Paradise Lost - Obsidian

Chronique CD album (55:54)

chronique Paradise Lost - Obsidian

Est-il réellement nécessaire de présenter Paradise Lost ? Déjà trente-deux ans de carrière pour les vétérans anglais, seize albums, une flopée de sorties annexes et un statut de légendes du Metal, fondateur avec leurs compatriotes de My Dying Bride et Anathema d'un Death / Doom devenu partie intégrante du paysage métallique international. Et très peu de changement de line-up, uniquement sur le tabouret de batteur. On en connaît des formations qui peuvent se vanter d'une telle longévité, voire plus, mais au prix de multiples changements de personnel, mais pas eux. Bien sûr, le Death doomisant de musiciens à peine majeurs a laissé la place à une musique sans cesse changeante, qui s'est parfois totalement éloignée du Metal. Mais elle a toujours été porteuse d'une classe et d'un flegme britanniques indéniables couplés à un sens de la mélodie imparable.

 

Après un ventre mou discographique, en gros de In Requiem à The Plague Within, composé d'une poignée d'albums, certes pas mauvais, mais qui sentent trop le fan-service et le groupe en pilotage automatique pour pondre des œuvres référentielles, Paradise Lost est, depuis Medusa, sérieusement de retour aux affaires à la mesure de ce que l'on peut attendre de ces musiciens. Les escapades de Greg Mackintosh (guitares) au sein de Strigoi et de Vallenfyre et la parenthèse Bloodbath de Nick Holmes (chant) ne sont certainement pas étrangères à cela et au jeu plus musclé que l'on avait presque oublié venant du groupe d'Halifax.

 

L'auditeur occasionnel et le fan de Paradise Lost ne seront pas dépaysés à l'écoute d'Obsidian, tant on y retrouve tous les ingrédients qui ont fait la personnalité du quintet au travers les décennies : riffs pachydermiques, growls, rythmiques limites New-wave, mélodies lumineuses... La production du très demandé studio Orgone (Solefald, Misþyrming...) est plus léchée, moins rugueuse que celle que l'on trouve sur Medusa et qui correspond effectivement plus à l'orientation moins Death / Doom que la cuvée 2020. L'ensemble fait preuve qu'une grande diversité, ce qui contribue à lui donner une dynamique certaine.

 

C'est ce qui fait donc la force du disque et paradoxalement peut-être son principal défaut. Si Icon ou Believe In Nothing, par exemple, possèdent une identité forte et marquée, Obsidian souffre de cette volonté de couvrir toutes les périodes du groupe. J'ai longuement hésité quant à ma note finale, j'ai tergiversé jusqu'au dernier moment entre le très bon et le quelconque selon les jours. Petite satisfaction tout de même, l'intelligence et le savoir-faire des Anglais leur permettent d'échapper à la malédiction Nuclear Blast que j'évoquais lors de ma chronique du dernier Oranssi Pazuzu.

photo de Xuaterc
le 25/05/2020

4 COMMENTAIRES

Wizmak

Wizmak le 25/05/2020 à 15:12:03

Ils auraient du jeter l'éponge depuis longtemps...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 26/05/2020 à 19:33:53

Comme Bob… Bob L'Eponge (# Le COREandCO Du Rire). Ben moi c'est la première fois que j'écoute Paradise Lost et c'est pas mal. Bon c'est lent...

Elder

Elder le 23/06/2020 à 23:03:18

Cet album est un véritable chef d'oeuvre par un groupe qui n'a jamais cessé de se réinventer. Et encore heureux que c'est lent, c'est du Doom...

Xuaterc

Xuaterc le 24/06/2020 à 19:49:48

Comme je l'écris, il y a des jours où je pense comme toi Elder, et d'autres où je suis plus septique

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