Integrity - Suicide Black Snake

Integrity - "Suicide Black Snake"
chronique Integrity - Suicide Black Snake

Finie la rigolade, bienvenue dans le monde « pas jaune rigolo du tout » d'Integrity.

Désormais épaulé du seul multi-instrumentiste Robert Orr, Dwid Hellion fait de nouveau ce qu'il sait faire le mieux : terroriser les chastes oreilles et chambouler les conventions HxC/Metal.

 

Il faut d'emblée préciser par souci d’honnêteté que la majeur partie des titres de cet album sont des réenregistrements.

En effet cinq morceaux sur six de Detonate World's Plague (sorties en vinyl en 2011) ont été rejoué ici. A ceux-ci s'ajoutent" I Know Where Everyone Lives" tiré d'un split avec Gehenna et seulement quatre inédits.

 

Il ne faut pas croire pour autant que ce timbré de Dwid nous sert du réchauffé. En effet chaque titre de la plaque possède son intérêt (à quelques exceptions près) même si vous connaissez déjà son ancienne version pour les reprises.

On peut même dire que Suicide Black Snake s'adresse directement à ceux qui ont déjà entendu Integrity et qui apprécie le groupe. Mieux vaut ainsi découvrir le fondateur du mouvement Holy Terror avec une de ses sorties plus anciennes, Closure pondu en 2001, au hasard.

 

En effet, l'indépendance et l'anticonformisme de sa musique trouve leur summum sur cette plaque, sacrifiant son efficacité au passage.

Le Ep précédent la sortie de l'album nous avait pourtant mis en garde : Dwid fait ce qu'il veut et ne pond pas de la musique pour un quelconque public de fans ayant des attentes moites et pré-pubères.

 

Le morceau éponyme ouvrant l'album nous montre ainsi un Integrity pachydermique, un rouleau compresseur écrasant encore une fois la concurrence et dominé par la voix écartelée de Dwid. Pourtant le premier break du morceau se fait presque presque aérien, éthéré, mais comme un gaz nocif qui vous prendrait à la gorge dans un couloir de métro.

Cette impression de menace lancinante se transforme en quasi mélancolie sur le deuxième morceau qui heureusement s'emballe pour retrouver une forme HxC plus classique. Le cri de Dwid raisonne à la fin, dans le silence qui s'est fait, comme si tout avait disparu, l'espoir, l'amour, la vie, la bière.

 

La suite dégaine alors l'artillerie lourde et malsaine que l'on apprécie de la secte. Même si les solos demeurent étonnamment mélodiques." Beasts As Gods" cartonne le croyant comme l’athée. Pas de détail, pas de quartier.

"There Is A Sign" est également une pure déclaration de guerre thrashcore à la rugosité digne d'une peau de requin passée sur les fesses d'un nouveau né. Un érythème auditif qu'aucune crème ne saurait soigné.

"There Ain't No Living In Life", au titre un peu obscure voire cliché, est une pseudo balade, une balade à la Integrity, entendons-nous bien, avec un harmonica et des chuchotements en guise de lignes vocales. Pas moyen de draguer sur ce genre de morceau ou alors la soirée se termine par une séance de nécrophilie genre ça va, ça vient mais ça raye le casque. Pas d'intérêt pour moi, vous y trouverez peut-être le votre.

"Detonate World Plague" fait ensuite de nouveau dans la surenchère en commençant par des bruitages dignes d'un débat démocratique à la Bachar. N'essayez pas de refermer vos plaies, la gangrène s'y est déjà installée.

L'album s'achève avec, de nouveau, un morceau plein d'arpèges lugubres mais d'un pénible !! C'est la deuxième fausse note du schilmblik. Cette fois, le chant ne rattrape pas la totale poussivité du titre, Lucifer en string ou pas c'est à chier.

 

Suicide Black Snake manie l'art de souffler le chaud et le froid sans véritable cohérence au premier abord, là où son prédécesseur était inattaquable. Pourtant l'album tisse peu à peu une toile gluante dans laquelle il est facile de se laisser prendre au risque de se faire happer et dévorer.

Mais sur cet album, Integrity ne fait plus office de grand méchant, seulement de bon exécuteur des basses oeuvres.

photo de Crom-Cruach
le 18/07/2013

2 COMMENTAIRES

daminoux

daminoux le 18/07/2013 à 13:37:57

que rajouter de plus mon Crom-Cruach d'amour.... c'est du integrity classique voir plus mélodique que par son habitude.... trop de morceaux lourd par rapport au morceaux bien thrash.. mème si Dwid Hellion a une voix trés impresionnante je la trouve bien trop en avant par rapport au reste... je sais certains disent que le seul interét du groupe reste le chant mais bordel c'est mecs ont créer le holy terror....
Il love integrity

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/07/2013 à 20:47:23

Merci mon daminoux roudoudou

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