Krisiun - The Great Execution

Krisiun - "The Great Execution"
chronique Krisiun - The Great Execution

Désolé du retard pour cette chronique mais pour s'attaquer à ce genre de tartine, mieux vaut ne pas avoir la tête ailleurs. Bref:  Krisiun - nouvel - album. Rien que ces trois mots me mettent dans un état second... quelque part entre hystérie et extase mystique. The Great Execution porte son nom à merveille, les trois frérots ne mentent pas sur la marchandise. Chaussez votre fureur la plus noire, cramponnez votre rage la plus aveugle et délectez vous de la hargne titanesque qui vous est crachée à la gueule tout au long de cette Grande Execution.

 

Krisiun, en sa qualité d'archange du Brutal Death, ne s'est jamais foutu de la gueule de ses ouailles, The Great Execution était annoncé comme étant un album "à part", un album plus lourd, plus écrasant comme l'attestèrent les titres joués sur les scènes du monde entier lors de la tournée qui a suivi le magistral Southern Storm. L'attente intolérable s'achève donc avec l'arrivée de ce huitième album, un disque qui fait le même effet que la délicate et sensuelle caresse d'un parpaing reçu en plein trogne. Abrasif, pesant, sec et incroyablement dense.

 

A force de tournées herculéennes, de sorties toutes plus exemplaires les unes que les autres et d'une attitude irréprochable, Krisiun s'est emparé – à juste titre – du trône du Death Metal, désormais, mes bien chers frères, débute le règne sans partage de Krisiun, l'avènement d'un album tyrannique gorgé d'une musique vicieuse, implacable, inexorable et despotique. Pas l'ombre d'une guimauve, pas la moindre trace de compromis, Krisiun est là, on ferme son clapet et on encaisse cette merveille de maestria.

 

A part? Pourquoi d'abord cet album serait-il "à part"? Krisiun a toujours fait preuve d'une constance et d'une fidélité totale envers la rapidité et une certaine linéarité appuyée par des blasts spasmodiques.

Krisiun = rapide... Et c'est tout, non?

Sauf que sur cette nouvelle tartine, les Brésiliens délaissent quelque peu leurs penchants naturels pour s'aventurer sur des eaux plus épaisses, plus grasses et marécageuses. Pour la première fois en presque vingt-deux ans de carrière, Krisiun enfile un costume d'airain. La lourdeur sera donc au centre de The Great Execution, mais cette pesanteur ne sera pas la seule surprise...

 

On aborde le disque avec une certaine appréhension... plus lent? Hmmmm... et pourquoi pas des plans Zouk chez Motörhead? Bref, l'album s'ouvre sur une intro aux forts relents Flamenco jouée par l'excellent guitariste Marcello Caminha qui hantera toute la galette. Et là: PAF! C'est partie pour la fessée. Certes, l'ambiance est nettement plus écrasante et suffocante, les fulguroblasts et les matraquages proverbiaux de Krisiun sont en retrait pour laisser place à une atmosphère assez épatante. Si par le passé Krisiun ratatinait tout sous une pluie d'artillerie, sur ce disque, il pilonne avec la grâce et la souplesse d'une horde de rhinocéros. C'est gras! On aurait pu craindre que cette lenteur inédite ne sonne que comme une version flagada d'un Krisiun en pleine crise d'asthme mais il n'en est rien. L'hystérie est plus fine mais elle est remplacée par une ambiance martiale et autoritaire qui viendra vous fendiller les ratiches.

Zéro pitié, Krisiun lance sa machine de guerre et l'on est sûr du résultat finale: une victoire par KO.

 

Dix nouveaux titres, dix tartes dans la gueule. Imaginez-vous vous prendre une mornifle par un Pascal Brutal qui aurait chaussé des gants en ciment, bah voilà, c'est ça The Great Execution; c'est gras, ça tape, ça réveille les morts et ça suinte d'une arrogance parfaitement jouissive. En esgourdant cette pépite, on ne peut que se la péter "gros balèse qui a du poil aux guiboles". Chaque riff fait mouche, chaque atome vise juste et la maîtrise est totale. Un album plein de morgue, on se plonge dans ce bain de natron et l'on est contaminé par son aura et son charisme dominateur et direct. On toise, on parade, on prend une pose evil, on croise les bras tout en se délectant de la vision du champ de ruines que laissent derrière eux des titres tels que "Blood Of Lions", "The Sword Of Orion" ou "The Will To Potency". Mais avant d'avoir la cervelle moisie par l'idée que Krisiun vient de démouler un album de branleurs, sachez mes petits chérubins qu'au-delà d'une pure démonstration de testostérone au ras des pâquerettes, Krisiun a lardé son album d'une myriade de merveilles qui réussiraient à déconstiper une Christine Boutin en pleine overdose d'Immodium!

 

Ca va chier!!!

