Le Grand Guignol - The Great Maddening

Chronique CD album (54:30)

chronique Le Grand Guignol - The Great Maddening

« L’avant-garde black metal à dentelles, ce n’est pas sale », épisode 1

 

Il n’y a pas si longtemps que ça (à vrai dire ça date de la chronique de l’excellent In Somniphobia de Sigh), un vilain chroniqueur à poil jaune sévissant sur CoreAndCo raillait l’avant-garde black metal, son dandysme précieux, ses chemises à jabots victoriennes et ses soirées « café philo ». Pour le punir d’avoir ainsi usé d’une plume injustement persifleuse, la fée Blackounette lui a aussitôt fait découvrir de très bons albums du genre, obligeant l’infâme à apprécier, puis chroniquer ceux-ci. Le premier des albums utilisés pour mettre en œuvre cette pénitence expiatoire est The Great Maddening des luxembourgeois du Grand Guignol.

 

Et pour le coup, le groupe s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’image d’Epinal de l'entité black cérébralo-délirante, celui-ci usant d’un anglais relativement soutenu, de ronds de jambes classieux, d’orchestrations grandiloquentes et de tout un décorum théâtralico-maboul dont il serait assez tentant de se moquer, pour peu qu’on n’ait pas, ou peu, jeté une oreille sur leur musique. Car une fois sérieusement exposé à leur univers, respect: on salue les artistes, voire on valide toutes ces fanfreluches qui, ma foi, accompagnent de manière convainquante leur vision du metal extrême. C’est que Le Grand Guignol – qui ne tape pas les gendarmes avec son compagnon Gnafron, ni ne vous accueillera d’un « Vous regardez trop la télé, bonsoir », revenez plutôt à la définition des [divertissements basés sur un spectacle d'horreurs macabres et sanguinolentes] (merci Wikipedia) – le Grand Guignol, disais-je, marie la folie baroque foisonnante d'Unexpect, le heavy épico-hyperbolique de Blind Guardian, les orchestrations ambitieuses d’un Septicflesh – ou d’un Hollenthon pour rester dans la sphère black – et un amour certain pour les histoires horrifiques et les B.O. pleines d'emphase.

 

Les allergiques au piano, synthé, violons, chœurs à la Therion, cantatrice à la Diablo Swing Orchestra, flonflons et autres froufrous passeront leur chemin. Par contre ceux qui apprécient leur metal (allez, on enlève le préfixe « black » que seuls quelques shrieks acides et une image morbido-décadente justifient) sur grand écran, version Hollywood++, le long de pièces dépassant les 7 minutes, seront aux anges. C’est qu’entre une première partie typée « Grandiose crise de nerfs au cabaret burlesque » et une seconde moitié plus marquée « Orchestral Rhapsody BM », préparez-vous à être emportés par un torrent fougueux de metal over-the-top! Sauf qu'à l’approche sérieuse des heavy metalleux précédemment évoqués, le Grand Guignol préfère le sourire en coin, et ménage ainsi – parmi les nombreuses saynètes et tirades gothico-théâtrales qui parsèment The Great Maddening – de nombreux apartés décalés. Sur la fin de « Degenesis » par exemple, on assiste en direct au dézingage successif du pianiste, du batteur et du violoncelliste de service. Sur la fin de l’excellent « Mens Insana In Corpore Insano » au contraire, après quelques échanges entre voix robotique et invectives black, la mélodie accélère jusqu’à des extrémités carrément déraisonnables. Et puis tiens, sur le début de « Madness And Her Thousand Young », on a même le droit a du scratch discret. Juré. 'Y a pas à dire, le black version luxembourgeoise est loin de la version « déprime de fond de crypte » de beaucoup de ses collègues!

 

Je vous épargnerai l’habituelle short list des meilleurs morceaux, ainsi que la dénonciation des moutons noirs de la tracklist, l’ensemble des titres étant de très haut niveau et d’une grande homogénéité. Le tout se déguste dans sa globalité, avec lunettes 3D et costume d’époque. Je ne profiterai de cette fin de chronique que pour insister sur le fait que les fans de heavy classieux auront tout autant – … euh, "beaucoup plus" en fait, devrais-je dire – de raisons de se réjouir à l’écoute de cet album que les beumeux raffinés. Et si vous êtes encore plus à la bourre que moi en ce qui concerne la découverte de cette petite pépite (qui aurait eu une note encore plus haute si seulement j’étais un peu plus versé dans le metal « maniéré »), je vous conseille d’aller vite soigner votre ignorance crasse en allant l’acquérir chez votre dealer d’opium préféré…

 

 

 

 

 

La chronique, version courte:  Unexpect meets Hollenthon meets Blind Guardian, en version heavy sympho black décalé.

photo de Cglaume
le 09/05/2012

5 COMMENTAIRES

SotirisV

SotirisV le 14/05/2012 à 20:18:05

Ça fait des année que j?attends leur prochain :( espérons qu'ils en refasse un!!!...bientot!

cglaume

cglaume le 14/05/2012 à 21:18:14

J'avoue que je serais également curieux d'entendre un autre album de ces zigotos !! :)

Xuaterc

Xuaterc le 30/03/2016 à 09:15:52

ET moi donc

cglaume

cglaume le 30/03/2016 à 09:19:10

Dis, ça me fait penser: je m'attaque aux 2 premiers Hollenthon. Ceux-ci, ne me les chipe pas l'air de rien hein ! :P

Xuaterc

Xuaterc le 30/03/2016 à 09:47:37

T'inquiètes, le boss m'a filé du taff pour jusqu'au hellfest

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