Torrefy - Life Is Bad

Chronique CD album (01:04:10)

chronique Torrefy - Life Is Bad

Un mirage…

Life Is Bad ?

Life Is Bad ?!

Life Is Bad ?!?!

 

Non, bon sang, mais qu’est-ce donc que ce titre d’album complètement moisi, le troisième des Canadiens de Torrefy ? Le choix pour leurs deux précédents opus – Thrash and Burn (2014) et The Infinity Complex (2016) – était quand même plus… inspiré ! Life Is Bad est d’ores et déjà gravé dans le marbre du Panthéon des pires titres d’albums ou de singles Metal ; il est d’ailleurs en bonne compagnie avec "Life Burns" (Apocalyptica), "Life’s A Bitch" (Accept), All My Life (Lifephobia), Life Is Death (Natural Dementia), Life Is Poison (Sperm Angel) ou encore… l’imbattable Metal For Life (Painmuseum).

 

Faisant abstraction de ce gros raté – bordel, on soigne son titre de la même manière que l’on soigne son artwork ! –, je me plonge dans la nouvelle proposition de ce quintet canadien. Torrefy se place dans la tendance actuelle du Thrash nord-américain qui consiste à proposer un ensemble délibérément compliqué, arpentant des territoires musicaux fort variés. Ici le Thrash prend une dose à la fois de Speed à la Toxic Holocaust (tiens, tiens, Joel Grind est au mastering), de Progressif à la Vektor ou Voivod, de Black à la Absu (prégnant sur la seconde moitié du titre "Arborequiem") et de Death mélodique à la Skeletonwitch et Black Dahlia Murder. On s’éloigne ainsi du pur Thrash progressif de l’album de 2016.

 

Écouter Life Is Bad - p’tain, je ne m’y fais toujours pas :\ -, c’est se coltiner une grosse tartine de 64 minutes et 9 titres (dont deux dépassent les 9 mn) avec à la clef un gros travail sur les lyrics, consistantes, bien touffues, parfois acides comme sur le très frais et léger "G.F.Y.D." (pour « Go Fuck Yourself and Die »). Y a de l’enthousiasme. Le rythme est soutenu, enlevé, effréné même ! Les solos sont loin d’être rebutants ("Eye of the Swarm", "Outrun by Wolves", "The Thin Line", "Plague of Empires"). Belle fougue en somme…

 

…Mais il va vous falloir une réelle endurance pour enquiller d’une traite cette grosse heure, déjà ne serait-ce que pour venir à bout du premier morceau "Sarcophony" (beau passage à la fin de la 3e minute). Et c’est là le principal défaut : très bien produit pour un support autopromu et armé d’un bassiste (Simon Smith) en très grande forme, ce long format est vraiment trop riche. Sa densité ne lasse certes pas (très bon "G.F.Y.D." bien compact, avec une basse et une double qui tabassent), mais elle éreinte les esgourdes. Les réécoutes indispensables à l’écriture de cette chronique ont été proches d’être épuisantes, à l’exemple de "Outrun by Wolves" ou de "The Thin Line", trop changeants. Il faut attendre l’entame de "Arborequiem" pour sortir succinctement la tête de l’eau et reprendre son souffle ! "Cells" offre aussi quelques moments de répits.

 

À trop vouloir bourrer la piñata, celle-ci finit par craquer sans avoir commencé à la bastonner.

 

Enfin il y a le chant… Plus les minutes défilent, plus on s’approche dangereusement de l’overdose avec les déferlantes vocales frénétiques de John Ferguson. Il est dommage que la (trop brève) variété apportée par le growl des premières secondes de "Torn Apart by Machinery", l’avant-dernier morceau, arrive aussi tardivement.

 

Oui, vraiment dommage : les bûcherons thrasheux de Torrefy ont globalement fait le taf avec leur Life Is Bad ; cependant, ils auraient tout intérêt pour leur prochain album à raboter certaines de leurs compositions, à concentrer leur style, en fait à canaliser leur ardeur.

 

photo de Seisachtheion
le 16/09/2020

2 COMMENTAIRES

8oris

8oris le 16/09/2020 à 16:06:47

En tout cas, l'artwork est aussi nase que le titre (cette typo!!)

el gep

el gep le 16/09/2020 à 16:48:42

Hormis la typo, la pochette est cool, trouve-je.

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