Colosso - Abrasive Peace

Colosso - "Abrasive Peace"
chronique Colosso - Abrasive Peace

'Y en a comme ça qui ne s'arrêtent jamais. La journée, ratatatatam!, ils malmènent leurs fûts dans le cadre de leur groupe principal (Soilwork). Le soir, à l'heure où les braves vont dormir, brôôôaam!, ils font crépiter leurs caisses au sein de projets plus personnels (Bent Sea). Et si des potes leur demandent un petit extra, tchakatchakatchaka!, un petit coup de compression d'agenda et les voilà d'attaque derrière leur kit (Devin Townsend, Aborted, One-Way Mirror…). Et puis tiens, voilà-t-y pas qu'un petit groupe portugais (Colosso... On touche au but!) - connu ni d'Eve, ni  d'Adam, ni de Cglaume - vient leur demander de leur prêter main forte et frappe puissante?! Brodobodobom!, ça roule les loulous, on se cale ça sur la pause déjeuner ou sur l'un des week-ends à venir.

 

Bref, vous l'aurez compris: sur Abrasive Peace, premier album de Colosso, on retrouve le serial drummer Dirk Verbeuren, hyper actif bien connu de nos services. Et cette fois-ci, c'est la cause d'un death clinique, massif et puissant que vont servir ses insatiables baguettes. En effet les lusitaniens conçoivent leur musique comme une imposante machine de guerre, un rouleau compresseur toutefois emprunt d'une certaine majesté, et servi par un son hyper dense - ce que de très discrètes et habiles nappes de synthé (il faudrait presque parler de "halo" plutôt que de "nappe", tant ces interventions sont diffuses mais rayonnantes) contribuent parfois à créer. Ce growl puissant, cette aura presque mystique, cette approche à la fois frontale et de biais, tout cela rappelle un Morbid Angel en mode démultiplié, ou encore un mélange de Behemoth et du Napalm Death un peu torturé de Fear, Emptiness, Despair (écoutez-moi la 2e partie de "In Turmoil"). Sur "Demolish To Rebuild", on est en outre saisi par de brusques pointes de vieux Fear Factory, alors qu'à d'autres moments, on pense aux vétérans français de Solekahn. Et au final on comprend sans mal comment l'ami Dirk a pu se laisser convaincre, le groupe faisant preuve d'une grande maturité, aussi bien dans l'écriture et l'interprétation de ses morceaux, que dans sa capacité à proposer un ensemble parfaitement homogène et cohérent, offrant à l'auditeur une véritable expérience de 33 minutes plutôt qu'une simple succession de 8 morceaux efficaces.

 

Démarrant sur un "Anthem to Chaos" dévastateur, Abrasive Peace ne trahit que peu de signes de faiblesse, à part peut-être le temps d'un "Headless Endures" frontal et violent mais sans grosse valeur ajoutée, ou lors du début de "In Turmoil"… Dont la tiédeur sert en fait de faire-valoir à l'explosion libératrice qui surgit vers la marque des 3 minutes. Les au-revoirs se font sur un "Unplugged From The World", grand final occulto-spatial comme on les aime, et notamment doté de ce petit goût de reviens-y qui ne trompe pas. Ainsi, sans forcément révolutionner son monde, Colosso offre avec Abrasive Peace un très bon album de death puissant et ambiancé, parfaitement inscrit dans son époque, qui ravira les amateurs de musique "main de fer dans un gant de… fer!, mais finement ciselé", et qui rajoute un nouveau trophée de choix au palmarès de Dirk - qui décidément ne s'acoquine qu'avec des gens bien!

 

PS: ceux qui ne se contenteront pas de la version digitale gratuite de l'album se verront offrir 3 morceaux supplémentaires: un remix de "Thou Shalt Not Be Benevolent", et les versions démo de "Anthem To Chaos" et "Demolish To Rebuild". 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: un vrai bon album de death puissant, ambiancé et massif, avec en prime la barbiche de Mr Dirk Verbeuren s'agitant derrière les fûts.

photo de Cglaume
le 03/07/2012

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