Withered - Folie circulaire

Chronique CD album (46:09)

chronique Withered - Folie circulaire
Black Metal, Sludge, donc Raw Black Metal, oui mais pas seulement car Death Metal, Metal Extreme, sludge, donc Brutal Death Root, ok d'accord mais si Root alors Raw, puisque Sludge donc Raw Black Metal, Sludge mais c'est oublié Death Metal donc Brutal Black Metal ; donc, on tourne en rond avec comme axe pivot le sludge. C'est fou, non ? Toujours est-il qu'eux se définissent comme un groupe de Black.
Mais comme Withered s'est fondé sur les cendres d'un groupe de métal extrême bien roots, à forte tendance grind-punk/crust teinté de grind violent et de dramatiques guitares mélodiques, on peut penser qu'ils ne joueront pas bêtement du black. Ce qui est plus ou moins le cas.

Déjà ils n'ont pas l'accoutrement blackeux habituel : clous, cuir symbole satanique corpse paint, pose photo devant une église dévastée, un cimetière ou dans une grotte ? Non, les photos promo sont prises dans un terrain vague adossé à un mur décrépit d'une usine ; nous voilà bien loin des clichés BM.

Et pourtant, ça hurle sur fond de Brutal Black suédois, celui qui a les nappes de guitares jouées à fond ; les riffs sont malsains, noir gras et poisseux, plus diversifiés, mais ça j'y reviendrais dans l'aspect général. Le batteur n'est pas tout le temps à fond sur la double ; bien sur celle-ci appuie la brutalité de l'ensemble, il varie son jeu du plus furieux à l'aérien ; la basse, elle, suit l'ensemble. La voix suit la route tracée par la musique, la voix a également un peu plus de coffre que la moyenne. Sur les passages les plus death, la voix growle façon "big foot au fond de son marais".
Et quand je parlais d'une musique diversifiée, c'est qu'elle l'est ! C'est certain, l'aspect Black Metal est omniprésent dans la noirceur et la violence générale de la musique, mais leur grande réussite c'est d'avoir réussi des transitions amenant des passages extrêmement lourds, où les riffs collent cette espèce d'headbanding lourd, lent, répétitif, envoutant. Surtout que les passages sludgiens sont relativement longs.

Du coup on arrive à un album équilibré entre la folie destructrice du pur Black suédois, du bon gros death pas forcément dégrossi, mais d'une efficacité redoutable, avec un juste tiers du métal bien boueux et lancinant.
La production a été confiée aux bons soins du doom-coreux Phillip Cope (guitariste chanteur de Kylesa) qui ne se gêne pour pour jouer dans l'imposant.
Allez si je devais lui remettre une récompense il réussirait à décrocher la mailluche catégorie Géneral Sherman.
photo de Sepulturastaman
le 07/10/2008

1 COMMENTAIRE

cglaume

cglaume le 18/02/2011 à 06:50:41

Très bon album oeucuménique qui joue formidablement du noir (solitude, mort, désespoir - 'fin tout le bestiaire BM) et du blanc (givre, bonhomme de neige & co) tout en trainant des pieds dans la boue. On pourrait les comparer à une version plus black de SHE SAID DESTROY.

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