U.s. Christmas - Run Thick In The Night

Chronique CD album (01:16:42)

chronique U.s. Christmas - Run Thick In The Night

Qu’on ne s’y méprenne. U.S.Christmas échappe aux classements classiques du metal, mais quiconque oserait prétendre que ce groupe n’y a pas sa place est cordialement invité à passer directement à la plage 2 de cet album, « Wolf on Anareta », qui apporte son lot de plaintes rageuses, de riffs lancinants, de solo fiévreux à la guitare. C’est lourd comme le tonnerre, possédé comme Linda Blair vomissant son plat de brocolis en vociférant du sumérien, et chaleureux comme une pluie d’été.


U.S.Christmas, également connu sous le raccourci de USX, a déjà sorti plusieurs albums, avant qu’un certain Scott Kelly (l’un des leaders de l’un des 5 meilleurs groupes de toute l’histoire des fêtes de Noël : Neurosis) les découvre et les signe directement sur le label de son groupe, Neurot recordings. Run thick in the night, sorti en 2010, est le second opus déboulant dans les bacs sous cet auspice. On peut se demander pourquoi tonton Scotty est tombé en pamoison devant la musique du groupe. En réalité, la question, elle est vite répondue. Quand on écoute « Fonta flora » ou « The quena » (qui rappelle les moments calmes et tribaux des albums de Neurosis), on comprend aisément qu’USX ait pu partager la scène et la route avec des groupes comme Neurosis, Mastodon, Kylesa, High on Fire. Bercé par des nappes de violon malade, « Fonta flora » se traîne dans la fange en s’arrachant les yeux et les cheveux, dans une transe cathartique. En outre, quand on sait que tonton Scotty et son comparse Steve Von Till de Neurosis sortent eux-mêmes des albums solo de folk dépressif, on comprend que des chansons comme « Ephraim in the stars » et ses vocalises incantatoires ou « In the night », qui ouvre l’opus, touchent leur corde sensible. De l’americana sombre et opaque comme le mystère de la vie. D’ailleurs, « In the night » qui donne le ton de l’album, n’aurait pas fait tache sur un album des Swans, l’une des références de Neurosis, ou de Current 93, l’un des papes de l’indus dark folk.


On l’aura compris, USX sur cet album ne verse pas dans le tranchant ni dans la vitesse (il préconise la weed et l’acide plutôt que la coke et l’ecstasy), mais dans la lourdeur éthérée (ouais, les oxymores s’accordent bien à sa musique) qui caresse la terre et tutoie les nues. Il y a quelque chose de mystique dans l’ambiance chamanique de l’opus qui invite à la transe introspective ou/et au stupre dans un lieu interlope comme le BangBang Bar de Twin Peaks (« Suzerain »). Entre le stoner psychédélique tendance blues sludgesque dans ses poussées de rage fiévreuse (« Maran », « Deep green ») et l’americana animiste dans ses envolées délirantes (« Devil’s flower in mother winter », « Mirror glass »). En tout, 13 titres pour plus d’une heure de voyage en compagnie de fantômes relativement taiseux aux confins des terres d’esprits tutélaires, en se roulant dans l’herbe poisseuse, nu, le corps enduit de beurre de cacahuètes.

photo de Moland Fengkov
le 03/07/2022

2 COMMENTAIRES

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 03/07/2022 à 09:40:38

Double dose ;)

Moland

Moland le 03/07/2022 à 11:59:04

Triple, même, il en faut pour rédiger ce genre de chronique ultime :) 

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