Dirty Loops - Phoenix

Chronique Maxi-cd / EP (30:02)

chronique Dirty Loops - Phoenix

Quoi, du Dirty Loops sur CoreAndCo?

 

« Mais c’est de la Funk d’ascenseur calibrée pour Taratata ton truc! » (Copyright @Olivier D.) 

« Dis, ton chanteur-tête à claques là, c’est la version masculine de Mariah Carey! Sans dec’, comment tu supportes ça?  » (Copyright @Arno S.)

 

Alors c’est sûr, il vaut mieux enlever son T-shirt GG Allin, cacher sous un méli-mélo de bracelets brésiliens le pass Obscene Extreme pendouillant à son poignet, et troquer sa casquette Blasphemy contre un bob Marc Toesca si l’on ne veut pas laisser un certain état d’esprit négatif troller sa perception de ce fabuleux trio suédois. Car sur Phoenix il est plus question des mondes merveilleux de Stevie Wonder et Michael Jackson (Dirty Loops fait d’ailleurs partie des rares élus épaulés par la structure Quincy Jones Music Management) que du caniveau cradingue de Diapsiquir, du squat miteux de Discharge, ou même du pub d’Iron Maiden.

 

… Mais merde, à chaque fois que, jouant des coudes entre le dernier Hellripper et le nouveau Puteraeon, cet EP 5 titres jaillit de mes écouteurs, c’est systématique: mon entourage, consterné, observe un lapin épileptique parcouru de mouvements convulsifs, hochant la tête comme un bidibulle sauvage, balançant le torse de gauche à droite et inversement, ondulant des épaules comme un Bruno Mars en pantoufles, esquissant un moonwalk, arborant les yeux fermés et le nez froncé du hardeur à 2 doigts (… où ça?) de l’éjac’ faciale.

 

« Euuuh… Tu veux un peu d’eau fraîche chéri? Non? T’es sûr? »

 

Bordel je kiiiife ces petits prodiges!!! Cette basse omnisciente, ce groove de malade, ce mélange paroxystique de Funk, de Pop, de Soul, de Jazz et de Disco: c’est Noël dans les oreilles, en 24/7. Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’impression de tomber sur des titres ayant la trempe des plus grands classiques de la « Pop » (au sens du « King of Pop »). Quand parfois – très rarement – cela arrive, on ajoute ceux-ci sur la playlist familiale, sans forcément en faire des caisses. Mais là, Ouawh! Pour tout vous dire l’arrivée de Phoenix me donne l'impression de vivre ce que je n’ai évidemment pas pu connaître à l’époque: la découverte en mode I-was-there d’un monument comme Thriller. Parce que si les moyens mis en œuvre ne sont sans doute pas les mêmes (quoique le son de ces 5 titres est E-NORME), le résultat – sur moi du moins – n’en est pas très éloigné. Je suis superlatif, oui, je sais, et je vous emm… mène avec moi dans cette aventure.

 

Il faudrait normalement passer le temps nécessaire pour présenter de manière convenable le trio suédois – parler des études qui ont permis à ces 3 zicos de se rencontrer, de leur tournée en première partie de Maroon 5, et patati, et tralala. Mais je préfère vous plonger la tête la première dans leur musique. Après tout il n’y a que 5 morceaux, et c’est bien là que les frissons naissent. Premier sur la ligne de départ se trouve « Rock You » (que je soupçonne le groupe de parfois prononcer « Fuck You », si si, ce n’est pas tout le temps clair). Après trente secondes de simagrées vocales un peu excessives qui voient Jonah Nilsson minauder comme une diva américaine, BAM: la batterie et une basse MON-STRU-EUSE propulsent l’auditeur dans une transe funky frénétique. La rythmique, le phrasé, un sens aiguisé de la pause et de la relance, les cuivres en support, la jouissance manifeste des loustics à communier dans la joie et le Groove tout puissant… Tout contribue à créer un climat proche de l’orgasme auriculaire. Et c’est peu dire qu’il faut attendre la fin du morceau pour que, au niveau des avant-bras, le système pileux revienne à la normale après 4 minutes de garde-à-vous non-stop. Et de une première tuerie réussissant à faire clignoter le néon « classique intemporel »!

