The German Panzer - Send Them All to Hell

Chronique CD album (54:05)

chronique The German Panzer - Send Them All to Hell

C’est malheureusement souvent la même rengaine: on nous claironne à grand renfort de teasing alléchant la formation d’un nouveau super-groupe au casting Hollywoodien, les fans – et les autres – salivent dans des proportions tsunamiesques... Et puis FLOP: la montagne métallique accouche finalement d’une souris discographique. Car super-groupe n’implique pas super-album – on devrait se le graver sur le portefeuille tiens! Killer Be Killed? Pschiiiiiiiiiiit... Cavalera Conspiracy? Pfuiiiiiiiiit… (Quoiqu’on me souffle dans l’oreillette que, pour ces 2 exemples, le problème pourrait venir directement de Max « gras des dreads » Cavalera…). Mais arrêtons donc de tirer sur les ambulances, et dirigeons plutôt notre loupe chronico-sceptique en direction de la nouveauté du jour: Send Them All To Hell, le 1er album de Panzer – connu également sous le nom de The German Panzer, histoire d'éviter de se prendre les pieds dans un tapis patronymique sur lequel pas moins de 7 groupes (merci Metal-Archives!) se sont déjà essuyés les pieds auparavant.

 

The German Panzer est donc la sainte alliance de Schmier (Destruction – basse & chant), Stefan Schwazmann (Accept, Helloween, Running Wild, U.D.O. – batterie) et Herman Franck (Accept, Victory, Sinner – guitare) unis dans la vénération d’un metal que l’imaginaire collectif franco-métallique qualifiera instinctivement de « typiquement teuton ». C’est que les 10 titres qui nous sont ici proposés brassent dans un classicisme quasi-académique heavy viril et thrash guerrier avec cette rigueur et cette passion qui sentent fort le patch Manowar et la canette de Paulaner. C’est clair que, jaugé selon les canons esthétiques de l’amateur de metal prog, Send Them All To Hell présente un encéphalogramme terriblement plat et un niveau d’accroche inversement proportionnel à son degré de généricité. Et que je t’enfile les poncifs, mouvements d’artillerie offensifs, soli et leads juste-là-où-on-les-attend, petits cris perçants réminiscents de Judas Priest et Accept, paroles convenues de chez téléphonées…

 

Bref.

 

Mais tout cela ne serait pas bien grave si la flamme des tontons teutons réussissait à nous allumer le nôtre, de feu. Le problème c’est que nos 3 mousquetaires ne brillent pas franchement sur les refrains (et vas-y que je te beugle connement le titre sans enrober le truc dans une véritable montée d’adrénaline), qu’ils restent bien souvent engoncés dans des mid-tempos vaguement cavaleurs mais pas franchement ébouriffants, que le morceau-étendard « Panzer » – qu’on aurait espéré hymnesque – n’est que facile et peu fabuleux, et que la course s’arrête sur un « Bleed For Your Sins » plutôt plat, aussi vite écouté qu’oublié.

 

L’honnêteté intellectuelle m’oblige cependant à reconnaitre qu’on prend quand même du plaisir sur tout un paquet de morceaux. A commencer par « Death Knell », extrêmement classique, mais dans le bon sens du terme: on adhère facilement à ce titre enlevé et fédérateur. Puis le changement de braquet entrepris sur « Hail And Kill » – qui voit le groupe empanzerifier le répertoire de Mötley Crüe période Shout At The Devil (si si, c’est comme ça que je le vois) – permet de ne pas sombrer trop vite dans la routine powerOfSteelienne. Et PAF, quand on s’attend à enfin pouvoir critiquer le manque d’audace du groupe, il nous sort un « Temple Of Doom » certes par révolutionnaire, mais au riffing carrément jouissif (...heureusement, pour être sûrs de ne pas non plus remporter à 100% la timbale, nos amis prennent bien soin de torcher un refrain tout insignifiant). Dernier pic de bon goût – toujours sur la 1e moitié de l’album – « Freakshow » marque facilement des points en misant sur une rythmique punk gaillarde et une mélodie convaincante. Et sur la 2e moitié alors? Boârf… Ah si tiens: sur le pénible « Why », vers 3:45 le Panzer balance soudainement des percus annonçant l’arrivée imminente d’un bon vieux riff « bombardier de l’apocalypse » carrément tripant.

 

Pas besoin de lire entre les lignes pour comprendre que Send Them All To Hell est l’équivalent pour le fan de heavy / thrash / power / speed velu et teuton de la 734e sortie de Rogga Johansson pour l’amateur de Zombie Death suédois: 0 imagination, 0 audace, mais de la conviction, de l’application, de la tradition... Et au final de la satisfaction pour qui est dans le trip. M’enfin ça ne reste que du « haut du panier de 2e division » dans la mesure où la 2e partie de l’album bande quand même un peu mou.

 

PS: à noter que, n'ayant pas reçu le morceau bonus « Murder in the Skies » avec le promo, je ne peux pas vous dire si la reprise du titre de Gary Moore est réussie ou non...

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sur son 1er album The German Panzer (= Schmier de Destruction + 2 ex-Accept) propose aux amateurs du genre un album de pur heavy metal thrashy à l’allemande, sans rien qui dépasse – et surtout pas l’originalité. A écouter sur fond de baston de fin de Fête de la Bière.

photo de Cglaume
le 13/02/2015

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