Celebrity Sex Scandal - Integral

Chronique CD album (44:50)

chronique Celebrity Sex Scandal - Integral

OK, c'est vrai: le barbecue géant en haut des Twin Towers, le 1-2-3-Soleil sanglant au Bataclan, le son et lumière fatal à Fukushima... Tout ça a fait une sacrée animation dans le petit écran. M'enfin vous, ce qui vous met vraiment la zapette en émoi, ce sont plutôt les scoops croustillants, les bouts de téton volés par des paparazzis audacieux, les histoires de fesses de la comtesse. C'est par exemple apprendre quel est le handicap de Tiger Woods au moment d’attaquer ses 12 trous. C’est savoir si Monica a laissé beaucoup de petit-suisse sur le pantalon de Bill. C’est imaginer la tronche d’un éventuel rejeton de Zahia et Ribéry. C’est élucider ce point resté sans réponse: Lady Dick avait-elle vraiment le levier de vitesse de Dodi bien en main au moment où le zouave de l’Alma lui a tout lâché en pleine tête… Alors si en plus vous êtes fan de Nawak Metal, arrêtez tout: CoreAndCo a trouvé LE groupe qu’il vous faut. Ils s’appellent Celebrity Sex Scandal, sont texans, et ont sorti leur 2e album – Integral – pas plus tard que l’année dernière.

 

Quoique pour être vraiment en phase avec ces loustics, plutôt que d'évoquer les grotesques peoples ci-dessus, j’aurais dû vous parler de DSK. Si... Attendez que je vous explique. C'est que le statut de « Sex Offender » que Dodo se traîne dorénavant – notamment aux States et dans tous les Carlton de la planète – nous rappelle opportunément le 2e album de Polkadot Cadaver, groupe siamois de Dog Fashion Disco que Greg Combs a quitté (DFD, pas P.C.!) après Committed to a Bright Future pour aller fonder le Celebrity Sex Scandal dont on vous parle aujourd’hui…

 

« Ouf…! Un peu tiré par les cheveux ta transition DSK-DFD-CSS dis! »

 

Oui oh bon hein. J’ai déjà dû faire bien pire par le passé....

 

Alors c’est vrai: j'ai complètement loupé la sortie de Derivative, le 1er album du groupe. Et à l’écoute de son petit-frère, je me dis que je ferais sans doute bien d’investir pour rattraper ce honteux retard. Car Integral est un album typique de « Smart Nawak Metal from USA » – sous-genre dans lequel on casera les productions des Polkadot Cadaver, Dog Fashion Disco, Tub Rings, Stolen Babies, Mr Bungle & co, par opposition aux badaboumeries autrement plus grasses des Crotchduster, Psychostick, Something Involving A Monkey et toute la clique… D'ailleurs, à dire vrai le registre de nos zigotos est vraiment TREEEEEEEES proche de celui de Messieurs Todd Smith et Jason Stepp – que Greg a donc côtoyés par le passé, comme on vous le disait plus haut... Suivez quoi!

 

Mais ressemblance n’est pas nuisance, surtout quand le domaine est aussi pétillant, et le résultat aussi concluant. Bon alors certes « Introgalactic » est un peu bordélique, et « Intergalactic Love Song » reste un peu trop du côté revêche de la Force pour abattre complètement nos réticences (Quoique, mmmmmmmh: déjà ça commence à salement miamer!). Mais dès le fabuleux « Trapped By the Speed of Light » – qui mêle ska, SF-eries inspirées, cuivres et Electro en une folle sarabande foraine – on comprend qu’on a ici affaire à du très lourd. Et cette vérité de se voir confirmer morceau après morceau (… même si « Christmyth » est peut-être un peu moins Youpla que la moyenne), les refrains subtilement pernicieux et les breaks ouvertement « Circus » se mariant à merveille avec les ambiances plus spatiales sous lesquelles le groupe a placé le présent opus. D’ailleurs si on devait décrire rapido celui-ci, on parlerait d’un Dog Fashion Disco légèrement redécoré par Tub Ring. Car on y trouve ces ambiances douces amères et pourtant survoltées, ces clowns inquiétants qui nous susurrent de joyeuses ignominies à l’oreille, ces accès violemment Thrash ou brutalement noisy, et ces brusques changements de cap vers un monde où le soleil sourit largement et où les fanfares sont aussi lourdement cuivrées que vivement colorées. Et pour continuer le parallèle avec le Pitbull à facettes de Todd Smith, on signalera que la voix de Justin Osburn est un mix étonnant de celle du Todd en question et de Peter Gabriel… Si si. Le seul problème étant que celle-ci n’est pas toujours aussi facile à percevoir que ce que l’on voudrait, la faute à un mix pas 100% parfait – m’enfin ce job est forcément ingrat quand il s’agit de faire sonner un genre aussi multicouches que la Nawak Metal!

 

Un peu moins facile d’accès que certains de ses confrères – sans doute du fait d’une démarche un brin plus retorse et d’un mixage moins clair –, sur Integral  Celebrity Sex Scandal démontre qu’il a largement autant de potentiel que les illustres formations auxquelles il fait fortement penser. Si les américains réussissent à caler un ou deux tubes irrésistibles sur leur prochain album – histoire de permettre à ceux qui laissent trop vite tomber l’affaire d’avoir immédiatement ce goût de reviens-y qui permet aux autres titres de prendre leur temps pour se dévoiler – nul doute que ceux-ci sortiront définitivement de l’anonymat où ils restent injustement cantonnés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Integral c’est à 85% un Nawak Metal purement Polkadoto-DogFashioDisquien, plus des ambiances spatiales planantes entre Tub Ring et Peter Gabriel, de gros cuivres bien présents et une vraie qualité d’écriture – même s’il faut un peu de temps avant que les compos ne réussissent à véritablement nous choper par le caleçon. Une musique scandaleusement affriolante dans laquelle vous seriez bien inspirés de tremper votre biscuit auriculaire sans modération!

photo de Cglaume
le 26/04/2016

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