Twelve Foot Ninja - Vengeance

Chronique CD album (34:19)

chronique Twelve Foot Ninja - Vengeance

Jaugé de loin et en 30 secondes chrono, Twelve Foot Ninja pourrait tout à fait passer pour l'un de ces groupes creux à espérance de vie très courte qui créent ponctuellement le buzz sur le web. Des refrains poppy très accrocheurs, une tendance à l'humour gras et absurde, une rattachement à la famille Metal via la branche Djent... Et tiens : un featuring de Tatiana Shmayluk, de Jinjer. Typiquement le genre de formation qui pourrait être montée en épingle de manière opportuniste par un label en mal de produits bankables à court terme, et qui finirait par un split après un 2e album calamiteux. Le critique parisien à la plume acérée et « aux goûts sûrs » remisera donc ces Australiens dans la même corbeille que Sumo Cyco et ces autres gangs Mc Do qu'il méprise pour aller s'occuper de choses plus sérieuses, plus tatouées, plus bobo-friendly.

 

Pourtant il n'est pas besoin de gratter longtemps le vernis de surface pour voir à quel point Steve MacKay et ses amis truffent leurs morceaux de petits détails juteux, jouent sur les décalages, et au final sortent complètement du registre « Teen Music » pour ados friands d'immédiateté. Outlier, l'album précédent, nous avait déjà poussés à ce constat. Car non seulement il était plus riche et réussi que Silent Machine (album pourtant très convaincant), mais au-delà du plaisir évident qu'il nous avait procuré au cours de la grosse première douzaine d'écoutes, il s'était vite imposé comme un compagnon de route pérenne, le CD étant revenu s'installer à intervalles réguliers sur la platine familiale au cours de ces 5 dernières années. C'est pour cela que, malgré des premiers extraits sympas mais peinant à nous tournebouler, on était resté confiant quant à la capacité de Vengeance à nous procurer la dose attendue de Pop/Djent Mojito de qualité.

 

Quasiment 10 ans après son premier album, Twelve Foot Ninja n'a pas foncièrement changé, ni dans son approche, ni dans ses thèmes, ni dans sa musique. Ce sont toujours les pérégrinations du même colosse à nunchaku qui occupent le gros de ses textes... Et pas seulement au sein des dix pistes de l'album. Car si pour Silent Machine le groupe avait accompagné la sortie de chacun des titres (dévoilés un à un au cours de 12 semaines) d'une planche de BD, cette fois les loustics vont encore plus loin en proposant en parallèle de l'album non seulement un nouveau comic book, mais même carrément un roman, The Wyvern And The Wolf, inspiré de l'histoire du fameux nindjent de plus de 3 mètres. N'ayant pu consulter ni l'un ni l'autre, je ne pourrai par contre vous en dire plus... Pour ce qui est de la dimension « déconne » depuis toujours indissociable du groupe, je vous laisse vérifier ce qu'il en est en matant les 3 vidéos sorties à ce jour – « Long Way Home » étant tout particulièrement gratinée. Comme quoi on n'est pas tenu de mûrir en vieillissant (… et je sais de quoi je parle!). Côté musique enfin, le socle stylistique reste globalement inchangé : le groupe nous secoue toujours la pulpe à l'aide d'une Fusion Djent/Pop ensoleillée, celle-ci se colorant cette fois d'occasionnelles sonorités synthétiques typées 80s pour un rendu plus accessible encore. Un peu comme 6:33 alors ? On pourrait dire ça, oui, quoique le trip rétro soit ici vécu moins intensément.

 

Vous devez déjà connaître le deux premiers titres, « Start The Fire » et « Long Way Home », pour les avoir testés sur Youtube. A présent intégrés à l'album et consommés sans vidéo, ceux-ci s'avèrent finalement plus séduisants qu'au premier abord, que ce soit grâce aux « Out of Order » du premier ou au contraste palmiers / chardons du second. La touche synthético-rétro devient plus évidente sur le morceau-titre qui suit immédiatement et alterne assauts à la Ninch In Nails et Pop Metal épique à néons délicats. Puis l'un après l'autre, les morceaux suivants continuent à se fabriquer leur propre personnalité distincte par petites touches singulières, un côté borne d'arcade de bord de mer pour « IDK » par exemple, qui se prolonge d'ailleurs sur « Shock To The System » avant de bifurquer vers des ambiances plus cabaret / Tango en fin de titre. Plus loin « Culture War » enthrashifie son propos – ce qui ne l'empêche nullement de s'offrir une pause Mariachi – tandis que « Dead End » offre un nouveau hit très légèrement électroïfié à l'album. Sans jamais en faire trop, en gardant leurs compos sur des durées très raisonnables et en misant toujours sur des accroches parfaitement amenées par un Nik Barker aussi à l'aise dans le registre d'INXS que dans celui de Fear Factory, les Australiens enchaînent, mine de rien, tube modeste après hit qui ne dit pas son nom, de ceux avec lesquels on se réveille sans même s'en rendre compte (... c'était le cas pour ma pomme pas plus tard que ce matin, avec le très Faith No More-soft « Gone », dont la boucle de clavier est pourtant un rien trop clinquante).

 

Si après une petite vingtaine d'écoutes j'ai l'impression que Vengeance est un micro-poil en-dessous d'Outlier, ce n'est toujours pas une certitude. D'autant que j'ai en même temps le sentiment que ce nouvel album pourrait bien connaître la même trajectoire que son aîné, et revenir rapidement ambiancer nombre des petits-déjeuners en famille à venir. En attendant de vérifier ce qu'il en sera réellement, vivement le 12 mars qu'on aille constater à La Maroquinerie l'effet que tout cela fait sur scène !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: pourvoyeur des mêmes sensations positives et rafraîchissantes que son prédécesseur (Outlier), Vengeance poursuit les aventures du colosse ninja au pays d'une Fusion Djent/Pop Metal ensoleillée toujours aussi séduisante, et peut-être encore plus accessible que précédemment – entre autres grâce à une touche légèrement 80s. Un album à plaisir immédiat, mais qui saura pourtant se bonifier au fil des écoutes

photo de Cglaume
le 14/10/2021

3 COMMENTAIRES

dayedayedaye

dayedayedaye le 19/10/2021 à 17:09:08

Merci pour la chronique ;-)
Je suis un fan inconditionnel de "Outlier" mais celui ci j'accroche pas pour le moment . Certes je ne suis pas encore a 20 écoutes mais je vais me "forcer" a l'écouter . 
C'est Twelve Foot Ninja quand meme !

cglaume

cglaume le 20/10/2021 à 09:17:18

Allez on en reparle dans 2 semaines

dayedayedaye

dayedayedaye le 21/10/2021 à 21:02:16

@cglaume : a dans 2 semaines ;-)

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