Amogh Symphony - The Quantum Hack Code

Amogh Symphony - "The Quantum Hack Code"
chronique Amogh Symphony - The Quantum Hack Code

Attendez, ne dites rien: laissez-moi deviner… Je vois… Je vois que vous êtes un gros fan d’Animals As Leaders. Ce djent instrumental qui fait brillamment contraster les soubresauts d'une rythmique barbelée et des leads pleines de feeling, ça vous a durablement tatoué des petits cœurs dans le mou du palpitant. Notamment sur Weightless, 2nd album sur lequel la bande à Tosin est allée plus loin dans la froideur moderne, flirtant même avec les bidibidip-bop-a-loula électro – mais en conservant néanmoins, et à vrai dire inexplicablement, une touche organique intacte. Je vois aussi… Je vois que vous ne seriez pas contre le fait que les américains poussent le bouchon encore un cran plus loin, histoire d’aller singer The Algorithm sur ses terres technoïsantes. Je vois aussi que vous êtes fan de Matrix, Screamers & co, et que vous verriez bien cet univers musical se cristalliser autour d’une thématique post-cyberapocalyptique avec, pour faire joli, de ces synthés de l’espace qui tissent des ambiances féerico-SF, un peu dans le même esprit que le Cybion de Kalisia.

 

 

J’ai bon? Allez dites, j’ai vu juste?

 

Eh bien ne cherchez plus: Vishal J.Singh (from India), épaulé à la batterie de Jim Richman (résidant aux US), a fait de votre rêve humide une réalité riffée, celle-ci s'incarnant dans l'entité nommée Amogh Symphony. Et maman que c’est impressionnant!!

 

Mais avant de lâcher la bride à un enthousiasme grand comme ça, commençons par ce qui fâche. Parce que bon: The Quantum Hack Code n’est pas encore l’album parfait (… ça, ce sera pour le 3e opus!). Point noir parmi les points noirs: plutôt que le concept développé par l’album se contente de s’épanouir sur de beaux artworks, des textes enflammés et des arrangements judicieux, celui déborde largement sur notre temps d’écoute, une charmante (on peut l’imaginer) demoiselle venant blablater une bonne minute en introduction de chacun des morceaux, histoire de nous expliquer de quoi-qu’ça-cause-dans-le-poste. Mais on s’en fout ma bonne dame! Passe la première fois, mais ça devient de plus en plus gonflant au fur et à mesure des écoutes… Et ça ne se zappe pas, le groupe n’ayant pas eu la bonne idée d’isoler ces speechs dans des pistes séparées! Grrrrr… Pour continuer dans les râlouilleries, on dénoncera encore 1) un « The Quantum Barrier Code Interpretation By Mainframe » aux djenteries trop revêches pour qu’on adhère vraiment 2) une tendance a parfois se laisser aller à quelques séances de branlette pas toujours complètement nécessaires. Je rajouterai enfin que le mix laisse parfois un peu à désirer, la guitare restant bizarrement en retrait alors qu’on l’attendrait au premier plan (tiens: pourquoi le solo, à 2:28 sur « X-Karna: Activated », est-il à ce point planqué derrière la basse?).

 

M’enfin la vérité c’est que la découverte d’Amogh Symphony n’en finit pas de me mettre en joie. Côté technique, c’est la fête du slip, notamment du côté de la guitare qui fait des étincelles aussi bien en mode djent qu’en mode plus classic metal/rock, voire lors de fréquentes (et géniales) incursions hispanisantes. La basse est monstrueuse, que ce soit dans les registres « éponge à récurer les tympans » ou « funky baby ». La batterie, tout en finesse et cymbales, contribue à humaniser l'ensemble, afin que celui-ci ne tombe pas dans le « trop d’électro / piano tue le djento ». Et les arrangements, boucles et autres beats ajoutés à la sauce sont vraiment au poil… Le groupe joue beaucoup sur les contrastes, alternant casse-têtes rythmiques et plages zen / lounge reposantes, geysers de gratte épileptique et popotins qui groovent. Je ne tomberai pas dans le piège de la description linéaire, mais je ne résiste pas à l’envie de balancer quelques petits coups de projo. Tiens, à 4:59 sur « Osiris 1 », sur l’excellent mariage transe/djent/piano/basse funky que ne renierait pas Rémi de The Algorithm. Et à 3:36 sur « Polymorphic Infection: Releasing Proteus », quand gratte flamenco et tir d’artillerie djent nous ramonent la voie lactée. Ou sur l'intégralité de LA pépite de l’album, « Decoded – Karnosis », qui démarre sur un merveilleux scintillement (de quoi? de synthé? de guitare-synthé? Ch’sais pô…) et qui livre moults perles mêlant bûcheronnage du futur, funkeries mortelles et électro über-groovy. Rhââââââ!!!!

 

Je vous le disais plus haut: The Quantum Hack Code n’est pas l’album parfait. Certes, certes… Mais bordel que ce qu’il nous livre est frais et excitant!!! Donc, par souci d’objectivité, on va garder la notation dans des zones raisonnables, mais le potentiel de ce groupe est monstrueux! Bref, voilà une galette que vous pouvez d’ores et déjà ranger à côté de ceux d’Animals As Leaders, de The Algorithm et de Sleep Terror sur l’étagère des albums de metal « instrumental, technique et moderne » qui déchirent!

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: la touche du Animals As Leaders de Weightless, plus les frissons électro de The Algorithm, plus les ambiances ciné-SF de Kalisia. Mamma mia!

photo de Cglaume
le 19/06/2012

2 COMMENTAIRES

TheDiggingSquid

TheDiggingSquid le 12/06/2013 à 14:42:34

La demoiselle me gave, c'est insupportable !
Du coup je n'écoute pas l'album, qui parait pourtant bien :/

cglaume

cglaume le 12/06/2013 à 16:17:36

C'est clair que sans son blabla, ce serait vraiment le panard !

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