Young Widows - Settle down city

Chronique CD album (35:26)

chronique Young Widows - Settle down city

A priori, le nom de Young Widows ne vous dit rien et c'est bien dommage (si ce n'est pas le cas, vous faites partie de ces gens qui lisent des chroniques uniquement pour savoir si tout le monde pense comme vous et cela prouve à coup sûr que vous n'êtes pas serein avec votre sexualité)... C'est bien dommage car derrière ce patronyme énigmatique (trad: « Jeunes veuves »... sic), se cachent les trois quart de feu Breather Resist, a savoir les mêmes moins le chanteur. Pour tout ceux qui connaissaient bien le quatuor de Louisville (et qui n'ont aucun problème avec leur sexualité), il était question d'un noise hardcore bien barré qui n'en oubliait pas pour autant d'être gras quand il le fallait (qui a hurlé Botch?). Cela dit, il aura fallu que le chanteur se barre, que le trio restant essaye d'enregistrer tout de même un nouvel album de B.R., que le gratteux s'essaye au chant et qu'il en profite pour mettre à plat les déviances de sa libido, pour que tout ce joyeux petit monde se rende compte qu'il n'y aurait plus jamais d'album de Breather Resist et qu'il fallait trouver un nouveau nom.

 

En effet quand on écoute les onze titres de "settle down city", bien que l'on retrouve les nappes de guitares dissonantes d'Evan Petterson, la basse pachydermique et saturée de Nick Thieneman et le groove saccadé de Geoff Paton , bref tous les éléments qui nous étaient si familiers, on se retrouve comme un con: exit le chant hardcore écorché (normal cela dit...) et les gros riffs tendance métal. Tout cela a laissé la place à un punk noise rampant, dérangeant, vicieux, humide et lubrique qui fricote parfois avec un semblant de mélodie sans avoir l'air de trop y toucher... Et si mélodie il y a, c'est toujours au détour d'un dégueuli dysharmonique, d'un larsen libidineux, d'un break tonitruant, le tout surplombé par la voix de Petterson qui déclame et braille plus qu'il ne chante. Les trois loustics n'ont finalement pas particulièrement changé d'orientation musicale, ils ont juste changé de terrain. Leur musique est toujours aussi violente mais plus bordélique ("The first half"), toujours aussi noire mais plus malsaine ("mirrorfucker"), toujours aussi tordue mais plus originale, à la fois familière et surprenante. Comme si Botch avait décidé de se replonger dans les classiques que sont Jesus Lizard ou encore Shellac le tout joué au beau milieu d'une partouze d'enfer...

 

Tout ça pour dire trois choses sur "Settle down city" :

1- Que la décision de changer de nom, en plus d'être courageuse et culottée, est tout a fait justifiée par une musique qui se renouvelle réellement sans décevoir... Qui répond à nos attentes en nous surprenant... Bref, qui ne cède pas à la facilité.

2 – Que ce putain de disque claque autant la gueule sinon plus que les derniers enregistrement de B.R.

3 – Que je n'avais aucun problème d'ordre sexuel avant d'écouter ce groupe.

photo de Swarm
le 06/02/2007

3 COMMENTAIRES

mat(taw)

mat(taw) le 06/02/2007 à 11:55:54

bonne 1ere chro ;)
et bienvenue!!

K.

K. le 06/02/2007 à 20:24:31

tres bonne chronique oui, tres agréable a lire et originale!

swarm

swarm le 07/02/2007 à 01:50:10

hé! hé! merci beaucoup!

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