Coilguns + Birds In Row le 31/03/2018, Le Poche, BETHUNE (62)

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Passer un samedi soir à Béthune et mourir.
Certains diront d'ennui. 
Mais ces gens là ne connaissent pas la programmation du Théâtre "Le Poche". 

 

Depuis quelques temps déjà, la petite salle (contenance de 200 âmes), propose des affiches qui comblent un terrible vide culturel régional (hors Métropole Lilloise et "Les 4 écluses" à Dunkerque). 
Ces trois derniers mois, Nostromo, Lysistrata, Pogo Car Crash Control (entre autres) ont précédé Coilguns et Birds in row attendus ce 31 Mars 2018.

 

Mais ça ne s'est pas bousculé pour voir Coilguns. La salle est certes relativement bien remplie, mais c'est un accueil glacial qui est réservé aux suisses (bien loin de celui qui nous est réservé au bar et à l'entrée). Le public n'est pas là pour s'amuser mais pour juger. Une ambiance déjà très particulière que Louis Jucker (possiblement décontenancé, sûrement un peu bourré, sans doute fatigué) ne va pas toujours détendre par ses interventions au micro entre deux titres.
Une assemblée statique, avare en applaudissements, le silence qui accueille la fin des titres joués est d'une incroyable violence pour un groupe qui, lui, a su se montrer d'une immense "générosité" (pour le coup, le terme n'est pas galvaudé).

Peut-être était-ce parce que Coilguns a principalement présenté l'énorme Millenials que l'assistance ignorait encore. Peut-être était-ce la lourde digestion d'un repas pris dans une baraque toute proche (plusieurs de mes voisins de "fosse" portaient le doux parfum de la friture) : malgré d'innombrables efforts, la sauce n'a jamais pris entre le groupe et l'assistance, hormis pour deux-trois connaisseurs motivés.

 

La symbiose entre les musiciens était en revanche palpable. Au-delà de l'amitié qui les unit, c'est une belle entente musicale qui rend Coilguns aussi puissant sur scène. Parce qu'il est surprenant que le public soit resté insensible à un tel don de soi. 
Louis J. (chant / guitare) et Donatien T. (clavier / chant) , bien en jambes, dopés par des spiritueux dont ils vident les bouteilles sur scène, bougent dans tous les sens et tentent déséspéremment de réveiller la grosse centaine de personnes qui leur fait face.
En allant hurler au milieu d'eux, en les "capturant" avec le long fil de son micro, Jucker ne ménage pas ses efforts qui seront timidement récompensés à la fin d'un concert qui explore alors leur passé discographique.

Comme je le soulignais dans la chronique de Millenials : cet album est une affaire complexe, et c'est une possible explication au stoïcisme des spectateurs. 
La rencontre live avec Coilguns, et Millenials en particulier, a aussi été l'occasion de mettre en lumière combien leur musique est torturée.
Pas seulement hurlante, pas que chaotique : Coilguns est un exutoire pour ceux qui jouent, une musicothérapie extrêmement violente pour l'âme, les oreilles et tout le corps pour ceux qui l'écoutent. 

Il n'y avait rien à reprocher aux quatre bonhommes sur scène qui ont transpiré pour donner du corps à leurs compos dont l'interprétation fut impeccable. On a pu mesurer aussi l'évolution entre Commuters et Millenials. Le premier était déjà violent mais aussi vibrant, lourd et efficace alors que le second est autrement intense, agressif, hypnotique et rugueux.


Les deux derniers titres ont su chauffer les relations entre le groupe et son public parce qu'ils étaient les plus accessibles pour les amateurs de "musique énervée". Il était hélas trop tard pour profiter pleinement des helvètes. C'est injuste, c'est dommage, ça ne s'explique pas toujours. 

On a tous déjà rencontré une personne vraiment géniale mais qui n'était pas faite pour nous : c'est à ce genre de relation que ressemblait cette heure de concert.

 

 

 

Le ballet orchestré du changement de scène rapidement terminé, la foule s'agglutine bien plus volontairement au bord de la "scène". Il n'y a pas encore eu une seule note de Birds in Row mais on sent l'excitation monter d'un cran. 
Tout le monde gardait son enthousiasme pour le trio mayennais : la température grimpe, les esprits sont plus énervés et le public a enfin décidé de se remuer. 
Pendant ce temps, sur la scène à peine surélevée du Poche, l'hyper proximité avec les artistes donne une atmosphère particulière à ce concert et aux titres de la bande. Birds in Row a une démarche et une vision à la rencontre du punk et du hardcore dans ce qu'il a toujours eu d'authentique, de brut, d'originel. Une véritable manière d'être et de penser qui se traduit par leurs compos, à la croisée de chemins musicaux variés.

J'avais eu déjà la chance de voir le groupe au Hellfest 2015 sur la Warzone, mais cette proximité dans un théâtre en sous-sol offre une nouvelle perspective à la mentalité "underground" du groupe, qui pue la passion.
Même lorsque le chanteur entame un petit speech autour de l'amitié, de l'humanité et autres grands concepts, on serait tenté de crier à la démagogie...si ces mots n'étaient pas suivis d'actes, si ces mots n'étaient pas sincères et n'étaient pas criés dans leurs morceaux.

Après avoir balayé sa belle discographie (dont on cherche encore le faux-pas), le groupe propose un titre de son prochain LP. Pas de quoi s'inquiéter, il devrait ravir les fans des lavallois. 
Le temps passe vite, les titres s'enchaînent (avec un son parfait comme d'habitude dans cette salle) et sur scène ça bouge dans tous les sens. La communion qui n'avait pas opéré avec Coilguns fonctionne parfaitement avec Birds in Row...dont le set va alors paraître extrêmement court.
Des morceaux courts, une énergie folle et l'impression que les trois protagonistes déroulent naturellement font qu'en 50 minutes, l'affaire est pliée.
Invité à discuter avec les musiciens, le public se scinde entre les bavards et ceux qui préfèrent reprendre la route, en songeant que ces trois garçons vont bientôt sortir un nouvel album et rejoindre Amen Ra, Neurosis et Converge pour une tournée en Amérique du Nord : de quoi alimenter de jolis rêves.

 

Alors que je retraverse la ville, sonne la dernière heure du 31 Mars. Il est encore tôt, et pourtant, Béthune dort depuis bien longtemps déjà.

photo de Tookie
le 10/04/2018

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2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 10/04/2018 à 10:31:50

Beau live report, avec de l'Humain dedans. Ce me donnerait presque envie d'écouter les groupes, tiens (... si j'avais bu :) )

Freaks

Freaks le 10/04/2018 à 16:52:02

Vu BIR à Rouen en Mars dernier, on est ressortis douché de la salle.. Le Positive Hardcore ça te liquéfie sur place ;)

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anonyme


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