Imparfait - TELEMA

Chronique CD album (42:24)

chronique Imparfait - TELEMA

Imparfait débarque sur CoreAndCo.

Quelques informations avant de lancer les hostilités: formé en 2015, le groupe sort son premier E.P Mécanique Des Foules en 2017, enchaîne avec un 2ème Erreur 404 et enchaîne surtout les dates avec quelques belles premières parties (Tagada Jones, Ultra Vomit, No One Is Innocent, Punish Yourself) et une tournée avec Les Nova Twin.

Aujourd’hui, il va être question de leur premier album Telema sorti sur le label du groupe "TelemaRecords", un album qui est arrivé dans notre boite aux lettres débordante avec un kit presse conséquent dans lequel on trouve ce qui ressemble bien à une belle chronique pré-rédigée. Ouhlalala: faute ultime me concernant mais concentrons sur de seules considérations musicales.

 

Imparfait propose en 16 pistes et en un peu plus de 40 minutes, un conséquent medley de rock très très alternatif, parfois metal saucé à l’electro-(tr)hip-hop avec des relents de pop. On se retrouve avec quelque chose qui emprunte à Deftones (“Panique” sonne comme un morceau du gang de Sacramento à la sauce frenchy), à Guano Apes (pour la chanteuse très mise en avant dans le mix), à Shaka Ponk (pour le côté hyper farfelu si tu t'appelles Michel Drucker). Musicalement, c’est assez intéressant et cela rappellera la scène rock-alternative/metal français des années 2000. Très groovy, avec un gros travail d’arrangements, de jeux avec les sons, les ambiances. C’est à la fois original dans l’ensemble mais assez classique dans le détail. Guitare, basse, batterie, tout le monde joue et joue bien et si je ne suis pas fan du mix que je trouve un peu trop lisse et propre (même quand le morceau est lourd comme "Mange Mort"), il a le mérite de sonner pro et propre.

Côté voix, Prisca a choisi le français et un peu de lingala (comme le titre), une des langues nationales de la République démocratique du Congo pour déclamer ses textes. Niveau flow, on est au choix dans la pop un peu mièvre, le rap désinvolte à la Joey Star, et le rock français dans ce qu’il a de moins rock. C’est en place, c’est juste, on sent qu’il y a du travail et de la recherche. Mais travail et recherche n’est pas nécessairement synonyme de réussite et de trouvaille. L’interprétation m’a paru souvent imbuvable, avec parfois un côté "peste désinvolte" assez insupportable. C’est peut-être voulu mais ça m’a bien rebuté! Dommage parce qu'elle a du coffre et les quelques fois où elle s’essaie au registre saturée ("Code Vert"), on sent qu’il y a plus que du potentiel. Mais bon, ce n'est malheureusement pas la facette qu'elle exploite le plus et l'autre ne m'a pas plu.

Pour finir, le “ouais” à la fin des phrase, je vais passer pour un vieux connard mais ça me donne des envies urgentes de m’enfoncer des aiguilles à tricoter dans les oreilles. D’une, ça ne sert à rien sinon à accentuer la minauderie des textes et de deux, c’est copyrighté par James Hetfield depuis 30 ans. Même tarif pour les envolées lyriques à base de “ahhaaah”, “hannnhhannn” et “wouhhhouuh”, sérieusement: non!

Malheureusement, le style n’est pas rattrapé par les textes. Alors, je veux pas mitrailler dans l’ambulance gratos mais quand même…Entre les lyrics crypto-poétiques (dans la tête de mulder, la vérité est ailleurs, j’analyse mon aigreur, 3 accords mineurs ou voldemort et vole nos morts, mégalopole, necropole), les lyrics larafabianesques (j’ai laché la corde, j’ai manqué la main tendue, je n’ai pas fait d’effort), les lyrics inspirés de Jean-Michel Cémialachanson (L’eau n’a pas encore coulé sous les ponts, j’attends encore des réponses, le barrage n’a pas cédé sous les pluies diluviennes), sérieusement: non!

Alors, vous allez me dire “ouais mais des lyrics hyper méta, on en trouve dans le rap ou le rock français, ftg sale fdp de boomer” et tout cela est vrai (sauf que je ne suis pas un boomer et que ma mère bât rarement le pavé) mais tout le monde n’est pas Fuzati du Klub des Loosers, King Ju de Stupeflip ou Bring’s de Freedom For King Kong. Je reconnais qu’il y a bien quelques jeux de mots sympas mais ils sont noyés dans une plume assez moyenne à la saveur d'écriture automatique raturée.

 

Je ne suis pas du genre à plomber un album, surtout quand c’est celui d’un groupe qui "débute". Je me suis donc renseigné sur le groupe, j’ai lu et vu des interviews, j’ai lu des papiers des confrères et je prends de l’avance sur les commentaires en concluant qu'effectivement, je dois être trop vieux, trop con et/ou que je dois avoir des goûts moisis parce que j’ai trouvé cet album profondément ennuyeux alors que j'ai lu ici qu'il était "puissant", là qu'il était "parfait", j'en passe et des biens meilleurs.

 

Pour ma part, je suis plutôt tombé sur un album se voulant mélange de saveurs musicales qui, s’il dénote d’un hétéroclisme musical pas inintéressant et si on sent qu’il a été fait avec passion, ardeur et sérieux, donne l’impression d’un patchwork parfois un peu grossier et au résultat final un peu fade.

 

Mais je leur laisse le bénéfice du doute et vous invite à jeter une oreille sur Telema pour vous faire votre propre opinion car si vous êtes fan de ce rock/metal français très pop, très arrangé, très mixé, vous pourriez vous laisser embarquer.

 

Me concernant en revanche, Imparfait débarque de CoreAndCo.

 

On aime bien : l’effort, rappelle des souvenirs de la scène rock/metal français des années 2000

On aime moins: les textes, les interprétations vocales, le mixage un peu lisse, le côté patchwork chelou

 

photo de 8oris
le 09/08/2022

1 COMMENTAIRE

Xuaterc

Xuaterc le 10/08/2022 à 07:27:30

"mais tout le monde n’est pas Fuzati du Klub des Loosers, King Ju de Stupeflip" ça fait plaisir de lire ça

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