 

Il faut toujours une pause entre deux câlins, pour recharger les batteries. C’est là le rôle de « Work Shit Out », dont les cordes stridulantes et l’ambiance légèrement tribale donne l’impression d’une incursion matinale dans une jungle amicale... à la Disney? Oui, si vous voulez. Mais au bout d’une petite minute, la basse et les doigts se remettent à claquer. Ainsi confortablement campé sur ses fondations, le morceau redevient écrin végétal – duveteux mais néanmoins vitaminé –, un écrin au sein duquel le groupe va pouvoir exprimer son côté le plus jazzy, ce qui entre autres implique les traditionnels solos / impros au clavier et à la batterie. Je lirais ces lignes sans savoir de quoi il s’agit, je ne trouverais pas forcément la chose ragoutante. Et pourtant on pourrait se permettre ici un parallèle avec les formidable Snarky Puppy... Je vous le dis: ‘y a du level les amis!

 

Ça y est, les batteries sont rechargées? Ça tombe bien le deuxième câlin va être intense! « Next To You » – le morceau qui ma hameçonné à l’origine – est un ravissement perpétuellement renouvelé. Adoptant tout d’abord la démarche à la fois sensuelle et sournoise du gros matou qui veut se laisser désirer – un petit côté du « Chat » de Pow woW, mais en mille fois plus classe –, le morceau décolle bien vite dans des cieux éclairés par des chants Gospel plantureux mais non-envahissants. Et c’est ainsi que, pendant plus de 8 minutes, l’auditeur vit une apothéose d’euphorie musicale et de lumière blanche, dans un paradis Soul’n’Funk sis entre le Neverland de Michael Jackson (mais sans les tripatouillages pédophiles) et les feel-good songs les plus chaudes des B.O. Disney. On plane tellement haut que le morceau s'en colorerait presque d'une dimension religieuse.

 

« World On Fire » commence dans une brume de synthé ambiant so 80s – on se croirait dans un morceau de Georges Michael, ou dans une version soft de « Dirty Diana ». Puis rapidement on se retrouve secoué par des cuivres et un rythme complètement irrésistibles. Ça pulse, ça trépide, ça caresse le cœur dans le sens du bonheur, et ça laisse sa revanche à Henrik Linder (le bassiste) qui, jusque-là, n’avait pas eu le droit de placer son petit solo, lui.

 

Mais dites-moi, ne manquerait-il pas le fameux morceau 100% roudoudou que tout groupe de cette trempe se doit de composer pour faire fondre les groupies du premier rang? Eh bien si, et justement voici « Breakdown », piste toute désignée pour concentrer le mépris du métalleux ouvrant – enfin – les yeux sur la dimension hautement putassière de cet odieux groupe de vendus. Oui, sauf que non, pas du tout. Le charme opère jusqu’au fin fond d’un tel titre. Petite merveille de Soul qui part des tripes du groupe et va frapper en plein dans celles de l’auditeur, ce point final de 5 minutes monte vers un putain de refrain qui, une fois encore, fait plisser les yeux pour mieux ressentir les picotements jusqu’au bout des terminaisons nerveuses. Jonah Nilsson, quoiqu’on puisse penser du gugusse, s’y avère impérial et – effectivement – plus que digne de représenter la maison Quincy Jones.

 

Alors oui, blablabla, gnagnagna, Dirty Loops pourrait tout à fait jouer sur le plateau d’un Michel Drucker entre A-Ha et Whitney Houston. N’empêche: Phoenix déclenche chez moi vagues de frissons et séances de chair de poule jours après jours, depuis des semaines, sans que l’effet ne semble vouloir diminuer. Et vous voudriez que je joue les corbeaux blasés à la plume punitive?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: mélangeant Funk, Pop, Soul, Jazz, Gospel, Disco et j’en passe, Phoenix est un EP 5 titres dont l’exceptionnel contenu justifie l’inscription du nom de Dirty Loops au panthéon des légendes immortelles, aux côtés de Michael Jackson et Stevie Wonder. J’exagère? Je plane complètement? Si c’est le cas je vous souhaite sincèrement de pouvoir venir me rejoindre dans ce monde merveilleux pas du tout artificiel…

 

 

photo de Cglaume
le 19/12/2020

3 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 19/12/2020 à 12:21:59

D'après des sources vérifiées, il semblerait que, je cite : "...les mecs de Dirty Loops sont des bons bonnards de funkistes, jazzys et fans de pop !". Je pose ça là, au cas où ce soit non avéré. (Je n'ai eu cette info que ce matin)
😜

cglaume

cglaume le 19/12/2020 à 14:48:36

Ah merde !!! Je demande à Pidji de virer cette chro du coup ! :P :D

Seisachtheion

Seisachtheion le 19/12/2020 à 20:25:37

Belle sortie de route !
Pense par contre à revenir sur le droit chemin... ;) 

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • Winteriip II - Metal Hardcore Festival à Tours le samedi 18 Décembre 2021

HASARDandCO

Russkaja - Energia!
A Life Once Lost - Hunter