Atvm - Famine, Putrid and Fucking Endless

Chronique CD album (56:00)

chronique Atvm - Famine, Putrid and Fucking Endless

« Atvm »

Ce pourrait être une onomatopée – une variante du « Achtung ! » teuton par exemple.

Ce pourrait être un nain – il ne lui manque qu’une chuintante pour qu’on lui souhaite « A tes souhaits ».

Ce pourrait être une association – l’Association Tutélaire Val De Marne, 94100 Saint-Maur-des-Fossés.

A l’origine, pour le groupe dont il est ici question, c’était plus vraisemblablement un dieu égyptien.

Mais en l’occurrence c’est surtout un groupe anglais d’Angleterre – de Londres, au bout de l’Eurostar – qui trouve que le Metal extrême est trop cloisonné, et les canons esthétiques qui lui sont associés trop codifiés.

 

Du coup les quatre sujets de Sa Royale Majesté ont décidé de mettre un bon coup de pied dans cette fourmilière jugée trop rigide, tant musicalement que visuellement. D’où cette pochette sentant fort la SF hallucinogène, façon « Champi’ party chez les Humanoïdes Associés », qui pourra également rappeler à certains vieux croutons la BD française des années Pilote (cf. Fred, F’murr, Moebius, Mandryka – z’étiez pas nés, je sais). D’où, également, cette grosse bouillabaisse métallique faite principalement de Death old school aussi mélodique que technique, mais également de Thrash, d’acidité Black, de Prog, de Rock planant – et puis de Doom, tiens, à la fin de « Slud ».

 

… Un menu plutôt alléchant pour tout trublion du gros son qui se respecte.

 

Pour goûter la chose par contre, il vaudra mieux apprécier la 90s touch. Parce que manifestement, pour Atvm, le salut se trouve dans l’étude approfondie des manuscrits anciens. D’où cette prod’ un peu étouffée, aux coins un peu cornés, sans emballage plastique ni javel pour tenir les acariens à distance. D’où ces guitares très typées, ces mélodies familières, et cette impression régulière de croiser de vieilles connaissances – un proto Sepultura au début de « वाघनख [Vagh Nakh] », un Sentenced période Amok lors de quelques breaks, et puis dans le désordre et à des degrés divers d’implication: Edge of Sanity (période Crimson), Morgoth (période Odium), Pestilence (période Spheres), Amorphis, Atheist… Vous avez déjà vu ce genre de photos de classe, vous savez donc à quel genre de zigotos on a affaire.

 

Alors forcément, devant un tel embrouillamini stylistique, et face à ces 7 pistes massives se partageant les 55 minutes que dure l’album, le côté progressif de l’œuvre s’impose comme une évidence. D’autant que les morceaux vivent leur vie bien loin de la structure couplets / refrain / solo / dodo. D’ailleurs certains d’entre eux donnent un peu l’impression de n’être pas beaucoup plus qu’une succession de plans sympas, sans vraiment de liens les uns avec les autres. Ce qui fait que malgré la beauté des décors, les moins concentrés d'entre nous – ceux qui ne peuvent s’empêcher de faire dérouler frénétiquement les publications de leur réseaux sociaux sans jamais y consacrer plus de 10 secondes – risquent parfois de décrocher. Et c’est dommage pour eux tant certains morceaux comme « Sanguinary Floating Orb », « They Crawl », et surtout l’excellent « Picture Of Decay » méritent colliers de fleurs et tableaux d’honneur. Ce dernier, tout particulièrement, enquille les plans sexy et culmine un peu après la barre des 3 minutes sur une alliance Tech’ Thrash / Funk de folie où la basse slappée de Luke Abbott fait vraiment la différence.

 

Alors c'est vrai, bien qu'impressionné par l’ambitieux et foisonnant édifice, l’auditeur pourra être freiné à la marge dans sa poussé d’enthousiasme par ce son un peu vintage et ce côté parfois un peu fouillis. Mais ne vous y trompez pas: l’impression finale laissée par cette puissante bombe atvmique reste néanmoins largement positive (...je ne voulais pas la faire, promis. Mais mon Moi maléfique a fait le forcing).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sept longs morceaux atteignant presque une heure mis bout à bout. Un véritable florilège de genres dont la majorité pataugent dans l'extrême (Death mélo, Death prog, Tech Death, Black, Thrash, Rock...). Une grosse patine old school. Des compos dont émane une sensation de sophistication zarbi particulièrement raccord avec une pochette étrange créée dans une dimension parallèle… Si cette description fragmentaire met en branle votre chaîne auriculaire de production d’endorphine, n’hésitez pas plus longtemps : fondez sur Famine, Putrid and Fucking Endless comme un démarcheur à domicile sur un retraité sans défense.

 

photo de Cglaume
le 23/09/2021

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