Illdisposed - Grey Sky over Black Town

Chronique CD album (56:57)

chronique Illdisposed - Grey Sky over Black Town

Ah le joli mois de mai! Les panzers fleurissent à nouveau sur les balcons, les arbres se recouvrent de riffs Black/Death flamboyants, les jeunes nuques se courbent à nouveau sous le souffle puissant de mosh parts vivifiantes, de beaux parterres de blasts s’épanouissent enfin dans les verts jardins… Ça sent l’amour, le soleil, le barbeq’ et le gros Death guerrier! Du coup rien d’étonnant à ce que Bo Summer, Jakob Hansen et leur copains indisposés débarquent pour nous offrir leur 14e bouquet de douces mandales growlées…

 

Et cela fait d’autant plus plaisir que – bien qu’ils donnent plus que jamais l’impression d’avoir le bourdon avec cette pochette et ce titre de Tranxènomanes en grave état de manque – les bougres nous reviennent avec une bonne grosse patate! Il semblerait que cela leur réussisse tout particulièrement d’avoir atteint l’âge respectable (pour un groupe, petit con!) de 25 ans, parce que ce Grey Sky Over Black Town est tout particulièrement juteux – et en tous cas bien meilleur que l’un peu décevant With the Lost Souls on Our Side. Alors non, la recette de ces AC/DC du gros Death qui laisse des traces n’a pas changé des masses. Toujours cette encolure d’auroch sur-dopé, toujours ces giboulées de blast (qui pour autant sont loin de s’accaparer tout l’espace rythmique), toujours ces avancées magnifiques et imposantes, toujours ce groove à dévaster un Deahtfloor, toujours ces mélodies qui piquent droit au cœur. Bref: l’assurance renouvelée de passer 43 minutes de bonheur subtilement bovin autant que délicatement guerrier. Ou plutôt 57 minutes d’ailleurs, puisque vous ne manquerez pas d’acheter le digipack qui contient 3 bonus qui ne sont pas, comme c’est trop souvent le cas, de la raclure de fond de studio pas cuite. Car « I’ve Been On My Own » est très représentatif et tout à fait bien balancé, « It’s Almost Night » possède un groove de malade – et se paie le luxe d’être meilleur que certains des 10 morceaux constituant le noyau de cette nouvelle livraison –, et « This is The Ride » est certes moins bandant... Sauf qu’il recèle une bonne petite mélodie Black/Death pas cradingue.

 

Mais qu’est-ce que je fais, moi? Je commence à vous parler des internes du truc en évoquant les morceaux bonus… N’importe quoi! D’autant qu’il y a déjà largement de quoi faire avec le corps de l’album, qui comme d’habitude balance entre claques guerrières et voyages épiques, entre mélodies piochant dans le répertoire Melodeath des voisins Suédois et froides éclaircies inspirées de l’œuvre de son Altesse Dissection. C’est d’ailleurs quand ils tapent dans ce répertoire Black/Death que, cette fois du moins, les Danois produisent leurs meilleurs titres, le superbe « My Flesh Is Sealed » et le conclusif « From The Rain » étant parmi ce que Grey Sky Over Black Town a de mieux à proposer. Dans l’élite de cette tracklist, il faut néanmoins également compter « Again » – que vous avez déjà pu découvrir en ligne puisque c’est le titre que le groupe a révélé en premier –, « Setting Sail » fort de son héritage Melodeath, de son groove, de ses grosses soufflantes et de son break déboite-nuque à la Cannibal Corpse (hop, à 1:33), ainsi que « Your Darkest Son » qui ferait headbanguer même un otage fraîchement décapité.

 

M’enfin comme on vous aime comme des frères et sœurs (... on vous le disait au début: ça sent l’amour les amis!), on ne va pas essayer de vous masquer la vérité: Grey Sky Over Black Town n’a pas su éviter quelque travers qui l’empêchent de viser aussi haut que les classiques du groupe. C’est ainsi que « The After All » s'avère par exemple avoir le sex-appeal d’un bout de caoutchouc fondu et le dynamisme d’une sieste entravée par une digestion douloureuse. De leur côté certains morceaux, comme « You're an Angel of the Light » ou « In Light of the Moon », ne sont que des demi-réussites, leurs qualités étant par trop diluées dans une certaine platitude routinière. Mince alors: proposer des morceaux en demi-teinte est d’autant moins excusable que les bonus « I’ve Been On My Own » et « It’s Almost Night » auraient pu les remplacer avantageusement!

 

Même si – on a du mal à s'en empêcher – on arrive encore à reprocher quelques broutilles à ce nouvel album, cela fait drôlement plaisir de voir les Danois capables de balancer une galette aussi appétissante après un quart de siècle à sulfater son auditoire. Du coup on aimerait bien les voir enfin sur une scène près de chez nous, parce que ça fait un bail que ce n’est pas arrivé. Allez messieurs, on dit que vous foulez une scène parisienne avant Noël, ok? Cochon qui s'en dédit! M’enfin comme d’hab’, comme dit l’adage: « Les fans proposent, Illdisposed »

(… non parce que je voulais la faire depuis un moment celle-là!)

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: Ils ont beau avoir 25 ans de gros Death dans les pattes, les « papys » de Illdisposed reviennent avec  un Grey Sky Over Black Town qui soigne notre migraine à l'obus de 75, et qui fait bien vite oublier l’impression plus que mitigée que nous avait laissé With the Lost Souls on Our Side.

photo de Cglaume
le 24/05/2016

2 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 11/06/2016 à 10:49:00

« Les fans proposent, Illdisposed »
Haha ! Elle est bien bonne !

Sinon j'ai eu un peu de mal à rentrer dans cet album quand même. Je trouve le groupe un peu "patraque" depuis deux albums. Je ne retrouve plus le même groove d'antan (hormis "Setting sail" qui montre que le groupe a encore quelques restes...(et encore)).
Bref, j'vais enfin pouvoir caler ma phrase de vieux con : "c'était mieux avant Illdisposed !"

cglaume

cglaume le 11/06/2016 à 13:08:44

Cet album n'est pas un nouveau "milestone". Mais c'est du haut du panier dans la tranche "average" (... qu'est-ce que j'ai à coller des anglicismes partout moi ?)

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