City Weezle - N°2

Chronique CD album (55:01)

chronique City Weezle - N°2

En fouillant dans les CoreAndCarchives, vous pourrez constater que la chronique de Lysergik Tea Party – EP apéro sorti en 2013, et dernière manifestation discographique du groupe à ce jour – se termine ainsi:

 

« Lysergik Tea Party nous rappelle que City Weezle est un putain de bon groupe de Fusion Nawak free style – dont on attend donc impatiemment le 2e album (c’est pour cette année!). »

 

Au vu de cette conclusion, il est évident que:

  • on avait sacrément hâte de l’avoir entre les pognes cet album N°2 au titre on ne peut plus approprié! Et pour cause: on est carrément fan du génial Taboo, l’album d’avant.
  • vu qu’aux dernières nouvelles les années font 365 et non pas 2200 jours, ça a dû faire gloups quelque-part dans les plans de Simon – Mr City Weezle. Ou alors c'est qu’on n’avait rien compris au planning prévisionnel du Monsieur.

 

Mais après tout ce temps la voilà enfin de retour, la belette urbaine! Et la miss est toujours aussi taquine. Si si. Regardez donc ce qui se cache sous l’odorante cloche de la pochette:

 

Alors vieux fan, mon ami, j'ai une bonne nouvelle pour toi: malgré cette longue période de diète discographique, City Weezle nous revient quasiment inchangé. On retrouve donc, dans le désordre

1) le chant maboul de Simon, dont les excès ne l’empêchent pas de savoir crooner de manière tout à fait convaincante – on pense d’ailleurs au génial Lou Kelly par moments (sur « Even Weezles Get The Blues » par exemple)

2) cette liberté stylistique totale et joyeuse, déclinée façon Nawak Rock (le groupe mentionne Faith No More, Mr. Bungle, Primus, Zappa ou encore les Melvins dans son discours promo), qui nous a toujours rendu la formation sympathique. L'action de N°2 semble d’ailleurs se dérouler dans la même fête foraine musicale que Taboo tant on y retrouve immédiatement nos marques.

3) Mr Gautier Serre himself (mais si voyons: Igorrr) qui avait autrefois tripatouillé le titre « Taboo » et qui, cette fois, en plus de quelques breakcoreries légères au sein du titre « Cluedo », s’est chargé du mix et du mastering

4) Pedral et Mina de Vladimir Bozar qui reviennent faire les marioles sur « Maestro Mafioso »

C’est autour de 8 titres nouveaux particulièrement dodus, et organisés en une face A européenne et une face B américaine, que tout ce petit monde se retrouve pour un round 2 qui se sera sacrément fait attendre!

 

Youpi pab’douwah: le fils prodigue est reviendu! Et les copinous sont toujours aussi canaillous qu’au bon vieux temps: ça va guincher de la guitare et zébuloner dans les chaumières!

 

« Mouais… alors pourquoi 7,25/10? D’où qu’il boude le lapin? Il s’est fait voler ses bonbons Kréma par un leprechaun ou quoi? »

 

... Arf. Attendez que je vous raconte. Rien de méchant hein, n’ayez crainte. M’enfin bon: ce N°2 en apparence bien sous tous rapports n’a réussi qu’à me demi-moller. Et le viagra de nombreuses écoutes répétées n’a pas suffi à raffermir mes corps caverneux. Serait-ce dû à mon âge de quadragénaire confirmé? Peut-être. Mais pas que. Etudions la chose. Et pour ça sautons 2 lignes (… cette sauterie-là ne nécessitant aucune turgescence sub-nombrilesque).

 

Oh et puis non, n’analysons pas trop en long en large et en travers. Tout de go, voilà pourquoi j’ai l’enthousiasme partiellement en berne: N°2 est globalement plus sinueux et plus accidenté que son grand-frère. Et il dégaine moins de ces moments complètement irrésistibles qui attrapent l’auditeur par le palpitant pour le transformer en fan transi. Par ailleurs ses 8 titres ont tendance à trop s’étirer en longueur, parfois sans justification réelle. C’est notamment sur la face B que tout ce mauvais karma se combine. Notamment sur « She’s a Stomper », morceau hautement accidenté qui hoquète de la saccade et nous rebrousse les poils à force de déhanchements retors. Son « refrain » (guillemets, oui) est certes un peu plus Rock, m’enfin tout autant qu’un dentiste sadique qui aurait enfilé un perfecto au moment de nous chatouiller la molaire avec sa roulette calibre 23. Quant au long « Cluedo » final, s’il badine gentiment et fait quelques cabrioles, il s’éparpille bien trop vite, s’essoufflant sur la longueur, et tortillonnant avec une constance qui interdit aux rares claquements de doigts déclenchés de-ci de-là de nous tatouer un sourire durable sur la trombine…

 

Heureusement, ce joyeux malade de Simon nous remet dans sa poche dès qu’il fait le mariole – et cela arrive souvent! Le final piano-bar hystéro de « Captain Introspective » est de ces moments qui fonctionnent, tout comme « The Underground in Europe » dont une bonne partie n’aurait pas choqué sur un album de Toehider (une mélodie récurrente, typée Queen / « We are the Champions », participe à cette impression). « Crimson Jig » plait également au premier abord – mais ce long instrumental perd de son impact au bout de 9 minutes… Même feeling avec « Eskimo Pie », dont l’abord est franchement « Plus Cool que moi tu meurs », mais qui peine à marquer durablement, notamment parce qu’il dure quasiment 8 minutes. Finalement c’est peut-être le Blues débordant d’un groove paresseux de « Even Weezles Get The Blue » qui convainc le plus. Parce que Ouuuh Yeah quoi…

 

Alors oui, snif: les retrouvailles avec City Weezle ne tiennent pas complètement leurs promesses. Mais il ne faudrait pas que cette semi-déception fassent penser que l’album est mauvais ou inintéressant: loin de là. C’est juste que son impact est moins direct, que sa folie et son accroche sont plus tordues... Et pourquoi pas, après tout: il est ici question de Nawak que diable, donc tous les coups sont permis! Hum, d’ailleurs, en parlant de coups: ça me rappelle que Simon est le frangin de Will Fleury, champion de MMA qui a de noooombreuses victoires à son actif. Et le Simon a mon adresse perso. Comprenez donc qu’il me tient à cœur que vous sachiez que cet album est quand même sacrément bonnard hein. Déconnez-pas: il a des poings comme des enclumes. Et l’air méchant. Je suis sûr qu’il aime le lapin en plus. En civet…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: City Weezle 2: ze retour of the Nawak belette! Toujours aussi foufou, toujours aussi libreuuuh-Max, Simon Fleury s’en revient nous conter 8 péripéties musicales nouvelles qui, sur la forme, ont le grain et le charme du superbe Taboo… Mais qui, sur le fond, sont un peu plus sinueuses – et, conséquemment, un peu moins sexy. Du coup on rhaalovelise moins fort. Mais on rhaalovelise quand même, hein.

 

photo de Cglaume
le 09/12/2020

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