Voodoo Gods - The Divinity of Blood

Chronique CD album (57:11)

chronique Voodoo Gods - The Divinity of Blood

Il y a des fois où les all-star bands, c’est trois petits tours et puis s’en vont. C'est le cas de SOD, Nailbomb, ou Blotted Science par exemple. Parce que les stars en question ont d’autres choses plus sérieuses (financièrement, du moins) à faire avec leur groupe principal. Alors OK, quand arrive le 20e anniversaire d’un album et que pour l’occasion les gros festivals alignent les biffetons, on n’est pas à l’abri de revoir les loustics ensemble. Mais globalement, il s’agit plutôt d’une activité « one (or two) shot ». Il existe néanmoins une autre configuration, certes plus rare: celle des super-groupes formés autour d’un inconnu – ou pas loin. Et lui, le pépère anonyme, il n’a pas de maison-mère vers laquelle se retourner quand la promo est finie. C’est le cas d’un Nader Sadek par exemple, ou encore de Voodoo Gods – le sujet de nos attentions d’aujourd’hui – qui est mené par le seul inconnu au bataillon du line-up: le batteur Alex von Poschinger. C’est grâce à l’énergie du Monsieur si l’on retrouve aujourd’hui entre nos mains le 2e album de la formation, The Divinity of Blood, 6 ans après la sortie d’Anticipation For Blood Leveled In Darkness.

 

Mais laissez-moi vous rappeler – parce que je sais pertinemment que vous l’avez oublié – le beau monde qui gravite autour de la divine poupée vaudou. Si les Nergal (Behemoth), David Shankle (Manowar) et Mike Browning (Nocturnus, Morbid Angel) firent un temps partie de l'aventure, ils s’en sont finalement retournés vers leurs pénates. Mais il reste quand même au chant Seth van de Loo (Centurian, Severe Torture) et George Fisher (Cannibal Corpse), aux guitares Victor Smolski (Rage, Mind Odyssey) et Jacek Hiro (Sceptic, Dies Irae, Decapitated), et à la basse Jean Baudin (Nuclear Rabbit). Un line-up international donc, auquel se rajoute Andy La Roque (King Diamond) derrière la console. Bien que possédant un passeport pas très suédois, l’opus précédent était très marqué par le Death mélo de chez Greta Thunberg, auquel se mêlaient des influences Thrash, quelques saveurs exotiques, et une bonne dose de poils drus fleurant fort la patrie de l’Oncle Sam. Six ans après, le topo reste relativement semblable: mêmes incursions dans la Bay Area (« Forever! »), même parfums d’ailleurs (de l’Espagne et de l’Orient au sein de « From Necromancy to Paraphilia ») et même jumelage américano-européen. Sauf que ce dernier est quand même mieux équilibré cette fois. Alors oui, on a parfois l’intention d’entendre Decameron ou Hypocrisy, les bonus abritent une reprise du « Before The Dawn » du très bon premier album de Necrophobic, et une très large première moitié du morceau-titre est nettement marquée du sceau du plus sucré des Melodeath. Mais cette fois les coulées mélodiques d’obédience scandinave évoluent plus collé-serré avec l’héritage Death ricain. Même qu’on pense épisodiquement à Nile, et moins épisodiquement à Vital Remains sur « Menace to God ». Le chant du Georgeounet y est pour beaucoup, sans doute, mais pas seulement. Et l’on ne peut que se féliciter de cette meilleure assimilation de leurs influences respectives.

 

Maintenant cette nouvelle livraison – plus homogène, ok, on a compris – en vaut-elle la peine? Bloqués sur la moitié vide du verre de sang divin, certains grommelleront à cause de gimmicks un peu faciles (celui qui a pondu le début de « Menace To God » est un feignant fini, et le groove injecté dans le début de la 2e partie d’« Isa » a déjà été entendu sur un max de galettes du genre), sur cette guitare lead parfois exagérément bavarde (on dira du Ralph Santolla dans le texte!), et surtout sur le côté un peu patchwork de nombre de morceaux – ce qui rappelle à quel point il s’agit ici d’un rassemblement de fortes personnalités qui cohabitent sans vraiment réussir à s’effacer derrière une bannière unique. En témoigne (exemple parmi de nombreux autres) le break de basse à rallonge dans « The Divinity of Blood », qui aboutit à une conclusion sans rapport avec le fil préalablement déroulé. En témoigne également le manque de concision de la plupart des compos, chacun des bonhommes en présence ayant besoin de son quota de temps à lui pour exister au milieu des autres.

 

Côté verre plein par contre, on retient des titres pleins de ce qui fait bicher l’amateur de musique mélodique mais velue (c’pas du zouk, par le Grand Bouc!): de la variété, de la maîtrise, de l’expérience, et des accroches en veux-tu en voilà, le pompon revenant au morceau-titre ainsi qu’à « Serenade of Hate » – headbangant en diable une fois terminées les caresses introductives.

 

Les gugusses ont l’air de se faire plaisir, la tranche de Death est alléchante, la nuque se sent comme un hochet à la crèche: on déguste donc The Divinity of Blood comme un bon petit vin de barbecue, à la fois fruité et costaud, sans prise de tête ni prétentions révolutionnaires, mais clairement à des lustres de la piquette qui fout mal au crâne et transforme le palais en réplique miniature de Verdun… Un compagnon idéal pour passer un bon moment, quoi!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: George Fisher (Cannibal Corpse), Jean Baudin (Nuclear Rabbit) et leurs amis ont invité Victor Smolski (Rage) pour continuer l’aventure démarrée il y a 6 ans sur Anticipation For Blood Leveled In Darkness. La balance est cette fois mieux équilibrée entre influences scandinaves et floridiennes, pour un rendu tout aussi agréable que précédemment.

 

 

photo de Cglaume
le 13/07/2020

6 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 13/07/2020 à 11:42:59

Pochette immonde et titre en écoute "fête à la saucisse du Death": vraiment pas sexy ton truc là.

sepulturastaman

sepulturastaman le 13/07/2020 à 13:01:11

La pochette n'est pas immonde elle est vieillotte genre cool des années nonante, et les morceau mouif.

cglaume

cglaume le 13/07/2020 à 17:45:27

Par contre il y a une reprise de très bon goût !

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 14/07/2020 à 12:14:46

Y'avait pas que des pochettes dégueulasses dans les 90's !

cglaume

cglaume le 14/07/2020 à 12:43:23

En tous cas celle-ci est dans le même esprit que la pochette de The Nocturnal Silence de Necrophobic (dont est extrait la reprise)

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 14/07/2020 à 19:11:27

Voilà, me rappelais plus quelle pochette, elle me rappelait ! (redondance verbale ...)

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