Throwing Bricks - The Burden

Chronique CD album (45:57)

chronique Throwing Bricks - The Burden

C'est... concept.

Je parle de la pochette de cet album, The Burden par Throwing Bricks, le deuxième du groupe néerlandais, sorti fin octobre.

Le fond rose, ça passe. C'est quelque chose qui n'est désormais plus si hors du commun dans le petit monde des musiques énervées (on pensera évidemment à Sunbather de Deafheaven, mais on pourrait aussi citer Triangle de Bermuda Love, le très bon EP de Sürüt, etc, les exemples sont loin de manquer...).

Non, c'est plutôt le côté « meuf emballée dans un sac poubelle » avec lequel je ne suis pas sûr d'être raccord, ou alors je n'en saisis absolument pas la subtilité, que j'imagine ne pas être littéralement ce que l'on voit.

 

Passé ce premier coup d'oeil, le combo d'Utrecht envoie tous azimuts sa tambouille de post-hardcore 'blackenisé', comme dirait l'autre, de sludge 'post-bidulisé' ou de screamo mis en pièces et recousu comme faire se peut.

Si la gastronomie néerlandaise n'est pas particulièrement réputée, ici la sauce prend facilement, pour vite faire penser à d'autres formations qui jouent un peu à ce patchwork de styles en 'post' apposés sur un petit fond screamo, tels que Grief, Glassing, Sürüt, Heaven In Her Arms, ['selvə], avec même un fort côté post-metal a la Amenra qui traîne (faut dire que le producteur est le même, donc on peut comprendre quelques similitudes sonores. Et puis c'est masterisé par Jack Shirley de Deafheaven. La vie est parfois – rarement, mais parfois – bien faite).

 

Comme dans la plupart de ces trucs en post, pas ou peu de refrains à retrouver sur cet album, une bonne partie de l'écoute se fait dans la construction et dans la progression, par ailleurs vraiment bien amenées en règle générale, laissant The Burden facilement défiler tout seul malgré ses trois quarts d'heure de temps.

Si les influences d'Amenra sont bien présentes, Throwing Bricks s'en détachent malgré tout régulièrement en allant piocher dans d'autres univers, par exemple dans les parties en spoken word de leur invitée Shira Van Der Wouden, ou dans de nombreux arrangements qui leur permettent d'éviter la redite, passant d'un sludge hardcore crasseux à des zones plus éthérées qui viennent s'écraser sur des écueils de distorsion, allant assez honnêtement où bon leur semble, arpentant des sentiers post-black et se relâchant à pleins poumons dans un post-metal de bon aloi.

Plein de petites briques de son, qui me font penser que le nom du groupe est très bien trouvé, pas toutes de la même forme ou de la même densité, mais qui mises ensemble érigent un résultat sensible.

On aura donc souvent une impression d'avoir déjà entendu ça chez quelqu'un d'autre, et très vite on se dira « ah, en fait non ».

 

Le chant, très présent, hurlé et plutôt sec, n'a par contre par énormément de nuances au cours de l'album, en tout cas en comparaison de la propension du combo à jour sur les contrastes, les textures et les couleurs (toujours sombres) de leur musique. Il amène par contre en permanence un désespoir rageux s'étendre sur les compositions, doté d'une forte charge émotionnelle difficile à laisser de côté.

 

Ce qui fait que The Burden, une de mes surprises de fin d'année dernière, est venu très bien se placer dans mon top 2022, vraiment pour l'ensemble de son œuvre, car je l'ai toujours écouté d'une traite, faisant très peu de distinctions entre les morceaux, préférant laisser s'écouler les transitions les unes dans les autres. Parce que les disques qui rentrent difficilement dans une seule case, qui débordent d'un peu tous les côtés sombres, tout en gardant leur sincérité, leurs émotions et leur cohérence, ça me parle.

Si c'est aussi votre cas, et que les groupes que j'ai évoqués plus haut trouvent hospitalité entre vos deux oreilles, alors il est probable que Throwing Bricks puissent gagner quelques minutes de votre attention.

 

A écouter comme une bande-son du déclin des saisons, avec son cortège d'anonymes, un peu paumés, qui tracent comme possible à travers le brouillard. Parce qu'on a beau chercher d'où vient la lumière, la diffraction de la brume fait qu'au final, on y voit que dalle. Bonjour chez vous si vous retrouvez le chemin qui y mène.

photo de Pingouins
le 03/02/2023

4 COMMENTAIRES

Freaks

Freaks le 03/02/2023 à 13:03:26

En rose décomplexé t'avais aussi Glow On de Turnstile mais en vrai on s'en fout un peu, quoique ça n'engage que moi :p
Excellent album The Burden, qui est passé tout prêt du Top.
Merci pour la suggestion Pingouins ;)

noideaforid

noideaforid le 10/02/2023 à 18:51:41

Alors déjà excellent album merci Pingouins pour la découverte ;) par contre pour l'émotion et bien de pour moi ça été tout le contraire! Amenra à tendance à me foutre le bourdon, mais là, j'ai trouvé ça plus aéré! la basse est quand même bien groovy( pour le style post hin!) j'ai eu même des passages d'émotions plutôt positif en écoutant l'album.
Le final de Doubt me file des frissons, je ne vais pas faire le tour des titres mais  je me suis senti ''zen'' après les écoutes. ( c'est difficile d'expliquer un ressenti en fait...) j'ai trouvé sa beau et lumineux par endroit. Comme quoi les émotions ne sont universelles et tant mieux :)

Freaks

Freaks le 10/02/2023 à 20:01:28

Zen !? Putain les perceptions et les émotions c'est vrai c'est vertigineux.. Après perso j'ai ressenti plus le zbeul mental que la tranquillité d'esprit. Passé le confort auditif  hein ! ;) On apprécie c'est tout qd bien même de manière différétente, c'est l'essentiel... ;) 

Pingouins

Pingouins le 11/02/2023 à 06:49:37

Content que tu aies pu ajouter un chouette album à ta liste de découvertes noideaforid :)

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