Mors Principium Est - Seven

Chronique CD album (48:10)

chronique Mors Principium Est - Seven

Alors c’est vrai que sur CoreAndCo, plutôt que d’être exhaustifs (mais est-ce encore possible?), on se concentre sur les skeuds qui nous bottent. Du coup pas étonnant que les notes attribuées en ces pages soient plutôt bonnes, voire carrément enthousiastes. M’enfin crénom, ça fait un bail que ma lapine plume n’a pas attribué moins que 8/10… C’est dingue quand même! Se pourrait-il que l’on devienne meilleur public en vieillissant? La sagesse populaire tendrait plutôt à affirmer le contraire, la pente naturelle du toboggan des années poussant à ronchonner toujours plus fort, postillonner toujours plus loin. Le truc c’est que, malgré les ravages causés par la pandémie à couronne, 2020 aura été – chiffres en main – une putain d’année sur le plan musical! Et loin de nous l’idée de nous en plaindre (… mais il ne faudrait pas que vous en veniez à penser qu’on est devenu une bande de béni-oui-oui).

 

La source d’euphorie métallique dont il est aujourd’hui question est à mettre au crédit d’une chapelle musicale devenue assez rare en nos colonnes: le Death mélodique. Pas que l’on ne trouve plus de formations œuvrant dans ce créneau, mais les hasards de la vie ont fait qu’on a moins systématiquement croisé leur route, et les algorithmes complexes élaborés par notre webmaster pour trier les promos entrant ont moins souvent redirigé les sorties du genre vers la boîte « Toi tu rentres » que vers la trappe « Ca va pas être possible ». En même temps, Seven s’est pointé au CoreAndCo Club en passant par la porte VIP, alors il aurait été compliqué de ne pas lui ouvrir. VIP oui, parce que Mors Principium Est fait partie, au même titre que Wintersun, Omnium Gatherum ou Insomnium, des plus en vue des héritiers de Dark Tranquility, In flames et leurs amis. Et vu qu’on avait déjà esquivé sans raison valable Embers of a Dying World, il n’était pas envisageable de faire de même avec leur 7e album…

 

Où en est-on dans la camp Mors Principium Est d’ailleurs? Eh bien on ne peut pas vraiment dire que ce soit la fiesta… Car la quasi-totalité des membres historiques ont rendu leur tablier. Il ne reste plus à bord que Ville Viljanen – l’identité vocale du groupe, seul à résider encore en Finlande – et Andy Gillion – présent depuis 10 ans maintenant, Anglais incorporé suite à une campagne de recrutement en ligne. Ça ne fait pas grand monde pour concevoir les hymnes de neige et de feu attendues par les fans! Bref, à vue de nez ça sentait le roussi… Et les bookmakers avaient donc plutôt tendance à promettre de gros bénéfices à ceux pariant sur un nouvel album qui non seulement arriverait vite, mais qui plus est arriverait fort.

 

Du coup j’envie ceux qui ont placé le contenu de leur bas de laine sur un Seven rutilant, parce que non d’un chien c’est bien de ça dont il est question, finalement! D’ailleurs si l’on s’évertue d’habitude à vous dire ici que dans les vieux pots Swedeath on peut encore faire de la soupe succulente, eh bien ce nouvel album va nous forcer à décliner cette rengaine à la mode Melodeath. Guitares somptueuses flirtant avec les limites du Tech Death et du Heavy/Speed, claviers fastueux transcendant les morceaux tout en évitant les excès de pompe clinquante, narration dramatique, tension, retournements de situation, fougue, inspiration, compos racées et convaincantes: tout a été fait pour répondre fidèlement aux souhaits exprimés dans notre lettre au Père Noël. De plus ceux qui, sur l’album précédent, étaient restés dubitatifs face aux interventions du synthé d’Andy ont été entendus: il a été procédé à un rééquilibrage visant à laisser la part belle aux guitares, tout en tirant le meilleur profit des orchestrations ou des épaisses nappes imaginées par le Britannique. Sur « A Day For Redemption », « March To War » ou encore « Reverence », le clavier est là et bien là, mais comme un puissant rehausseur de goût qui ajoute des soldats par centaines au sein des régiments, des centimètres par dizaines aux épées, et un feu brûlant au fond des prunelles.

 

Et si l’on pourra ressentir un léger essoufflement sur les 2 derniers titres et reprocher à certains refrains de trop ralentir les folles cavalcades autrement de mise, on ne peut qu’être galvanisé par les trois premiers quarts de l’album qui constituent un quasi sans faute, la triplette constituée de « Lost in a Starless Aeon » (qui rappelle les plus grands moments d’Amoral. Et puis ce début de morceau! Il y a 20 ans celui-ci aurait accédé au rang de classique) « In Frozen Fields » (le tapping twin appuyé de saccades qui émerge à mi-parcours est un délice)  et « March to War » (on a remporté des guerres sur ce genre de zic) étant pour moi le summum du kiff.

 

La comparaison pourra prêter rire, mais ‘m’en fous: si le personnage mythique du Prince Charmant devait s’incarner dans un album, Seven pourrait s’avérer le candidat idéal. Musculeux, rassurant, héroïque, mais également sensible et attentionné, le Metal qu’il propose est plein de panache, de puissance et de vie. Il nous en viendrait des envies de costume de princesse, ou de scénarios Disney gay-friendly! Libérééééééée, délivréééééééée….

 

PS: l’édition japonaise de l’album offre de plus une reprise du « Uprising » de Muse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: si en 2020 LiK nous a montré qu’on pouvait encore ressentir la passion à l’écoute d’un album de Swedeath, Seven se charge quant à lui de nous rappeler que non seulement ça faisait trop longtemps qu’on n’avait pas écouté de Melodeath, mais en plus que dans le genre certains albums nouveaux sont encore capables de nous exalter autant que les classiques à la grande époque. Et ce genre de rappel fait un bien fou!

photo de Cglaume
le 15/02/2021

2 COMMENTAIRES

Seisachtheion

Seisachtheion le 15/02/2021 à 18:34:10

Plaisir cubé ici :
- la kro
- la couv (délicieusement surannée)
- l'album (trouver du bon mélodeath de nos jours n'est plus chose aisée...)

cglaume

cglaume le 15/02/2021 à 21:27:44

On est d'accord: il est sexy avec son gros cube cet album ! :D

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