Hacktivist - Outside the Box

Chronique CD album (40:19)

chronique Hacktivist - Outside the Box

Vous avez sans doute déjà vu – dans des documentaires pré-Charles Lindbergh, ou à l’occasion de tremplins pour jeunes inventeurs barjots – ces vidéos sur lesquelles d’improbables objets plus ou moins volants effectuent un début de décollage tout à fait respectable, avant de s’écraser comme des merdes en bout de piste. Non? Farfouillez donc un peu sur le net pour voir… Ou alors immergez-vous dans le premier EP des jeunes Anglais d’Hacktivist, avant d’embrayer sur leur 1er vrai album, Outside The Box. Le parallèle est bluffant: un début convainquant, impressionnant même, puis blam!, atterrissage les gencives dans les pâquerettes. Non c’est vrai: autant lors de la réception de leur EP je m’étais préparé à leur tailler un bon vieux costard des familles pour au final m’avouer favorablement impressionné, autant j’accueillais Outside The Box avec bienveillance sans m’attendre à une déconvenue aussi cinglante.

 

Mais commençons si vous le voulez bien par le commencement. Hacktivist pratique un mélange opportun de Djent et de HipHop (opportun au vu des grandes tendances établies auprès d’un panel représentatif d’heureux possesseurs de carnets de correspondance). Le Djent en question s’avère être une version ultra-simplifiée de l’approche atmosphérique et mélodique de Textures, celle-ci se voyant greffer une lead miroitante basique et un clavier aussi synthétique que clinquant. De son côté la composante Rap est de celles qu'anime la hargne acnéique de jeunes apprentis Eminem n’ayant pas peur d'abandonner régulièrement leurs invectives « Ta-mère style » pour entonner des complaintes lors desquelles d’amères larmes sont versées tantôt sur un paquet de BN perdu, tantôt sur un monte-dans-ta-chambre-privé-de-Facebook. Et malgré l'effort de mise à niveau requis pour que le vieux chroniqueur que je suis réussisse à bien goûter le sel de la chose, c’est sans doute ce dernier aspect – la couche gnangnan rose-plaintive – qui fait définitivement se crasher le vaisseau Hacktivist, ces chougneries étant relativement peu raccord avec la débauche d’adrénaline attendue d’un album de Metal arrosé de Hip-Hop.

 

Allez, brossons tout de même un tableau rapide de cette descente dans les abymes de la salle de colle: c’est sur un premier featuring (… premier d’une série de 4: yo gros, ‘y a plein de bro’ dans le posse!) que démarre l’album. Sauf qu'« Our Time » se révèle vite n’être qu’une minute de discours typé « On est dans la place, on n’est pas des bolos, on va s’batt’ », suivi d’une plage instrumentale de mise en jambe gentiment « modern ». Puis on se fait agresser direct’ par du synthé bidon sur un « Hate » qui peine à faire émerger un refrain potable d'un mélange de flow râpeux et de ce genre de mosh parts caricaturales Je-balance-une-saccade-tous-les-3-beats que les réfractaires au genre ne se privent pas de brocarder sur Youtube. Mais ce n’est que sur « Taken » que l’irrémédiable plongée dans le chamallow s’amorce (arf c’est quoi cette parenthèse bisou-bisou à 3:10?). Ce funeste engluement atteindra son summum sur un « Outside The Box » (le morceau-titre putain, les gars!) affichant un couillomètre résolument bloqué sur 0, puis sur « The Storm II », dernier morceau mollement guimauve et – vérifions bien nos dires sur la photo prise au finish... Oui: – tout moisi.

 

Certes me direz-vous, je passe beaucoup de titres sous silence. C’est vrai. Alors que 2 morceaux se détachent pourtant méchamment du lot: « Elevate », le tube de l’album, qui magnifie son propos à l’aide d’une dramatisation adroite de la trame narrativo-musicale, et « Buszy », qui tape adroitement dans le côté Textures de la Force. Le problème c’est que le premier de ces morceaux est déjà celui qui transfigurait l'opus précédent, et que ça va bien de porter un EP à bout de bras, mais on ne va pas nous refaire le coup avec le même titre sur tout un album quand même non? « Buszy » au moins est un titre nouveau, mais: 1) il est déjà un niveau au-dessous 2) il nous abandonne sur une vieille mosh-part classique à rallonge alors qu’il aurait été bien plus judicieux de nous re-balancer une dernière fois sa belle mélodie accrocheuse.

Zigzagant entre ces hauts et ces bas, la tracklist abrite encore de l’interlude moelleux inutile (« The Storm »), des titres qui brassent les ingrédients de base sans réussir à faire décoller la sauce (« No Way Back », « Deceive and Defy »…), ainsi que de la pure tranche de Rap Yo-Ta-Reum-à-mort qui ne devrait pas beaucoup raffermir la nouille des lecteurs de ce ‘zine (« Rotten ») – Mesdames, je vous laisse translater cette expression imagée vers les attributs anatomiques de votre choix.

 

Le bilan n’est donc pas super folichon: sur 10 titres, seuls 2 réussissent à tirer quelque-chose de la tambouille Djent/Rap, le meilleur de ces 2 rares élus ayant déjà donné tout ce qu’il avait dans le ventre lors de l’EP précédent. Alors quand la sortie d’un 1er album est l’occasion de constater que le meilleur de ce dont est capable le groupe fait déjà parti de son passé, quelle sont les options possibles pour finir une chronique? Mmmhhhh? Voilà, c’est ça: vous pouvez Hacktiver la chasse d’eau…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: sur son premier EP, Hacktivist avait réussi l’exploit de nous retourner comme une crêpe avec son mélange Djent/Rap, ceci notamment grâce au superbe « Elevate ». Avec Outside The Box, le groupe réalise un exploit de même envergure, mais inverse: on s’attendait à une bonne grosse claque confirmant le statut du groupe, alors qu’au final on se tartine 10 titres de Roudoudou Eminem Djent dont le meilleur titre est issu de l’EP précédent. Dans le genre gros gâchis…

photo de Cglaume
le 31/03/2016

1 COMMENTAIRE

mcmetal

mcmetal le 31/03/2016 à 10:24:09

idem , dvsr dans le style est 100 fois mieux

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