Volkor X - This Means War

Chronique CD album (46:40)

chronique Volkor X - This Means War

La scène darkwave, retro-synth, outrun, appelez-la comme vous voulez, commence à prendre réellement de l'ampleur, tant au niveau quantitatif qu'au niveau exposition (Perturbator en couv' de New Noise par exemple). On a de plus un peu plus de recul et des tendances nettes commencent à se dessiner. Je ne vais pas vous la jouer expert en la matière ni même hipster du genre, j'ai pris le train en marche comme beaucoup, mais mon parcours personnel (entre autre de très gros joueur sur Atari) m'ont fait rapidement adhérer. Les accointances de cette scène avec le metal sont nombreuses, ce qui ne rend pas la présence de tels groupes farfelue dans les pages de ce webzine. A la fois américain et européen, le phénomène retrowave génère de plus en plus de vocations ou de mise en lumière.

 

Si Volkor X n'est pas réellement un nouveau venu puisqu'auteur déjà de deux E.-P., dont la création de la musique du jeu Badass Inc. du studio indé Motion Twin, This Means War est son premier Longue Durée. Sa musique se prête à une imagerie forte et le groupe ne lésine pas sur cet aspect. Bien évidement inspiré par le pixel art en 8 bits et les débuts de l'infographie, l'artwork ainsi que le concept général mettent en scène un alien (dans l'esprit des forces de Véga de Goldorak) venu sur terre avec des intentions belliqueuses. Je n'ai pas pu m'empêcher de songer également aux sombres desseins de Cats dans Zero Wing.

 

Après "Prelude to War", l'intro atmosphérique rendant hommage aux grands noms de la musique électronique des 70's (Vangelis, Cybotron...), les choses sérieuses commencent ensuite avec les éléments classiques du genre. Gros beat bien gras, basse synthétique et des sons de claviers délicieusement vintage. La réussite de Volkor X est d'arriver à mettre sa force de frappe à la fois au service du groove dancefloor, de la mélodie qui fait mouche et des ambiances dignes de R-Type ou des aventures des Tinies. Les lignes de synthé de "Beacon" sont par exemple particulièrement efficaces et réussies. Il parvient à maintenir ces standards même lorsqu'il se pose, comme sur "Hypersleep", qui comporte pourtant une énorme faute de goût: de la réverb' sur la caisse claire. On peut se permettre beaucoup de chose au nom du "rétro", sauf ÇA. Interdit par la convention de Genève; mais je sais que Volkor X me rétorquera qu'il n'a que faire des accords des terriens dans son plan d'annihilation. On notera, cerise sur le gâteau, la présence de Sylvain Coudret (Soilwork), le temps d'un solo sur le titre éponyme. Le disque fourmille de petites trouvailles mélodiques ou musicales qui étoffent le contenu: "The Bomb" par exemple se termine dans un bruit d'explosion.

Je n'entrave pas grand chose en matière technique, production / mix / mastering, mais This Means War possède, selon moi, l'une des meilleures mises en son que j'ai pu entendre dans le style. L'ennemi de l'humanité en provenance de Tau Ceti, constellation de la Baleine, a dû bénéficier d'appuis terriens expérimentés en la matière. L'album se termine sur une piste bonus, non annoncée, un peu à la manière d'un bonus stage après un boss de fin de niveau, mais on aurait bien repris un ou deux titres supplémentaires.

 

photo de Xuaterc
le 28/05/2016

4 COMMENTAIRES

Xuaterc

Xuaterc le 28/05/2016 à 12:33:59

Depuis la rédaction de ces lignes, je n'arrête pas d'écouter cet album et je me dis que j'aurais mis un demi ou un point de plus...

cglaume

cglaume le 28/05/2016 à 13:55:41

Tu peux encore changer la note :P

Xuaterc

Xuaterc le 28/05/2016 à 16:38:54

Je sais, mais je trouve ça plus honnête de laisser la note originelle et de proposer un edit.

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 02/09/2016 à 12:12:08

un petit peu de kitschounerie facile quand même, là où Kavinsky est dans l'hommage... mais ça sonne vraiment bien

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