque album, donc, les mêmes craintes ;  je tremble de peur qu’ils ne franchissent la barre symbolique qui les fera définitivement ressembler à un mélange boursouflé de Blink 182 et d’Aerosmith (y’a des moments où le chanteur a des intonations à la Steven Tyler ou j’ai des hallucinations auditives ?). A chaque fois, après une période de doute et d’amertume à la première écoute, je finis par hocher la tête et chanter (faux) dans ma clio. Et encore une fois, pas manqué, à la première écoute, ce quatrième album m’a déçu. Certes, le batteur frappait toujours ses tambours (du Bronx) comme un damné, les riffs étaient toujours aussi efficaces mais j’avais l’impression qu’ils avaient augmenté la dose de sucre jusqu’à ressembler à une bouteille hypertrophiée de Coca-cola, la faute à des mélodies flirtant parfois dangereusement avec ce rock de stade que j’abhorre. Mais je ne me suis pas affolé, même sur le début de « Valley Heat » où je me serais bien vu fredonner « Sweet Child’O Mine » d’une voix nasillarde, car j’avais eu la même réaction avec les deux éponymes précédents, qui avaient la lourde tache de succéder à l’éponyme, le premier. Et grand bien m’en a pris car encore une fois, l’alchimie a fini par opérer.

 

Alors certes, il ne faut pas être allergique aux refrains chantés à gorge (irritée) déployée qui ponctuent l’album et qui feront que les irréductibles ne dépasseront pas la première minute de chaque morceau, mais ceux-là ont lâché le groupe depuis longtemps ou ne s’y sont, de toute façon, jamais intéressés. Pour les autres, The Bronx  maintient le cap en proposant une quatrième mouture de son mélange toujours aussi efficace de punk léger et de rock dur, entre caresses et coups de boutoirs, et ça tombe bien parce que c’est ce qu’on demande à un groupe comme celui-ci : une certaine constance dans les décharges. Le groupe se permet tout de même quelques petites touches « exotiques » comme ces guitares un peu plus légères sur « Torches », où Against Me (le couplet) tape le bœuf avec Weezer (Ce refrain en ternaire, assez jouissif il faut l’avouer quand on a été biberonné à l’album bleu), ces guitares étriquées et ces intonations de voix qui rappellent Hot Snakes sur certains passages de « Style over Everything » ou ce duo guitare-voix à faire frémir un émo-kid vieillissant fan de Dashboard Confessionnal en avant dernière plage.

 

Mais, pas de panique car ces enluminures sont si légères  qu’à aucun moment on a l’impression de figures de styles imposées par la nécessaire évolution de tout groupe vers l’album de la maturité. Car mature, The Bronx l’était soit dès le premier album, soit ne le sera jamais (à vous de voir). La seule chose que l’on souhaite donc, c’est que leur mixture sucrée-salée ne tourne pas à la pourriture au prochain album du fait d’un excès de glucose. Mais pour l’instant, soyons heureux, car The Bronx ne fait toujours pas de quartier(s).

photo de Crousti boy
le 02/04/2013

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/04/2013 à 18:55:26

Malgré ta chro et ton prosélytisme sur le fofo... toujours bof bof pour moi.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 02/04/2013 à 18:57:55

ça me fait penser que je me suis arrêté au premier aussi...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/04/2013 à 18:59:43

J'en resterai là pour ma part.

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