The End - Elementary

Chronique CD album (51:11)

chronique The End - Elementary
Voici un disque, et une chronique, qui risquent de diviser les lecteurs…

Je suis The End depuis la sortie de leur premier album en 2003, "Transfer Trachea Reverberations From Point: False Omniscient" (chouette, ça me remplit mon paragraphe) qui avait été élu "un des 10 albums essentiels de mathcore" par Metal Hammer. Ce disque avait retenu mon attention, même si le son de la basse particulièrement stridente avait finit par m’agacer, je savais pertinemment qu’il fallait suivre ce groupe de près. En effet une année après on les retrouvait avec "Within Dividia", un des meilleurs disques dans le genre: on se prend d’entrée de jeu une enclume dans la gueule ("These Walls" - ceux qui connaissent l’album m’auront compris), du vrai mathcore aux structures totalement désarticulées, un véritable rouleau compresseur, jouissant enfin d’une production digne de ce nom. Bon, il faut admettre qu’il est difficile de se taper cet album dans son intégralité tellement ça part parfois un peu trop dans tous les sens…

Nous voilà donc en 2007, je mets le CD et j’écoute le premier titre, "Dangerous": la prod est classe, bien qu’un peu plus formatée "grande écoute" (que l’on se comprenne: c’est beau & c’est lisse: fait un peu pour plaire quand-même…). Le morceau défile, mais la structure me paraît bien classique, le morceau s’articulant autour d’un riff principal un tantinet "tendance", comme si The End avait marre que dans la fosse le public ne capte rien. Maintenant c’est sur, on y verra des hochements de têtes (au minimum). La voix d’Aaron Wolff (ex-Burnt by the Sun) est toujours autant maitrisée, ça fait plaisir. Bref, ça envoie sec, c’est efficace, mais ça ne me paraît pas totalement sincère… Ok, continuons, au pire ça n’est que la mise en bouche, le meilleur reste peut-être à venir…
Passons au 2ème titre, "The Never Aftermath": Ok, un riff tranquille pour mettre dans l’ambiance et… ?... heu… c’est quoi cette voix kitsch au possible??? Oulala… là j’ai de la peine à suivre. Ok, je me fais une raison, il y aura du changement dans cet album. Bon, ça chante plutôt juste, la voix mi-chantée/mi-hurlée est plutôt bien maitrisée et efficace, et soudain je me mets à penser que l’on a affaire à un titre qui penche méchamment genre Linkin Park (je vous vois venir: "hé oh l’autre là, comparer The End à Linkin Park!" mais bah voui, c’est l’impression que je ressens à l’écoute de ce titre, un bon petit brûlot à donner aux radios. Le morceau en lui-même n’est pas mauvais, le fait qu’il soit plus calme est mélodique ne me gène pas outre mesure, c’est juste dans l’intention que ça me dérange profondément.
Next, "Animal", part en blast : c’est carré, bien joué mais pas inspiré pour autant, ça sonne déjà entendu. Reste 2-3 bonnes idées d’ambiances. Le passage avec voix claire est sympa, bien assumé. Mais globalement ça reste très convenu.
Vient ensuite "The Moth and I" avec une longue intro qui fait bien monter l’ambiance et qui donne envie de savoir ce que ce qu’il a dans le ventre. La voix est plutôt surprenante, lorgnant presque par instant vers un grain à la Chris Cornell. Le titre se finit paisiblement, et les mecs prouvent qu’ils savent gérer les atmosphères.
Mais bon, pour le moment pas de quoi rendre le disque très passionnant pour autant, passons donc à "Throwing Stones": holalala je ris! C’est quoi ce gimmick à la Tool période Aenima??? La ressemblance est tellement évidente que je ne peux m’empêcher de rire, manquerait plus qu’Aaron Wolff chante dans un effet genre mégaphone à la fin du break, comme Tool savent si bien le faire, pour achever le pastiche! ...Ha bah oui, il le fait!!! Hahaha quelle blague! Ils se cherchent décidément beaucoup sur ce disque, et à part quelques bonnes futilités il n’y a pas grand-chose à garder. Bon, revenons au morceau: les mélodies sont pas mal, mais ça ne sent vraiment pas la sincérité, je suis désolé, j’accroche pas du tout.
"My Abyss" qui suit n’est pas beaucoup plus convainquant, on croirait entendre du metalcore-pop, bof bof. Passons à "Awake", les riffs sont toujours du même acabit: ils sont là pour te faire taper du pied, et sur ce coup là on peut dire que ça fonctionne plutôt bien.
Passons rapidement l’interlude totalement inutile type "bouh! je te fais peur!" de "A Fell Wind", ça fait toujours gagner 4 minutes à l’album, pour nous concentrer sur "In Distress": de nouveau ça joue super carré et super efficace, mais bon sang pourquoi foutre ces voix abominables, genre mégaphone, ça me rappelle les groupes de néo métal français peu inspiré d’il y a une dizaines d’années! Pouarfffff ça devient pénible. Avec tout ce que j’ai entendu, il ne manquerait plus qu’une petite balade acoustique pour m’achever…
Ok, nous voici arrivé au dernier morceau "and always..." … et …bah voui, ça commence avec la guitare acoustique. En fait, plus rien ne m’étonne vraiment à présent. Bon, écoutons… L’ambiance générale du début, avec ces notes de piano, me fait un peu penser grossièrement à du Steve Von Till (juste en ce qui concerne l’instrumentalisation du début du morceau, je tiens à ce qu’il n’y ait pas de mauvaises interprétations hein…). Une petite voix féminine, l’espace d’un instant à peine, vient se poser délicatement sur la voix d’Aaron Wolff, là encore pour de la pop c’est bien maitrisé. Et là apparait la cerise sur le gâteau: un magnifique solo digne d’Europe! Le groupe avait encore de la ressource à me surprendre jusqu’à la dernière seconde, bien mal m’en a prit d’avoir des préjugés!

