The Chariot - Everything is alive, everything is breathing, nothing is dead and nothing is bleeding

Chronique CD album (28 mins)

chronique The Chariot - Everything is alive, everything is breathing, nothing is dead and nothing is bleeding

Signés sur le label chrétien Solid State, les gars de The Chariot nous offrent ici leur premier méfait.

C'est à la suite du départ du chanteur d'un certain combo appelé Norma Jean, également signé chez Solid State, que se forme le groupe, qui sortira dans la continuité ce Everything is alive, everything is breathing, nothing is dead and nothing is bleeding. Un artwork sombre, mais particulèrement joli, dans lequel on peut sentir une certaine nostalgie; et cela appuyé par le texte qui introduit la jaquette où il est dit qu'aucun ordinateur n'a été utilisé pour « manipuler » leur musique etc... et s'en suit tout un speech sur le retour (obligatoire?) aux valeurs humaines et l'indépendance de l'homme vis-à-vis de la technologie.

Côté musique, les amateurs de Norma Jean vont être servis, puisque, passé le larsen d'introduction et le petit « bonjour » de la double-pédale c'est à un déluge de post-hardcore super hargneux et déjanté auquel on a le droit, et cela tout au long des quelques 28 mins (chaque morceau dépassant rarement 2:30) de Everything is Alive...

Ca attaque dans tous les sens: on a parfois l'impression d'écouter des disciples de The Dillinger Escape Plan qui auraient chopé la rage de Rmembering Never. Les grattes se font très souvent dissonnantes avec des envolées très grasses via des riffs parfois bien bien lourds.

La batterie est, quant à elle ultra-nerveuse avec sa double aiguisée et son jeu totalement débridé en harmonie avec les parties « dillingeroïdes ». La voix nous rappelle bien évidemment les heures passées à écouter Bless the martyr and kiss the child de Norma Jean; son timbre inimitable et la façon presque naturelle avec laquelle ces cris semblent sortir de ce larynx.

Seul moment de répis: l'intro au gramophone (et oui, toujours l'esprit rétro) de « and then, came then » et ses chants de messe, soudainement décapités par un monstreux cri d'outre-tombe, comment les mecs de solid state ont-ils pu accepter un tel sacrilège? Le même morceau contient d'ailleurs un passage « hardcore double-pédale/riff énorme » très lourd et un peu éloigné du reste de l'album plus imprévisible; suit d'ailleurs un pont avec violon et choeurs...assez bizarre, mais bon...

Mais ils se rattrapent dès « The company, the comfort, the grave », qui retourne au stade primaire de la destruction massive de tympans, à la pluie de riffs bien agressifs entrecoupés d'un festival de larsen. On en reprend bien plein les oreilles avec « yellow dress, locked knees », où le chant devient là complètement étrange; rappelant un mec opéré des amygdales qui essaie désespérément de se faire comprendre, le tout accompagné de grattes plus « rock'n'roll ».

On saute très vite d'un truc plus calculé à un des cycles que l'on sent baignés dans un chaos intense, mais toujours dans ce même esprit d'autenthicité qui leur tient tant à coeur. On aura été prévenu par ce petit texte qu'il y a en intro. Car, non contents de nous dire qu'ils ne confient pas leur musique à l'informatique, ils nous préviennent que leurs morceaux peuvent parfois sonner « raw » voire non-conventionnels. Mais c'est ça qu'on aime Messieurs!!! On en redemande!! Et c'est vrai que privilégier un son live c'est préserver un contact direct avec l'auditeur et c'est, donc, un bon moyen de ne pas dénaturer l'énergie, la rage, et tous les sentiments du moment qui constituent l'onde porteuse du message que l'on veut faire passer. On ne peut qu'applaudir la sincérité d'une telle démarche.

photo de Mat(taw)
le 14/01/2005

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