Defeatist - Tyranny Of Decay

Chronique CD album (19:12)

chronique Defeatist - Tyranny Of Decay

Le dernier album en date de Defeatist sera aussi le dernier du groupe, Defeatist a en effet mis un terme à sa carrière débutée en 2005 à New York. Avec ce Tyranny Of Decay, Defeatist nous tend d'outre-tombe un mouchoir de Grind satiné pour sécher nos grosses larmichettes.

 

C'est toujours gênant de poser l'oreille sur un groupe qui vient de splitter, mais on a tous un petit côté nécrophile... donc on s'enfonce doucement dans ce groupe défunt pour y découvrir un Grind Core assez élégant, typiquement Américain et assez "rond". Avec cette ultime sortie, Defeatist ne déversera pas de plomb en fusion dans les conduits auditifs des auditeurs; il y a un aspect quelque peu hygiénique dans cette musique qui barbote entre Brutal Truth (les premiers), Insect Warfare, Captain Cleanoff ou encore Phobia... L'album distille donc un Grind Core poli qui semble vouloir effacer toute la rugosité de ce genre, le résultat est assez particulier, original et agréable à l'oreille... En clair, si Phobia est de la grosse Vodka frelatée qui arrache la trogne, Defeatist est un gentil cocktail qui cache un arôme plus intense planqué derrière le sucre... Voyez-vous?

 

Néanmoins, malgré ce côté rondouillard et lisse, Defeatist réussit à ne pas sombrer dans la guimauve, il a peut-être raboté son Grind mais il l'a épicé de quelques touffes arrachées à d'autres univers. On a souvent la narine chatouillée par quelques relents Power Violence... juste un chouïa de Yacopsae qui vient relever la tambouille, et un nombre incalculable de plans Punk  / Crust aussi primitifs qu'efficaces. Defeatist joue au funambule, toujours en équilibre au dessus de l'abysse de la chiantitude... l'exercice est risqué car la posologie sucrerie / piment doit être méticuleusement respectée. Et c'est chose faite, Tyranny Of Decay tient la route, il reste tout au long des douze titres cohérents, l'harmonie est au rendez-vous. On jongle entre Grind pur jus et des ingrédients nettement plus alambiqués. C'est tortueux sans être torturé; c'est direct sans être soporifique... Bref, un bon croisement entre modernité et classicisme. Une galette qui réconciliera les fans de Blockheads et ceux de Fuck The Facts... voilà ce qui vous attend sur ce disque aimable qui s'amuse – entre deux bourrasques – à tripoter des plans chers au cœur de Trepalium.

 

Une prod' aux petits oignons, une musique efficace, une ambiance sympatoche... Bref, un bon album qui glisse tout seul mais qui n'est pas franchement vital... Un poil trop sage.

photo de Cobra Commander
le 20/02/2012

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