Bon ok, si on relit on a un joli pot-pourri de "metalcore-tendance-Linkin Park-Chris Cornell-Tool-néo-metal-Steve Von Till-Europe": ça nous fait un sacré bordel, j’avoue, mais en même temps ça m’amène à une bonne conclusion: nous avons affaire là à un album trop disparate pour être vraiment convainquant. On a du mal à comprendre où le groupe veut en venir, ci se n’est à affrioler un public indulgent.
Depuis, il a tourné de nombreuse fois dans mon lecteur, et mon jugement reste le même. Je suis peut-être un peu rude, mais c’est mon appréciation, et je l’assume. Je mets quand-même 6 parce que ça me fait mal de mettre moins, sachant ce que le groupe a fournit auparavant. S’ils étaient des inconnus sortis de nulle part avec cet album, je ne me serais même pas prit la peine de le chroniquer, le classant dans la catégorie mi-metalcore/mi-néo-métal peu inspiré.

Oubliez les structures totalement alambiquées de Within Dividia! Les fans de la première heure risques s’être un peu surpris, voir déçu. Ceux qui découvrent le groupe avec Elementary pourront peut-être y trouver leur compte, du moment que l’aspect très "quelconque" de l’objet ne les rebutent pas. Malgré tout, ça reste très efficace, et si leur but c’est d’élargir leur auditoire, je pense qu’ils sont bien parti pour y parvenir.

Je tiens à dire que l’appréciation d’un disque peut-être très différente si l’on a, ou non, lu des critiques sur ce dernier auparavant: on se fait vite pleins d’idées excessives à la base de certains commentaires (comme le pot-pourri ci-dessus). Je m’attends donc à ce que vous trouviez ma chronique exagérée, alors écoutez cet album comme si vous n’aviez rien lu, et jugez-le comme vous le sentez vous-même. …alors vous arriverez peut-être aux mêmes conclusions...
photo de Sam
le 29/01/2007

2 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 30/01/2007 à 23:30:46

Je n'ai pas écouté cet album mais d'après ce que j'ai lu il parait effectivement qu'il y a une énorme différence entre ce nouvel opus et les précédents du groupe

Manumal

Manumal le 02/03/2007 à 21:51:49

Chronique exagérée ?? non pas du tout et je te dis elle est très bonne ta chro encore heureux qu'il y'en ai des comme ça ,moi je suis du même avis j'ai écouté le disque aujourd'ui je copie colle mon avis :
"Sorte de rock metalcore toolien ,je viens d'écouter la chose,alors,je suis convaincu,ni par les parties "agressives" metalcore un peu math sur les bords ,c'est trop propre,pas d'impact je trouve ça dénué de puissance et pas très inspiré ça manque de folie c'est trop scolaire et déjà vu en mieux,sinon zéro conviction dans le chant clair qui d'ailleurs n'est pas mémorable et bateau,la touche toolèsque est sympa mais globalement c'est un album plat ,peut être que je le réécouterais ,ça sera pour l'épurer de ses morceau les plus inutile.Autre chose moi je recommande totalement le dernier album de SCARLET ,ce the end se fait bouffé tout cru sur tous les points possible et même si c'est pas tout à fait le même genre je tenais à le dire."

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