Banane Metalik - Interview du 10/08/2013

Banane Metalik (interview)
 

J'aimerais dans un premier temps que vous présentiez votre groupe car vous n'êtes, en apparence, pas connu sur CoreandCo Webzine.
Docteur Bananium : Alors d'abord, je suis Pascal et je fais une des deux guitares.
Ced666 : Je vais prendre la suite. Il y a donc Docteur Bananium qui vient de parler. Il y a aussi mon frère Boris l'autre gratteux, Greg le batteur identifié comme Punky Bones sur le dernier skeud, Rico le contrebassiste et moi au chant, Ced666.


Votre groupe m'étonne car vous plaisez grosso modo à tous les publics, keupon, psycho mais aussi métal ce soir, qu'est-ce qui fait cette « magic touch » ?
Ced666 : je ne veux pas que ma réponse ait l'air prétentieuse mais c'est le fait, je pense, de partager avec authenticité quelque chose. Tout d'abord les Banane, c'est du gore'n'roll, un espèce de mix entre une culture horrifique, une vrai passion pour cette thématique et le rock'n'roll en général et ses dérivés. Quand on vient sur scène avec cette envie de partager notre musique, on est vraiment là pour communiquer notre folie. Pour moi, un bon concert c'est quand j'ai déliré avec le public et qu'on ressent une certaine osmose.
Notre thématique et notre show basé sur l'horreur peut ainsi parler à plein de gens différents.On recherche avant tout, malgré nos déguisements de putain de zombies, des sourires, une énergie positive. Pour moi, la scène est un sanctuaire mais pas un sanctuaire d'égoïste. Si quelque chose casse ce délire, une merde technique, un mec qui fout la merde, ça me ramène à la réalité et c'est ce qu'il y a de pire.


Vous êtes un groupe qui chante principalement en français, vous avez fait des dates aux States et une tournée au Japon. Les Japonais semblent d'ailleurs beaucoup vous apprécier, ça tient à quoi ?
Ced666 : En France, on est dans une niche. Il y a peu de groupes qui se griment. Le groupe « français, débile, déguisé qui fait du rock », bin c'est les Banane, c'est pour ça que les Ricains ou les Japonais nous connaissent. Mais pourquoi on va jouer au Brésil et un peu partout ? D'abord c'est parce qu'on se bouge le cul. On n'attend pas que ça arrive. Et y'a un paquet de groupes qui se bougent sans dépenser 30 000 euros sur un skeud, et qui se débrouillent tout seul.

Avoir un groupe de rock indépendant en France actuellement, c'est plus une galère ou une sinécure ? C'est le DIY qui est la règle ?
Docteur Bananium : On l'a toujours fait car on a toujours voulu être propriétaire de notre truc. On fait pas tout de A à Z, on se produit, mais on s'est endetté sur nos deniers personnels...

Ced666 : On est en fait partagé entre l'envie de tout faire et le « on n' a pas trop le choix ». Parce qu' à un moment donné tu vas payer des gens pour faire un taf mais le groupe dans lequel tu joues depuis tellement d'années, tu le connais mieux que quiconque en terme d’identité artistique. Alors quelques fois quand je vois le résultat quand tu délègues et bien je me dit non, autant le faire toi-même.
Mais le problème c'est parfois la visibilité de nos projets qui n'est pas suffisante, parfois pour nous, vu l'énergie qu'on y met. Pour moi, faire le gogol habillé en zombie et montrer mon cul, c'est toute ma vie (rire) donc ça vaut toujours le coup.


Je voulais vous rebrancher sur toute votre culture horreur. Quelles sont les péloches qui vous ont traumatisées étant petit et qui vous ont pousser à faire ce groupe ?
Docteur Bananium : Avec moi, on va taper dans l'ancien... Y'avait l'émission des frères Bogdanoff, Temps X, le samedi après-midi. Ils ne montraient que des extraits et du coup, moi, ça me faisait flipper car j’étais obliger d'imaginer la suite, c'était horrible (rire). Je suis très SF, Asimov, tout ça... Les films d'horreur, quelques part, ça me fait peur (rire) et surtout j'adore me déguiser. Mais j ne suis pas aussi expert que Ced.
Ced666 : Alors moi, c'est vraiment, vraiment, vraiment,  une passion. Quand j’étais un petit branleur, je m'étais fait carrément une « salle d'horreur » avec un trône, un cercueil tout ça. Mais là je me refais un truc beaucoup plus classe (rire).
Je suis un énorme fan des films de la Universal/Hammer. J'ai une grosse grosse admiration pour tous ces acteurs, Christopher Lee, Karloff, Lugosy, Price, Lon Chaney. Et ce que j'adore chez ces gens là est que ces acteurs avaient tellement la classe qu'ils se passaient de trop d’artifices. Un regard et leur simple présence suffisaient. Leur apparition a l'écran porte une telle esthétique macabre... ce sont pour moi simplement des monstres sacrés. Ça fait appel à la notion de nostalgie et à celle de racines, de fondements qui m'ont construits. Après je suis un gros fan du slasher movie des années 80, Maniac de Lustig entre autres...


J'effectue ici une coupe dans l'interview car Ced666 et moi-même étant intarissables sur le sujet, il s'en est suivi un bon quart d’heure de discussion et d'échanges de références et de préférences sur les films de genre au terme duquel Ced666 me conseille fortement le visionnage de « J'ai rencontré le Diable » de Kim-Jee Won.

Pour revenir sur le sujet de la musique, avez-vous un album en préparation ?
Ced666 : On est super long et là actuellement ça traîne un peu... Il nous reste une trentaine de dates jusqu'à mi-décembre. Il y a une notion de respect vis à vis du public. On aime faire les choses bien.
Docteur Bananium : On a une réelle exigence qualitative. On n'a jamais fait des morceaux pour faire des morceaux. On fait ce qu'on veut quand on veut.
Ced666 : Le problème est qu'actuellement, ton public, il faut le tenir à cause de la culture du zapping et de l'image. Un groupe comme nous, c'est important de renouveler son public, que de nouvelles personnes viennent nous voir. On ne peut pas seulement avoir une fan base.

Docteur Bananium : On a une liberté totale...
Ced666 : Mais il y une notion d'intégrité, faire n'importe quoi, n’importe comment, non merci.


Pour finir j'ai deux question débiles pour vous. La première : selon vous Leatherface devrait-il avoir des séances d’orthophonie pour améliorer son élocution ?
Docteur Bananium et Ced666 : rires
Ced666 (très sérieux, après un temps de réflexion) : Je n'ai jamais aimé les blagues vaseuses et les vannes à la Freddy. Pour moi un tueur de films doit faire peur et pas rire. Juste entendre son souffle doit suffire.


Deuxième question débile : si vous deviez inviter notre cher président de la République actuel à dîner en tant que plat principal, avec quel vin l’accompagneriez-vous ?
Docteur Bananium et Ced666 : rires
Docteur Bananium : Comme d'hab', un ptit vin du sud-ouest...
Ced666 : Même si je sens un autre truc dans ta question (pensif), je dirais... un bon laxatif !


Rire général.

Il me reste maintenant à vous remercier pour votre disponibilité et vous souhaiter bonne chance pour le reste de votre tournée.
Ced666 : Merci à toi surtout, bon vent et viva gore'n'roll !!

photo de Crom-Cruach
le 01/10/2013

2 COMMENTAIRES

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 03/10/2013 à 07:31:06

Comment, ils sont trop sérieux en interview... whooo

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 03/10/2013 à 19:18:48

Contraste total avec leur attitude sur scène en effet : j'aime bien

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