Conan - Evidence Of Immortality

Chronique CD album

chronique Conan - Evidence Of Immortality

Entrez dans la caverne et oubliez toute allégorie car le trio anglais Conan ne se la joue toujours pas platonicien.

 

En effet depuis leurs débuts, les primates de Liverpool se montrent beaucoup plus cimmériens. La saillie est facile, le bon mot évident mais Conan s’emploie encore et toujours à cracher sa bile et à nous casser les dents.

Remontons alors les couches sédimentaires et grattons la terre pour nous manger un son plus écrasant qu’un mammouth laineux au milieu d’un jardin d’enfant. On peut penser aussi à draguer le fond d’un fleuve dégueulasse à la recherche de bidons remplis de restes humains. Tout un tas d’images bien sympas nous viennent donc à l’esprit en écoutant ce Evidence Of Immortality.

 

Si Dame Fuzz et Mamzelle disto se tapent la part des lionnes, le batteur ingénieux possède toutefois une prod étonnamment très claire créant un contraste saisissant (étranglant) avec une basse de granite. V’là pour les trucs en studio, que chacun jugera au mieux insalubres, au pire maladifs.

 

Et les gars m’ont mis la fièvre pendant des heures.

Je vais vous expliquer comment.

 

Les dix minutes de marche guerrière inexorable que constitue le premier morceau exposent les bourses du monolithe. On ne va pas se poiler dans une taverne hyborienne en matant des cagoles se secouer les jambons, au rythme d’un flûtiaux. Là, c’est l’odeur doucereuse de la bidoche faisandé dans le sellier du gourbi, qui prend le groin.

"Levitation Hoax" sème, ensuite, la terreur. Le rythme binaire s’emballe. Le général hurle les commandements par-dessus le vacarme produit par ses sicaires. On ne comprend pas les ordres donnés mais le ton ne souffre aucune contestation.

"Ritual of Anonymity" enchaîne en un mode bien grassouillet d’un doom à l’ancienne, tanguant entre un groove de percu de ses morts des Royaumes Noirs et des passages de sludge turanien bien tyranniques. Les transitions naturelles, entre l’un et l’autre des deux genres, confère à ce titre un pouvoir terriblement sanglant.

"Equilibrium Of Mankind" revient ensuite aussi au brouet du doom massif syndical. Sur sa fin, le gros ride rejoint l’insalubrité totale d’un Unsane sous intraveineuse d’eau de latrines. C’est dire.

Avec "Righteous Alliance", les charognards se dandinent sur le champ de bataille, le ventre alourdit de venaison humaine. On franchit la limite entre deux mondes, on s’enfonce dans les limbes que constitueront l’ultime morceau instrumental.

Totalement funèbre et baigné d’un orgue vintage, "Grief Sequence" est à déconseiller absolument aux dépressifs. Son crescendo final les fera basculer immanquablement dans le suicide.

 

Plus lourd que le porc, plus méchant que la mort, le dernier Conan oppresse, dissonant et inquiétant. Evidence Of Immortality est album inconfortable, poussant ses propres curseurs de façon abusive.

Une sacrée grosse tartine donc.

photo de Crom-Cruach
le 19/09/2022

12 COMMENTAIRES

Goret du Nord

Goret du Nord le 19/09/2022 à 16:15:54

Conan apporte une pincée de variété et d'épices dans sa plâtrée de clous au goudron... un mets fort savoureux, en attendant le prochain HOF !!!!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/09/2022 à 18:49:14

Je vois que nous avons à faire à un fin gourmet. Tu as écouté l'album de Pike en "solo" ?

el gep

el gep le 19/09/2022 à 18:53:33

Quelle chronique!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/09/2022 à 18:58:46

Merciiiiiii Gepeto ! "Coeur avec les mains".

Goret du Nord

Goret du Nord le 20/09/2022 à 06:55:53

Pas écouté en intégralité Crom, mais ce que j'ai entendu m'a paru un bon cran en dessous d'HOF... À retenter du coup !

Xuaterc

Xuaterc le 20/09/2022 à 07:36:43

Efficace comme un coup de poing entre les deux yeux, puant des d'sous de bras

el gep

el gep le 20/09/2022 à 09:34:16

De rien, t'assures, Cromy: doigts dans le cœur de tes ennemis.

Moland

Moland le 24/09/2022 à 12:23:51

Je viens de les voir pour la 1e fois en live à L'homme Sauvage. Eh bien ma foi, ils collaient idoinement au nom dudit festival. Et avec un son parfait, dans le magma sonore, on distinguait chaque instrument. Génial concert. Du coup, je vais rattraper mon retard avec l'écoute de l'album, plus attentive que la 1e. Belle chronique, camarade. Elle me donne envie de me jeter d'une falaise sans attendre l'invitation de Thulsa Doom à tutoyer l'infini pour prouver que la chair est plus forte que l'acier. 

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 25/09/2022 à 09:37:16

D'autant que seules les lois de l'acier prévalent. Thulsa is a pussy.

Moland

Moland le 27/09/2022 à 10:01:24

Thulsa aurait  mieux fait  d'y réfléchir  lui-même  sur  l'Arbre  du Malheur... Il aurait  sans doute  gardé  sa tête. 

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 27/09/2022 à 18:23:35

Et sa bite (désolé).

Moland

Moland le 27/09/2022 à 20:23:15

Han, on a envahi la Pologne pour moins que ça ! 

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