Modern Life Is War - Midnight In America

Modern Life Is War - "Midnight In America"
Modern Life Is War - Midnight In America (chronique)
Nés en 2002, Modern Life Is War (MLIW pour les intimes) nous viennent de Marshalltown dans l’Iowa, lieu où à part d’essayer de faire des « crop circles » dans les champs de maïs, il n’y a plus qu’à monter un groupe pour passer le temps. Comprenez alors la frustration qui dégage de ce groupe, rajoutez à cela, une bonne dose de réflexions sur la guerre, l’agitation politique et les bourrages de crâne médiatiques, un chanteur bien barré, vous obtenez un groupe unique tant sur le plan éthique du groupe (in DIY we trust) que sur le plan musical.

MLIW nous reviennent aujourd’hui avec un nouvel opus « Midnight In America ».
De manière générale, la recette reste inchangée. Ils nous délivrent ici une nouvelle fois un mélange particulier d’hardcore mélodique, post hardcore, une dose de punk et toujours dans une ambiance lourde voire malsaine.

Il est toujours difficile d’enfanter d’un bon disque original quand le précédent « Witness » fût acclamé autant par les fans que par les critiques. Le défi semble être relevé pas sans mal il faut reconnaître. A première écoute, on a l’impression qu’ils ont perdu en effet brut, lourdeur et paraissent moins percutants (pas de sing alongs accrocheurs à la "D.E.A.D.R.A.M.O.N.E.S." )… l’agréable surprise est dans la vitesse des compos plus soutenue que sur le précédent album…pourtant il y a de l’originalité plus insidieuse…

Côté artwork
on peut regretter déjà à première vue, un artwork moins accrocheur. On remarquera quand même, qu’on retrouve dans le livret des petites annotations introductrices avant chaque texte.

Côté compo
Courtes mais intenses. Toutes différentes mais homogènes à la fois. Chaque compo possède sa petite particularité : le petit détail qui donne un côté frais, le petit amuse-gueule agréable double effet kiss cool…voire même un côté fun dans certains cas… C’est bien la petite touche de cet album, on a l’impression d’un côté fun quelque part par exemple sur des compos comme « Fuck the Sex Pistols ». MLIW savent tenir leur auditoire, varier les plaisirs, comme la compo « Night Shift at the Potato Factory » qui vient casser le rythme soudain de l’album, sans tomber comme un cheveu sur la soupe. L’ordre des titres donne réellement du relief à chaque compo. Tellement de compos différentes et prenantes qu’à chacune d’entre elles, on pourrait consacrer beaucoup de temps. Prenez par exemple cette reprise de « Stagger Lee », cette ballade traditionnelle américaine, relate un meurtre de 1895, maintes fois reprises (nick cave and the bad seeds, the clash etc) est certainement un des titres les plus prenants absolument à écouter sur cet album. Elle regorge de subtilités instrumentales, MLIW nous entraînent avec une gratte répétitive puis soudain apparaissent des sons et une autre gratte sortis de nulle part qui vous surprennent et vous retournent encore plus émotionnellement.

Côté instrumental
Pas de performances techniques, ici, on reste authentique, des lignes assez simples mais efficaces pour souligner le chant ou susciter l’émotion chez l’auditeur. On apprécie les guitares qui se répondent. Beaucoup de variations, on change de rythmes, de gammes avec facilité sans choquer. On retrouve des passages punk 1-2-Fuck-You style « Fuck the Sex Pistols », metal « Midnight In America », rock’n’roll, chaotiques destructurés avec des petites lignes de grattes seules accrocheuses et entêtantes comme sur « Useless Generation ».

Côté chant
Jeffrey Eaton nous vide ses trippes sur la table, toujours aux bords de la rupture, près à s’effondrer après chaque chanson. Cependant, pas de monotonie même si on est souvent dans le style narratif. Jeffrey sait aussi se jouer d’humour dans sa prestation : véritable moulin à paroles, il sait autant chanter que crier en variant les tempos. Même s’il a une place prépondérante, on retrouve des interventions remarquables des autres membres. Comme sur « Screaming at the Moon », l’alternance des voix est très bien faite et la différence des voix apporte vraiment de la dynamique. De très bons backings comme sur « Night Shift at the Potato Factory ».

Côté parole
Il est très difficile de faire court tant les textes sont complexes et poignants (en majorité). Le chanteur profite une nouvelle fois de la sortie d’un album pour faire sa catharsis et le tour de sa vie, sa vision des choses… Chaque texte est écrit tel de petites histoires intrigantes, recueil de faits marquants et autres anecdotes. Il se permettra même d’emprunter des rimes de véritables poètes (extrait de Charles Bukowski sur These Mad Dogs of Glory). Pour ceux qui aiment décortiquer les textes, plongez vous sur « Humble streets » véritable tour de l’Amérique décadente.

Côté production
L’album a une réelle cohésion entre le chant et les instruments. On sent l’unicité, la complicité, l’authenticité du groupe. En général quand un groupe possède un chanteur autant charismatique, on a une fâcheuse tendance à avoir un goût amer d’avoir des musiciens figuratifs, pourtant ici MLIW ne tombent pas dans ce cliché. On a devant nous bien un groupe cohérent et une musique émotionnelle qui ne vous laisse aucun répit.

Un poil moins captivant que Witness, cette sortie reste un très bon disque qui se laisse écouter en boucle sans problème grâce à sa dynamique et sa variété de compo. En attendant de les écouter en live, ils sont là bien armés pour un bon set à nous couper le souffle.
photo de Rose
le 07/09/2007

4 COMMENTAIRES

mat(taw)

mat(taw) le 07/09/2007 à 14:30:35

j'avais adoré Witness, faudrait que je jette une oreille sur celui-ci

Rose

Rose le 07/09/2007 à 15:14:29

en fait ca m'a donné envie de réécouter Witness... mais il est quand même bien cet album, il vaut bien une écoute :)

frolll

frolll le 12/10/2011 à 15:16:45

mouais.

le problème c'est que witness sonnait déjà aussi bien que tout ce que ce band pouvait écrire, imho... du coup, ça donne un album correct, pas enthousiasmant, mais soit

R. Savary

R. Savary le 06/01/2012 à 20:16:41

Et la boucle est bouclée avec cet album jumeau à Witness. Les 2 sont énormes. Énergie, sincérité, espoir, révolte, ces kids on the rock ont donné tout ce qu'ils avaient, et c'est énorme ! Rip

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anonyme

CD album CD album (30:14)

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Tracklist

1. Useless Generation
2. Screaming at the Moon
3. Stagger Lee
4. Big City Dream
5. Fuck the Sex Pistols
6. Pendulum
7. These Mad Dogs of Glory
8. Night Shift at the Potato Factory
9. Motorcycle Boy Reigns
10. Humble Streets
11. Midnight in America

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