The chariot - The Fiancée

Chronique CD album (29.6 Minutes)

chronique The chariot - The Fiancée

Pour ceux et celles qui découvrent The Chariot avec cette chronique, voici un petit récapitulatif des faits: Douglasville, 1997, cinq personnes de la région forment un groupe, Luti-Kriss, basée sur un hardcore/métal, le groupe entreprend de sortir un album.

Douglasville toujours, 1999, le même groupe sort son premier effort, un split avec un autre combo de la région. Fort d’un certain succès, ce split est réédité un an plus tard. 2001: Solid State Records, label Chrétien prend le groupe sous son aile et lui offre l’opportunité de produire leur premier album. «Throwing Myself » sort cette même année et le groupe change alors de nom et adopte Norma Jean comme nouveau nom de scène.

2002: Arrive dans nos platines “Bless the Martyr and Kiss the Child”, le choc est terrible. Mais de cette aventure s’échappe Josh Scogin, le chanteur et leadeur qui avait d’autres idées en tête.

2004: “Everything is Alive, Everything is Breathing, Nothing is Dead, and Nothing is Bleeding” arrive. C’est le nouveau méfait de Josh, cette fois-ci dans son nouveau groupe, The Chariot. A nouveau, le choc est violent et c’est un coup en pleine face que l’on se prend.

2005: histoire de ne pas perdre la main, le groupe rajoute quelques victimes à son palmarès à l’aide du «Unsung EP».

De nos jours, en France, «The Fiancée» débarque, nouvelle arme de The Chariot, arme de destruction massive venant tout droit de Douglasville et sortant de l’imagination d’un groupe de plus en plus malade, fou et…talentueux.

 

Depuis leurs premières victimes il y’a trois ans avec «Everything Is Alive…», le groupe n’a eu de cesse d’évoluer, tout en restant fidèle à son style, à sa ligne directrice, c'est-à-dire un hardcore chaotique (mathcore pour certain) au son très live et où les procédés de studio sont réduits à leur strict minimum.

Pourtant, à l’écoute de cet album, il est clair que le son du groupe s’est affiné, et contient pas mal d’effets en plus grâce à une production aux petits oignons. Une production qui ne fait pas de concession sur le son live, mais qui vient apporter quelques petites originalités. Là où le groupe perd un peu en spontanéité, il gagne beaucoup en intensité. Et l’intensité ne manque pas ici.

Car pendant que le chanteur de Norma Jean lisse sa mèche, Josh se récure la gorge au pique à glace et du début à la fin du cd, l’auditeur est balancé, cogné et malmené au long des trente minutes du massacre (au bon sens) auditif. La destruction de cages à miel est lancée.

A l’écoute de «The Fiancée» on pourrait aisément croire que ce cher chanteur est atteint d’une douce folie, une forme aigue de schizophrénie mêlée à des troubles psychopathiques tout aussi graves. La haine et la folie sont les deux impressions qui nous submergent tout au long des neuf morceaux. Il suffit d’écouter le break “a capella” dans «And Shot Each Others» où Josh éructe et hurle à la mort, de toutes ses tripes, pour comprendre la folie dont il est emparé et qui va finir par s’emparer de nous aussi.

Mais il serait médiocre de ma part de réduire ce cd à un simple résumé condensé des différentes pathologies psychiatriques existantes de nos jours. Là où ce «The Fiancée» excelle de façon importante, c’est aussi dans la création d’ambiances, de sonorités plus ou moins tordues et toujours malsaines. Naviguant allègrement dans un univers empruntant autant aux séries noires des années cinquante qu’à l’atmosphère des années trente, le groupe nous plonge dans de sombres histoires de meurtres et autres tueurs.

A l’aide de sons de gramophone (déjà présent dans «Everyting Is Alive…»), de passages noisy (le «Heard This Noise» très Unsane) et autres folies musicales, le groupe nous transporte dans un univers parallèle et déjanté. Musicalement parlant, le groupe n’a pas forcément beaucoup évolué mais a su innover et surtout apporter de nouveaux éléments à ses compositions.

La base reste donc ce hardcore chaotique parfois très rock’n’roll, que les aficionados de Norma Jean reconnaitront très certainement. Pourtant, à l’opposé de ces derniers, The Chariot reste plus direct et ne se lance pas dans des envolés post-hardcore de dix minutes. Les morceaux restent toujours aussi rapides et rentre dedans (on avoisine les trois minutes en moyenne), ce qui n’empêche absolument pas le groupe de varier les passages au sein d’un même titre. Les riffs bien lourds et saccadés en alternance avec des passages syncopés et digne d’une crise d’épilepsie sont toujours présent, mais on notera une plus grande partie de breaks instrus et de passages purement noisy comme le pont de «They Drew Their Swords».

Déjà présent sur le précédent album, l’ensemble vocal refait une apparition, cette fois-ci mieux intégré. Le contraste entre le chaos ambiant et cette harmonie vocale est toujours aussi troublant et fascinante. On sera scotché par les breaks RnR que le groupe nous offre, que ce soit sur «And Shot Each Others» ou sur le furieux et dément «The Deaf Policeman» où Josh déclare toute sa haine à la fin lors d’un break à la batterie épatant. Et toujours plus surprenant, sur «Then Came To Kill» le groupe incorpore une chanteuse, et non en solo, mais en superposition avec Josh. L’assemblage est tout simplement magnifique, le tout baignant dans une froideur glaciale, à la fois envoutante et effrayante. Le genre de morceau qui justifie à la lui tout seul l’achat d’un album.

 

Trente minutes suffisent à The Chariot pour épater l’auditeur, le faire entrer en transe, lui faire aimer de se faire maltraiter et en redemander en plus. On ne ressort pas de l’écoute de cet album comme on y était entré. Soit un peu plus fou qu’avant, soit carrément au bord de la démence pure. Trente minutes d’une rare intensité pendant lesquelles le groupe a certainement écrit une nouvelle pièce maîtresse du genre. Pour ma part, l’un des cd les plus excitant jamais écouté.

photo de DreamBrother
le 04/06/2007

6 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 05/06/2007 à 00:10:43

Excellent album, peut-être qu'il ne tiendra pas les années mais pour le moment j'adore écouter ce disque.

mat(taw)

mat(taw) le 05/06/2007 à 09:11:57

pas encore écouté tiens...

Manumal

Manumal le 06/06/2007 à 23:42:46

Je réécouterais mais j'avais moins apprécié que leurs efforts précédents la fois où je l'ai fait. Et j'me rappelle avoir entendu un truc qui fasse très "Every Time I Die"par moment...

mat(taw)

mat(taw) le 07/06/2007 à 13:15:58

et c'est péjoratif?

Viking Jazz

Viking Jazz le 07/06/2007 à 16:11:59

:D haha
sinon pas écouté encore mais j'ai hate de jeter une oreille dessus vu la claque prise avec "Everything Is Alive..."

viking jazz

viking jazz le 21/06/2007 à 11:23:33

ho bon en fait il me décoit par rapport a "Everything is alive..." ca manque de larsens aussi faut dire ^^

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