Diapsiquir - A.N.T.I.

Chronique CD album (57:24)

chronique Diapsiquir - A.N.T.I.

Autant être honnête tout de suite: quand j’ai croisé pour la 1ere fois la route de Diapsiquir et que j’ai appris que cette formation blackisante était formée de membres de Kickback et d’Arkhon Infaustus, je n’ai même pas cherché à en savoir plus. Du Street-necro-brutal-blackcore j’imagine…? Non merci, c'est définitivement pas ma came! Et puis tout juste le temps de laisser ce nom s’embourber au fond de la corbeille à déchets mémoriels, je tombai sur une chronique d’A.N.T.I. qui balançait du « Mr Bungle » et du « expérimentations » en veux-tu-en-voilà…

 

*Arf!*

 

Ni une ni deux, reflexe pavlovien aussi prévisible que bas du front: le cglaume se retrouvait bientôt à sauter en parachute sur le skeud en question, sans même savoir de quoi il retournait véritablement…

 

*Ouch, mais ça pique?!!*

 

Bah ouais, ‘faut dire que la bande à Patton et Spruance est quand même à des lieues des rivages Diapsiquiriens. Certes le groupe est bien loin des corpse-painteries qui furent semble-t-il un temps son fonds de commerce, les tristes sires qui composent cette entité ayant à présent fait sauter tout semblant de retenue ou de limitation stylistique. Pour le coup, les intentions sont claires: rien à battre des conventions ni des codes, quitte à choquer les trve-undergroundistes autant que les spectatrices de « Vivement Dimanche ». Ainsi voit-on surgir de purs passages hiphop, du piano, du violon ou encore des voix grotesquement aigues surgir du vomi tiède et goudronneux qui constitue tout de même encore l’essentiel de l’essence d'A.N.T.I.

 

Parce que Diapsiquir reste fidèle à la personnalité profonde de ses géniteurs (en même temps je dis ça sans avoir psychanalysé les zoziaux…), et fusionne chaos noisy, déviance poisseusement maladive et crasse urbaine pour se créer sa propre popote entre punk industriel revanchard, rap psychotique et dark dépressif. A.N.T.I., c’est avant tout l'expression d'émotions extrêmes, entre écœurement, rage et mal être. A.N.T.I., c’est les divagations d’un dandy adepte de Sade vautré dans un caniveau. A.N.T.I., c’est la thérapie de la dernière chance d’un psychotique aux nerfs et à la sexualité à vif. A.N.T.I., c’est l’électro-encéphalogramme d’un junkie plongé dans le coma après avoir été tabassé à mort par un gang mafieux. A.N.T.I., c’est la salle du bar tabac de la rue des Martyrs (remember Pigalle...) investie par une bande de désaxés hésitant entre perpétrer un carnage style Columbine et se suicider par hyper-hémorragie génitale. Rajoutez à cela des textes aux faux airs autobiographiques naviguant entre foutre, drogue et nihilisme, et le pauvre auditeur – dont les oreilles sont déjà salement malmenées – se retrouve renvoyé au rang de vulgaire voyeur, avec tout ce que cela sous-entend d'inconfort et de malaise.

 

*Gasp... Il fait chaud là, non?*

 

Au final il est assez dur de franchement s’enthousiasmer sur cet album qui privilégie le fond (le propos, les ambiances) sur la forme, les morceaux se révélant régulièrement dissonants, bordéliques, voire amusicaux. Et ne comptez pas sur le chant pour vous maintenir sur les rails. Sans même parler du flow rap halluciné qui en rebutera plus d’un – mais qui perso’ ne me gêne pas –, attendez-vous à avoir la moelle épinière qui tressaute au cours de tirades à l’éloquence outrée, de dérapages aigus incontrôlés et de longues jérémiades monocordes de zombie délavé, autant de modes d'expression qui, bien souvent, se foutent royalement de la logique mélodique et rythmique des morceaux. Et malgré ça, comme des hyènes attirées par les restes encore frémissants d’un accident de voitures, on revient vers cet album, hameçonnés par quelques lignes entêtantes (« Quand t’as léché tous les verres et fait chier tout l’monde même tes frèèèères », « Ah ouaiiiiis, la drogue et la violeeence… », …) ainsi que par quelques morceaux qui fonctionnent vraiment bien, tels « Avant » et sa fusion hiphop menaçante, « Kmkz » et son refrain "joyeux" complètement décalé, ou encore « A.M.A.C.C. » son drame conjugal et sa liste de credits énoncée sur fond de scie thrash incisive (bonne idée, bien que déjà exploitée par Kunamaka sur Tales From The Dead).

 

Maintenant quelle note mettre à un album flirtant ainsi avec les limites du désagréable, voire allant carrément jusqu'à nous dégouter, mais qui en même temps exerce sur nous une attraction indéniable, bien qu'à peine avouable? Autant demander à un ultra-catho sincère son état d’esprit alors qu'il découvre une extase insoupçonnée en éjaculant dans un cadavre de chien… Ou demander une analyse froide de la situation à un pacifiste convaincu en train de massacrer la gueule du pervers qui a abusé de ses mômes…

 

*Argh!?*

 

 

 

La chronique, version courte: un manifeste malsain et sans limite – stylistique comme thématique – qui allie rage punk, noirceur métallique, froideur urbaine et folie larvée pour créer chez l’auditeur un étrange mélange de dégoût et d’attirance à peine assumée...

photo de Cglaume
le 07/12/2011

7 COMMENTAIRES

sepulturastaman

sepulturastaman le 07/12/2011 à 19:36:14

Enfin les black-coreux dans la salle du bar tabac de la rue des Martyrs ils la ferment car le patron à un flingue pour les ingénus de leur espèce.

cglaume

cglaume le 07/12/2011 à 22:29:02

Ils la ferment et à la place ils s'organisent une petite tournante / bukake pour donner à boire à la vieille clocharde à la gueule défoncée ... C'est bien ça ?

sepulturastaman

sepulturastaman le 08/12/2011 à 06:56:52

Nan y dégagent, se jettent sur la porte en verre.

bernard

bernard le 09/12/2011 à 14:05:30

Nul, sans âme, gros foutoir qui se prend au serieux. C'est pas noir, c'est pas reussi c'est pas original !

mouais

mouais le 12/01/2012 à 20:59:26

Effectivement, c'est bien nul, a trop vouloir choquer pour choquer, on ennuie. Seule chose "marrante", y a des passages ou la voix on croirait presqe king ju de stupeflip.
Sinon ca ressemble à rien. Si je veux me balancer un cd vraiment sombre et nihiliste je me balance "mon cerveau dans ma bouche" et "l'enfer tiède" de Programme, au moins la ca donne pas dans l'outrance gratuite, c'est dissonant et bizarre, mais ca rend.

el gep

el gep le 13/01/2012 à 02:16:27

Je trouve ça pas mal. C'est personnel. Il y a tellement, mais tellement d'autres groupes soit-disant respectables qui mériteraient bien plus votre mépris... Enfin bon.
Quant au côté "sombre" et "nihiliste" supposé, je trouve ça quand-même plus drôle qu'autre chose, dans la catégorie grinçante, cela dit...

coussin-grogneur

coussin-grogneur le 29/01/2012 à 10:57:25

Enorme. Encore meilleur que Virus STN.
L'album de l'année 2011.

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