Godspeed You! Black Emperor - Allelujah ! Don't Bend ! Ascend !

Chronique CD album (54:00)

chronique Godspeed You! Black Emperor - Allelujah ! Don't Bend ! Ascend !

Allez savoir pourquoi, mais le début de parcours avec ce disque commence mal. Déjà, je le nomme sans cesse Don’t Ascend ! – Ne vous relevez pas ! – un truc du genre ; alors que le titre propose quelque chose comme – ne pliez pas, relevez-vous - . Un départ sur un malentendu, semblable au disque d’ailleurs. C’est étrange.

Godspeed You! Black Emperor, suscite une réelle attraction parce que la formation montréalaise, n’a pas publiée de disques depuis 10 ans, parce que l’on se demande aussi ce que les fédérateurs du mouvement post-rock peuvent apporter en 2012. Parce que nous sommes aussi dans une époque, qui pourrait être une époque de transition, de passage de témoins.  À l’heure où les héros d’hier deviennent les classiques d’aujourd’hui… « Nos Beatles à nous »… et que dans ces sillages, on les voit tous courir avec plus ou moins de réussites… les Dinosaur Jr, Offspring, Green Day, Primus,…  pour assurer la pérennité. Y’a pas de raisons que dans les rayons ciblés pour les gens difficiles, cela ne soit pas de même.
Dans le cas de GY !BE, c’est peut-être inattendu, le duo de têtes pensantes n’étant pas enclin à verser dans le marchandage pour exister. Leurs productions antérieures suffisent amplement. Et si c’était bêtement, un plaisir de musicien ? On a des choses qui nous plaisent, on sort un disque.  Remarquez que je ne dis pas – assez de matières – j’y reviens tout de suite.

 

Allelujah ! Dont bend ! Ascend ! se décline en quatre périodes dont 2 de vingt minutes. À ce jeu-là «Mladic » emporte tout sur son passage. Le titre devrait être porté sur toutes les plateformes dans toutes les formes et découpages possibles. Imparable et familier pour qui connaît l’univers des French Canadians, un classique à lui tout seul ! Hollywood cherche une dizaine de films indés pour le placer en haute rotation. C’est mérité, tant ce premier long titre s’apparente à un symbole. Un symbole pour la musique actuelle, pour la musique instrumentale un rien possédée.  Un symbole pour le genre post-rock. Souvenez-vous de l’effet « Cody » de Mogwai. Là c’est en version grand écran !

En deuxième titre, « Their Helicopters’Sing » n’apporte pas du tout le même confort. Pédales bien calées, tout en souffle et cordes, ce drone mollasson arrive à peine à remplir sa mission de remplissage, pire on s’ennuie dès la deuxième écoute.  « We drift like worried fire » aborde les mêmes atouts que « Madlic », sans surprises. Ça passe tout seul à l’écoute, on oublie les vingt minutes, perdu dans nos pensées. Un riff en particulier se veut entêtant mais n’atteint pas son but. La composition est d’une belle tenue, certes mais sans éclats. « Strung like lights at thee printemps Erable » est le second morceau drone qui clôture l’album sur la pointe des pieds.
voilà pour un bref tour d’horizon du nouvel album-événement du groupe culte ( ?) Godspeed You! Black Emperor... S’il ne fallait que résumer ce nouveau GY !BE à la musique, et l’impression qu’elle dégage.

 

Alors, bien sûr, l’événement, c’est la sortie du disque en lui-même, des annonces de concerts et un engagement non feint du groupe par rapport aux événements sociaux de son pays. Le bruit des casseroles qui accompagnent la fin de « Madlic » proviennent de la rue dans laquelle ils étaient  auprès des étudiants à clamer la corruption stagnante de leur province, à dénoncer un nationalisme facile et récupérateur. « Madlic » fait référence à  Ratko Madlic – criminel serbe arrêté le 26 Mai 2011, après 15 ans de cavale. Les casseroles, c’est pour tout le monde !

 L’engagement perdure et malgré leurs multiples aventures, la flamme Godspeed vacille toujours et illumine toujours une autre manière de propager la colère, les tensions et une certaine fatalité. La réactivation après 10 ans d’une pause –semble-t-il salutaire – ne parviens pas ; titre par titre ; à suscité l’enthousiasme espéré mais- et c’est là le tour de force – l’ensemble s’écoute avec une saveur familière, une saveur sans promesses, une saveur juste,  parsemée de poussières magiques.

photo de Eric D-Toorop
le 29/10/2012

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Geoffrey Fatbastard

Geoffrey Fatbastard le 07/01/2014 à 02:01:20

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