Crown - The End of All Things

Chronique CD album (45:38)

chronique Crown - The End of All Things

A propos de « The end of all things », album de Crown sorti en 2021, le communiqué de presse avance la comparaison, non sans une certaine dose d’outrecuidance, avec « Kid A » de Radiohead, en cela qu’il représente un tournant stylistique dans sa carrière. L’exploration de nouveaux horizons jusqu’alors inconnus dans sa musique. Osé, le rapprochement, me direz-vous. Assurément. On pourrait en débattre, mais on peut aussi considérer cet album dans sa singularité, et là, force est de constater qu’il offre une foultitude de portes d’entrées sur une non moins foisonnante variété d’influences, de directions et d’ambiances. De notre côté, on pourrait résumer cet opus en le désignant comme le chaînon manquant entre un album de Depeche Mode et un autre de Cult of Luna, avec une escale du côté de Puscifer. De l’electro indus élégant lorgnant vers le romantisme désabusé du gothique, avec, en chemin, des incursions dans les territoires vastes du post rock et du post metal. Un grand écart qui réalise le tour de force de ne pas souffrir d’une élongation ou d’un claquage.

 

Adonc, dès l’entame de l’album, les machines imposent leur présence, avec une certaine classe qui se veut à la fois froide, mais tout autant entraînante. Les guitares se montrent discrètes sans céder de terrain, et le tout soutient une ligne de chant clair posé, à la mélodie empreinte de mélancolie. Dans le même registre, « Extinction » groove avec la désinvolture des dandys décadents. Les lignes de chant se traînent avec le charme proche du timbre d’un Dave Gahan. Une voix claire qui se montre pourtant plus inquiétante sur « Firebearer », sans céder à la rage, malgré l’intervention plus prégnante des guitares. Il faut dire que, au-delà de l’ambiance glaciale que créent ces deux titres, les mélodies imposent une certaine évidence dans leur force de pénétration dans l’esprit de l’auditeur. Il n’est donc pas interdit d’esquisser quelques pas de danse sur des titres comme « Neverland », après avoir enfilé son burnous de vampire des montagnes, ou sur les très pêchus et burnés « Shades » et « Gallow », où les machines s’emballent tandis que les grattes se montrent plus tranchantes.

 

On l’aura compris, « The end of all things » flirte avec les clichés des différents genres qu’il chatouille mais sans jamais tomber dedans. Au contraire, tout en gardant une cohérence de bout en bout, notamment grâce à sa production ultra léchée et l’étendue des mélodies au chant, il excelle dans un exercice de jongle, avec brio. Alors oui, « Illumination » s’aventure sur les terres du post metal, mais en s’affranchissant de la règle des 3L (lourd, lent, long) et en gardant son aspect sidéral. En clair, en y apportant sa propre personnalité. Et toujours, ce sens de la mélodie. Et quand notre duo d’Alsaciens s’offre un featuring, il s’agit d’une invitée de marque en la personne de Karin Park, chanteuse de Arabrot, groupe de gothic pop noise norvégien.  La ballade « Utopia » clôt magistralement l’album dans des élans de chiale pleine d’une dramatique dignité.

photo de Moland Fengkov
le 19/04/2021

3 COMMENTAIRES

papy_cyril

papy_cyril le 19/04/2021 à 12:21:59

Interview bientôt dans no colonnes ;-)

pidji

pidji le 19/04/2021 à 16:21:23

Bah c'est pas mal ça !

dayedayedaye

dayedayedaye le 19/04/2021 à 17:43:12

Merci pour la chronique et belle découverte 😉👍

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