Dejadeath - Satan Is Losing Momentum

Chronique CD album (1:00:15)

chronique Dejadeath - Satan Is Losing Momentum

“Bandcamp made me buy it”, chronique n°384595

 

Ce n’est ni la première ni la dernière chronique de ce genre que vous lirez ici: Satan Is Losing Momentum, 3e album des Barcelonais de Dejadeath, est chroniqué en ces colonnes quasiment 4 ans après sa sortie en autoprod’, non pas du fait d’une lubie soudaine mais parce qu’il a été porté tardivement à ma connaissance via cette fonctionnalité géniale de Bandcamp qui permet de suivre les achats de « mélomanes » dont les acquisitions antérieures démontrent une adéquation certaine de leurs goûts avec les miens. Je ne compte plus les soirées / matinées passées à zapper d’un album à l’autre parce que machin-truc s’en est porté acquéreur, ou que bidule a écrit un commentaire positif dessus. Essayez vous aussi, vous verrez: vous finirez par dénicher des pépites, surtout si vous doublez cette pratique de la recherche de nouveautés par « tags ».

 

Mais revenons à nos moutons catalans. Et à leur blaze, pour commencer. Oui, on est d’accord: celui-ci sonne ridiculement franco-anglais. La raison en est qu’en Espagnol Dejadez signifie laisser-aller, négligence, et que « Megadeth » était déjà pris. Sauf que le groupe ne fait ni du Thrash de rouquin, ni du Death à la Avulsed. A dire vrai le groupe se situe plutôt « entre les deux et au-delà ». Car le dada de Dejadeath se situe à la confluence des discographies de SYL et du registre le plus vénère de Devin Townsend – aux environs des albums Alien et Physicist si vous préférez. A cela s’ajoutent un peu de froideur mécanique à la Fear Factory, ainsi qu’un petit grain de folie venteuse à la The Senseless. Si vous arrivez à créer une image mentale de cet hybride, vous « douchez aux putes » – comme disaient les officiers allemands à l’époque où mamie passait en zone libre avec des colts planqués dans la poussette de sa poupée Vivianne.

 

Comme tout n’est pas non plus rose au pays de la Sagrada Família, il nous faut déplorer une mise en son qui étouffe un peu trop la guitare lead, celle-ci se retrouvant tout là-bas, au fond, à raser les murs. Parce que si le groupe a relativement bien réussi à reproduire la prod volumineuse et saturée de Strapping, celle-ci ne se distingue par contre pas par cette clarté que seul le père de Ziltoïd semble capable d’obtenir en de telles conditions. Autre reproche: trop de morceaux sont affublés d’intros pas toujours utiles, celles-ci durant en plus parfois un peu trop. Dernier grincement de dent: en blind test on a vraiment l’impression d’être tombé sur un album d’inédits du Canadien. Alors évidemment c’est plutôt chouette, d’autant que ce dernier n’est plus trop branché rugissements sauvages ces dernières années. Mais on aura quand même tendance à trouver que tout cela manque un peu de personnalité.

 

Mais quand on arrête enfin de ronchonner pour ronchonner, on prend vite un gros panard à l’écoute de cette bonne grosse heure d’accroches townsendiennes et de furie sonique. On savoure l’ample déroulé et le « We’re-all livin’ in Heeeeeeeell » de « Counterlife ». On se régale en se faisant déboiser le cuir chevelu sous le déferlement rythmique de « Voluntary Servitude » (dont la batterie semble par moments tenu par G. Hoglan himself). On apprécie également à leur juste valeur la profondeur de la cathédrale « BarcelØna », l’agression surhumaine de « All Things Human », ou encore « Love Love Love », qui commence sur une plage gitane puis qui saute dans un bolide décapotable pour enrichir son accroche d’accents semblant empruntés à une version Rock’n’Roll de Pain, ou peut-être de Sybreed. Le long « Doomsday Diagnosis » marque lui aussi les esprits sur sa fin, quand la longue procession prend son envol mélodique, peu après la barre des 6 minutes.

 

Si la note reste cependant un brin timide, c’est qu’en plus des quelques défauts listés un peu plus haut, l’album se termine sur 10 minutes d’un morceau-titre qui, s’il continue à se défendre assez bien sur ses 3 premières (…minutes, suivez un peu!), perd progressivement sa substance pour finir par carrément casser les bonbons sur ses 2 derniers tiers. On n’a pas idée M’sieurs-dames, j’vous jure!

 

Mais que ces quelques petites objections ne vous empêchent pas d’aller écouter l’album, surtout si vous êtes fan de la face la plus écorchée du père Devin: vous risquez bien de vous retrouver avec un grand sourire niais tatoué en travers de la trogne!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: SYL et Devin Townsend. Devin Townsend et SYL. En guise de description c’est sans doute un peu court-jeune-homme, mais ça résume bien ce que vous réserve Satan Is Losing Momentum. Et si tout ça est évidemment FORTEMENT sous influence, cela n’empêche pas que la chose soit tout à fait croustillante.

 

photo de Cglaume
le 23/07/2020

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