Lik - Misanthropic Breed

Chronique CD album (39:33)

chronique Lik - Misanthropic Breed

« Mouais, ça va encore être le même porridge bourratif et tiède que d'habitude quoi... »

 

C'est ce que l'aventurier du Swedeath perdu qui continue à chercher le skeud excitant dans la meule de foin pourrait se dire 5 secondes après le démarrage de Misanthropic Breed. Parce que ce cri primal qui démarre « The Weird » – derrière les bruits de découpe de bidoche et les protestations féminines qui garnissent également le sample horrifico-introductif – est sacrément proche de celui qui démarre Left Hand Path. Et si l'aventurier en question ne s'attend évidemment pas à tomber sur une ligne de basse slappée ou un solo de flûte de Pan, il espère quand même toujours que le « copier-coller » que lui réserve l'album sera suivi d'un « modifier » rafraîchissant, voire d'un « sublimer » qu'il appelle encore et toujours de ses vœux, doux rêveur chercheur d'un impossible Graal qu'il est.

 

Ah oui mais alors non: avec Lik ce n'est pas à un gros container de Death brumeux et groovy à la Entombed que l'on se frotte. Ces Suédois sont plutôt adeptes de la coulée brûlante, impulsive mais mélodique, à la Dismember. Ce qui en soi leur permet déjà de se démarquer de pas mal de leurs petits camarades. C'est relativement sensible dès « The Weird » – morceau fougueux mais qui reste encore relativement archétypal du genre –, notamment grâce à ces leads qui surnagent loin au-dessus du magma HM-2. Mais cela est encore bien plus évident sur le bouillonnant « Decay » qui a à la fois l'impact d'un coup de bélier dans le foie et, à l'extrême opposé, le moelleux mélodique d'un Iron Maiden (c'est bluffant, passée la barre des 2 minutes). Ce morceau est clairement taillé pour faire lâcher des hectolitres de salive (ou pire) aux fans de la bande à Fred Estby. Plus épique, plus à l'écoute des vents glacés qui balaient le champ de bataille après que le dernier bras ait été sectionné, le bien nommé « Funeral Anthem » a quant à lui un petit arrière-goût de Massive Killing Capacity, avec quelques épices entombiennes jetées ça et là pour faire bonne mesure. Bref: tout cela est parfaitement raccord.

 

D'habitude c'est à ce stade que le soufflé retombe. Mais Lik refuse de s'arrêter en si bon chemin. C'est une fois encore toutes mélodies dehors qu'il repart bille en tête sur « Corrosive Survival », manifestant toujours un appétit impressionnant, sans qu'on sente poindre une quelconque impression de routine. De déjà vu, oui, évidemment. Mais de routine à proprement parler, non. La différence est subtile, je sais: c'est l'énergie et la force de conviction qui font la différence. Et l'auditeur de se faire faucher par l'énorme 2e lame « Female Fatal to the Flesh » – bombe groovy massivement rampante qui a un petit quelque-chose du « Eaten » de Bloodbath – puis, après un interlude joliment accusateur donnant son nom à l'album, par la 3e lame « Flesh Frenzy », tube fonceur parfait semblant convoyer à dos de bolide madmaxien un escadron de porteurs de haches en direction d'une bataille s'annonçant héroïque. En 2 minutes 30 l'affaire est pliée.

 

Alors certes, avec « Morbid Fascination » on retrouve ce genre de titre groovy plus typiquement Panzer-pépère – première occasion de bailler, donc, si l'on s'est levé tôt le matin. Sauf qu'après une courte intro trop clairement calquée sur « Soon To be Dead » (rhaaa ils ont laissé passer un copier+coller trop évident!), « Wolves » repart le poitrail au vent, la masse d'arme vaillamment brandie. Encore une fois l'alliance du chaudron de basalte liquide et de la lead mélodique n'a jamais été aussi bien dosée. L'album se prolonge encore sur 2 titres plus convenus mais néanmoins appréciables, avec d'abord le 200% entombedien « Faces of Death » (rhaaa, encore une repompe sans vergogne, avec cette fois le riff de « Strangers Aeons » à 1:48), puis un « Becoming » dont l'atout est surtout un élégant tomber de rideau mélodique.

 

Brutal, mélodique, sans trace de gras superflu (8 titres font moins de 4 minutes), et tirant son énergie folle d'un enthousiasme palpable, Misanthropic Breed fait mieux encore que Carnage en réussissant à recréer à intervalles réguliers cette excitation que des brouettes d'albums corrects-mais-redondants ont fini par émousser avec le temps. Alors certes, on n'est pas tout à fait au même niveau de jubilation que lors de la sortie des premiers Bloodbath, et il faut cette fois encore parler d'un album qui-n'invente-rien-mais – c'est le jeu, on parle de Swedeath. Sauf qu'avec ce 3e album Lik réussit à rendre contagieuse sa patate, et contrairement à ce qui se passe trop souvent il ne se contente pas de donner envie de réécouter les classiques du genre: c'est sa propre popote qu'il donne envie de réinviter sur la platine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: quand on y croit vraiment, que le feu brûle toujours au fond des tripes et que – évidemment – on maîtrise son sujet sur le bout de la pédale HM-2, on peut encore provoquer ce fameux déclic dans la moelle épinière du fan de Swedeath. C'est ce que nous apprend Misanthropic Breed, la 3e coulée Swedeath en provenance de chez Lik. Et si ça ce n'est pas un beau message d'espoir, je ne sais pas ce qu'il vous faut!

photo de Cglaume
le 16/11/2020

4 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/11/2020 à 11:04:31

Tu es trop généreux mais le skeud passe bien, au final. Par contre faudra arrêter de se palucher sur Bloodbath un jour...

cglaume

cglaume le 16/11/2020 à 12:12:36

Les 2,5 premiers Bloodbath sont très bons et pis c'est tout !!! :P

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/11/2020 à 17:56:56

 Nightmares Made Flesh; oui. Le reste, c'est du domaine de la brève de comptoir.

niad

niad le 24/11/2020 à 22:04:22

bof très moyen

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