Colosso - Apocalypse

Chronique CD album (20:46)

chronique Colosso - Apocalypse

Colosso… Bon sang mais c’est bien sûr, ça me revient maintenant: un album sorti en 2012, avec Dirk Verbeuren (Megadeth, ex-Devin Townsend Project, ex-Soilwork, ex-Scarve, ex-50000 autres groupes) derrière les fûts. Abrasive Peace qu’elle s’appelait, cette rondelette tranche de Death. Même qu’elle m’avait laissé une bonne impression. Je vous résume vite fait ses 33 minutes en extrayant aux forceps une description de la chronique d’alors: « une imposante machine de guerre, un rouleau compresseur toutefois empreint d'une certaine majesté, et servi par un son hyper dense […] growl puissant […] aura presque mystique […] approche à la fois frontale et de biais ».

 

Eh bien figurez-vous que depuis cette première rencontre, le groupe (Max Tomé au chant et à la guitare, plus ou moins entouré de musiciens selon l’année et l’humeur) a sorti 2 albums et 3 EP – Apocalypse étant le dernier de ces formats courts. Croyez-le ou non: malgré les 8 ans qui séparent nos deux rendez-vous discographiques, la courte description livrée plus haut est toujours particulièrement d’actualité, les compos nouvelles allant toutefois plus loin encore dans la sensation d’écrasement et de puissance. Colosso était un lourd blindé aux impitoyables chenilles: préparez-vous à présent à une catastrophe naturelle de fin des temps servant de bras armé à un dieu vengeur souhaitant impressionner une dernière fois sa création en y mettant un bordel de tous les diables.

 

Apocalypse le bien nommé se décline en 4 titres, un par chevalier de ladite apocalypse. Et histoire de ne pas confondre les uns et les autres, ceux-ci sont vocalement incarnés par 4 vocalistes différents: Max lui-même, mais également 3 autres compères (Guilherme Henriques – Oak & Gaerea – Diogo Santana – Analepsy –  et Sérgio Afonso – Bleeding Display) aux registres également abyssaux. Pourtant c’est moins vocalement que musicalement que l’on distingue les quatre hooligans infernaux, chacun des titres évoquant la fin de la fiesta terrestre selon une approche qui lui est propre. Sur « Pestilence » (qui n’a rien à voir avec ce que proposent les vétérans hollandais), il est question d’accablement, de pesanteur infinie, de masse épaisse et poisseuse. On a l’impression de se trouver face au groupe Solekahn, celui-ci évoluant au milieu de décors prêtés par un Bolt Thrower nihiliste. Le mouvement mélodique est lourd, pendulaire, implacable, et se déroule inexorablement jusqu’au début des hostilités guerrières.

 

La guerre (« War ») selon Colosso est tumultueuse, massive, inévitable, totale. La progression sur le champ de bataille se fait de biais, au milieu de guitares qui débutent les hostilités en griffant et tourmentant, avant que de la suie et la poussière ne naisse un puissant mouvement ascendant qui n’est pas sans évoquer l’espoir, si ce n’est carrément une manifestation divine. De plus en plus immersif, le morceau gagne en mélodie et en faste avant de se terminer sur des saccades granuleuses qui terminent de dévoiler le spectacle de ce gigantesque champ de bataille digne d’Immolation. Puis la trame s’effiloche en laissant l’impression d’avoir assisté à un moment d’anthologie.

 

Seul un moment de relatif répit peut suivre une telle salve. C’est ce qu’offre « Death », son entrée en matière électro-acoustique et son chant clair égrainant un message tel un mantra céleste. Mais ce gant de velours cache une main de fer dont la lourdeur implacable et la dimension légèrement planante rappelle un peu Gojira. Cependant l’apocalypse ne peut se terminer sur un lit de pétales, fussent-ils du plus profond des noirs. C’est donc le rôle de « Famine » de faire surgir à nouveau des visions cyclopéennes, des paysages grandioses et tourmentés percés par une lead fantomatique et des échos cétacés. Finalement c’est piétiné par une rythmique à la fois pachydermique et dévastatrice que l’auditeur se retrouve hagard, pantelant, au bord du précipice ultime. Et bien qu’il se retrouve alors dans une posture somme toute inconfortable, celui-ci ne peut s’empêcher de penser « Whouawh! Putain de bordel mais ça buuuuuuuuuute!!! ». Parce qu’il est comme ça l’être humain: qu’importe la fin du monde si celle-ci peut lui amener une dernière dose de kiff pleine de sensations fortes… Et en la matière, on peut dire que Colosso a fait fort!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Apocalypse, ou “The End of The World” by Colosso, en 4 titres. Ecrasant, titanesque, impérial, cet EP est une impressionnante carte postale de la fin des temps.

 

 

 

photo de Cglaume
le 20/07/2020

3 COMMENTAIRES

Crom

Crom le 20/07/2020 à 11:49:56

Perso, j'ai pas été plus loin que le troisième titre, achevé que j'ai été par le chant clair complétement faux. Le reste manque du minimum syndical de groove qui te fait retenir un morceau à la première écoute ou te dire juste: WOUAH. Bobolt et Immo peuvent pioncer tranquille et vais me refaire un petit "Close To A world Below", au hasard.

cglaume

cglaume le 20/07/2020 à 13:43:04

Ici il ne s'agit clairement pas de groover, mais de se faire écraser comme un moucheron sous la moissonneuse-batteuse de l'Apocalypse

Crom

Crom le 20/07/2020 à 18:26:27

Pour me faire écraser la tronche, je retournerai sur le XIBALBA car là j'ai à peine un arpion d'aplati.

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