Néfastes - Scumanity

Chronique CD album (29:47)

chronique Néfastes - Scumanity

P’tain, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne fallait pas les chercher ! Fin 2020, Julien Truchan (actuel hurleur de Benighted), Liem N'Guyen et Olivier Gabriel (tous deux guitaristes originels de ce même Benighted) accouchent brutalement d’un nouveau projet musical cathartique, né en plein cœur de la crise pandémique mondiale : Néfastes (attention à ne pas confondre avec les blackeux québécois de Néfaste). D’après les informations glanées ici et là, notamment auprès de nos confrères de France Black Death Grind, le but n’était rien de moins que « d’extérioriser toute la rage qu’on accumule dans la société moderne au travers d’une musique […] qui se veut vicieuse et agressive, le Black Metal. »

 

Les frustrations, les tensions et peut-être même les haines accumulées pendant cette période extrême, propice aux raidissements et aux pertes de repères, ont fait le reste. Mais pas que… Le trio (notons qu’Olivier est venu renforcer le projet de ses talents de guitariste/bassiste dans un second temps) a eu la bonne intuition, puisqu’il a d’abord balancé sur la toile deux singles, "Progéniture Décadente" et "Fuck With The Bull, You Get The Horn", dont l’accueil a été assez phénoménal. La communauté a été méchamment hameçonnée et aucun dégorgeoir n’a pu nous ôter de la gueule l’appât malsain avec lequel Néfastes nous a attirés ! Et les Blackeux n’ont pas été les seuls : le label Source Atone Records n’a pas hésité à promptement et fort opportunément venir renifler le derrière de ce groupe, pour les soutenir dans une sortie en bonne et due forme, fixée au 11 juin 2021. Approche payante, avec à la clef Scumanity, un album de 8 titres ramassé autour d’une ch’tite demi-heure de pure violence noire.

 

Heureusement d’ailleurs que cette galette corrosive ne dure que la demi-heure, sinon j’aurais suffoqué devant une musique dont l’essence même est d’amener l’agressivité à son climax et d’enfoncer l’auditeur dans une délicieuse anoxie. Et cela commence dès "Progéniture Décadente" – le plus long segment de cette plaque misanthrope – qui nous submerge d’une déferlante implacable à la Marduk ou Dark Funeral. Et quel régal d’écouter Julien Truchan nous cracher à la tronche tout son fiel pour une humanité abhorrée ici au plus haut point, tant elle semble captive de ses systèmes de pensée, incapable de se mouvoir, inapte à se remettre en question et d’apprendre de ses erreurs ! Les paroles eschatologiques de "Make Apocalypse Great Again" à l’entame martiale n’appellent guère aux réjouissances ! Le déversement de violence est en fait quasi-continu ("Scumanity "et "Ashes Return"), mais il ne m’a empêché de discriminer des titres ou des segments de morceaux marqués par un réel et gros travail de composition. Ainsi tout spécialement de "Charognards", dont les riffs puent le Black à mille lieues, et de "Supplice", mon titre favori qui impose une courte - mais bienvenue - respiration au début de la 3e minute. Et comme l’illustre l’outro "Carved Into The Flesh", le travail technique sur les lignes de batterie n’a pas du tout été négligé.

 

En fait, à écouter Scumanity, si tout est appelé à disparaitre, à commencer par l’homme, tout doit également commencer avec ce projet Néfastes qui je l’espère pourra à la fois déployer ses méfaits sur scène (enfin quand un batteur sera déniché et surtout quand Benighted aura rattrapé ses 50 concerts annulés en 2020 !!!) et pondre une nouvelle nuée dérangeante. Il faut bien admettre que notre humanité néfaste sera pour eux une inextinguible et solide source d’inspirations…

photo de Seisachtheion
le 09/06/2021

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