Empyrios - Zion

Empyrios - "Zion"
chronique Empyrios - Zion

« They want to be Iron (Maiden),

Like heavy/djent Lions

With Zion »

 

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas commencé une chronique par du Bob Marley tiens! Pourtant il y aurait de quoi s'adonner à cette pratique plus souvent vu qu'on a un Sepulturastaman dans la team, ainsi que de la bonne fusion metal/reggae (Bad Brains, Ninjaspy...) en base. Alors allez hop, on sort le bédo, on se laisse pousser les dreads, on ferme les yeux et on fait du dos crawlé avec les bras tout en sautillant d’un pied sur l’autre…

 

Quoique tout compte fait, cette chorégraphie colle assez mal à la musique proposée par les italiens d’Empyrios (quel nom!). Car ces musiciens aguerris – bien que pas forcément connus de nos services – pratiquent une mixture de heavy prog et de cyber-djent particulièrement affutée qui a plus à voir avec l’atmosphère austère et concentrée d’une salle de greffes de prothèses bioniques qu’avec la décontraction légère d’une Taboulé Party sur une plage de Kingston.

 

Aguerris, oui, les membres d’Empyrios le sont. C’est que, formé en 2001, le groupe sort avec Zion son 3e album, ceci après que ses membres aient traîné entre autre avec Gory Blister ou Mnemic, quand ils ne tournaient pas en compagnie de Symphony X. Eh ouais, pas des bleu-bites nos amis transalpins. Et ça s’entend nom de Zeus! C’est que cet album est vraiment brillant, les morceaux puissants et mélodiques, le son énorme. C’est simple: on a régulièrement l’impression d’écouter un side-project de membres de Nevermore et Into Eternity qui livreraient leur vision personnelle des répertoires de Meshuggah et Textures en y ajoutant une touche légèrement électro. Sacré programme non?

 

En fait, c’est peut-être ce mélange stylistique trop conjoncturellement parfait qui pourrait s'avérer susceptible de refreiner un brin notre enthousiasme. Le groupe voudrait-il cibler au plus près son public en fonction de l’air du temps qu’il ne s’y prendrait pas autrement: un chant heavy prog excellent permettant de brasser large lors de refrains accrocheurs à souhait, un peu de growl-core pour donner le change et s’acheter une crédibilité, des saccades djenteuses tranchantes mais pas rebutantes, de l’électro pour être à la page – mais pas trop non plus, histoire de ne pas froisser les puristes… Et puis tiens, une petite poussée de dubstep à la fin de « Masters » (pas trop prononcée hein, comme s’ils n’assumaient pas à 100%). Et puis une giclounette de metalcore moshy et musclé sur « Unplugged », afin de donner des gages au public américain.

 

...Mouais, ça brasse large dites-donc!

 

Mais à vrai dire, bien que le chapitre précédent pourrait à juste titre nous pousser à lâcher le terme « opportunisme » en même temps que les chiens aux trousses des « un-trves » de service, il n’en sera rien. Tout simplement parce que Zion – bien qu’un poil long – est vraiment TRES bon. Certes la recette est appliquée de manière assez systématique – saccades-trampolines millimétrées, refrains épiques yeux au ciel, soli hyper léchés – mais bordel: elle marche sacrément bien! Le trio de tête « Nescience », « Domino » et « Masters » – qui tour à tour vous relève le poil, le sectionne net puis vous finit au défoliant – en est la preuve la plus évidente. Et quel bonheur que de s’abandonner aux refrains de « Masters » (encore lui !) ou « Renovation » (...entre autres)! Les fans de metal moderne de qualité, des productions Klonosphere ou encore de prog musclé ouvert aux nouvelles possibilités offertes par le XXIe siècle vont se régaler, pas de doute là-dessus!

 

On savait l’Italie capable de s’illustrer avec brio dans le metal progressif léché (Eldritch, Novembre, Ephel Duath), mais on ne l’avait pas encore tellement entendu dans le domaine du metal moderne djenteux. Avec Empyrios, cette lacune est brillamment résorbée. ForZion Italia!

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Zion propose une superbe synthèse entre les mondes de Nevermore et de Textures, la touche cyber-crouïïïc-bzzzrrt en plus. De la belle œuvre, vraiment.

photo de Cglaume
le 12/06/2013

1 COMMENTAIRE

Droom

Droom le 13/06/2013 à 08:41:37

Oui, oui et oui !
Cet album est une tuerie qui coiffe au poteau un sacré paquet de formations misant sur les rythmes plutôt que sur les riffs.
Nevermore, Textures, Mnemic, Sybreed &co ont un nouveau petit frère.

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