 

L'album est dans son ensemble plus posé qu'un Southern Storm qui brillait de par sa furie ou qu'un Conquerors Of Armageddon – loué soit son nom pour les siècles et des siècles – mais il ne sombre pas non plus dans la léthargie ou la morosité. Krisiun s'encanaille avec des plans plus lents mais son naturel vicelard revient vite et là, on décolle littérallement vers des sphères orgasmiques, la machine s'emballe, les cieux lourds et noirs se déchirent d'éclairs de haine et c'est bel et bien les prémices de l'Apocalypse qui viennent nous chatouiller les feuilles. Des plans aussi furieux, des envolées aussi bestiales, des rafales de férocité aussi tartiflax... putain, croyez-moi, il y a de quoi se dégourdir les jambons pour de bon par Bélénos!!! De la fureur par citernes, des platrées de blast beats épileptiques, des vociférations dantesques, des riffs hystériques et des légions de solos dignes des premiers opus du groupe, tout est là pour qu'on se craque le slibard! L'album est drapé d'un groove qui parfois glisse vers une sorte de Thrash Metal aux gonades hypertophiées, et soudain  Krisiun est pris d'une saute d'humeur et l'on se fait choper par les valseuses pour aller faire une promenade dans l'œil du cyclone!!! Haaaaaa... je suis joie!

 

Un album arrogant, chaud, puissant, suffocant, imposant, on est secoué entre le calme très relatif des parties lentes et la folie totale des éclats de brutalité! En clair, pas d'échappatoire! Un album total qui remet les idées en place. Bourru, intransigeant et foncièrement vicieux! Que demande le peuple?

 

Hein? Le peuple veut un peu de sophistication? Et bien soit, il sera exhaussé. A plusieurs reprises, Marcello Caminha vient chatouiller sa guitare pour la faire accoucher de galopades qui sentent bon l'Amérique Latine. On peut songer à certains plans de Ageless Venomous, sauf qu'avec un oiseau comme le Marcello on touche presqu'au divin. Je ne pourrais que vous conseiller d'aller écouter les albums de ce génie de la gratte... Bref, Krisiun envoie la purée, il la bombarde, la catapulte, la mitraille à sec mais il le fait toujours avec style et classe... J'hésite même à parler d'élégance... Krisiun a rarement atteint de tels somment en matière de boucherie et de classe... il y a un aspect jubilatoire dans ce The Great Execution, on sent que le disque  s'acharne à nous retrousser les tympans mais toujours avec courtoisie... Les Hannibal Lecter du Brutal Death, en somme... On charcute mais on ne dégueulasse pas ses godasses. Chirurgical vous dis-je!

 

Outre le camarade Marcello Caminha, on notera que Krisiun a fait venir un autre pote pour faire la bringue sur ce disque étonnant. Il ne s'agit "que" de João Gordo, l'adipeux chanteur des mythiques Ratos De Porão – cultissime et vénérable légende du Punk Brésilien. Sur le titre "Extinção em Massa", Krisiun oublie ses bonnes résolutions, on balance tout le trip de l'album aux orties pour se contenter d'asperger le quidam d'une douche de vitriol, ultra brutale, ultra rapide et linéaire, une chanson crachat à la gueule surpuissante et totalement ravagée du bulbe! La folie de Ratos de Porão démultipliée par la puissance de feu de Krisiun tout ça avec une cadence de tir qui ferait passer une gatling pour un pistolet à bouchon... Sans doute le titre le plus violent et agressif de l'histoire de Krisiun... Ca va vous décoller la pulpe du fond, mes petits lapins musqués!!! Parole de Cobra Commander, si cet album en général et ce titre en particulier ne vous retourne pas la couenne, j'veux bien m'inscrire chez les témoins de Jéhovah!

 

Une boucherie phénoménale, on se prend la plus belle raclée de l'année et, comme si c'était pas suffisant, l'album se termine en apothéose sur une version réenregistrée du titanesque titre "Black Force Domain"... Dans le genre cadeau pour les fans, moi, ça me tire la larmichette!

 

Un album monstrueux, monumental, une leçon de Death Metal, Krisiun impose le respect, une maîtrise absolue, une puissance écrasante. L'album est plus lent certes, mais nettement plus vicieux, riche et possédé que ces deux prédécesseurs.

 

Préparez-vous simplement à vous prendre une copieuse dérouillée.

 

BUY OR DIE! BUY AND DIE

PS: Désolé pour la tartine mais les groupes que j'aime sincèrement me rendent prolixe...

photo de Cobra Commander
le 29/12/2011

1 COMMENTAIRE

sepulturastaman

sepulturastaman le 29/12/2011 à 11:08:46

Le morceau avec le mec des ratos et le meilleur de l'année, les David Vincent, les Glenou mon meilleur potes s'appelle satan, les George Fisher en tous genres ont trouvé leur maître.

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