Parius - The Eldritch Realm

Chronique CD album (29:42)

chronique Parius - The Eldritch Realm

Des craquements de vieux vinyle en tout début et toute fin d’album.

Une pochette à mi-chemin des affiches de la Hammer et des standards des Contes de la Crypte.

 

… Mmmmmmh, ça sent le Metal d’antiquaire chez Parius dites-moi! De celui qui fleure bon la naphtaline et arbore un beau bronzage sépia! Sauf qu’en fait de vieux brocanteurs, la photo du groupe révèle une bande de petits jeunots qui ont appris le théorème de Pythagore et les noms de présidents américains sur les bancs d’écoles de Philadelphie. Et au lieu de carburer à Eminem, nos amis ont manifestement dû s'envoyer du bon Melodeath scandinave (… ou sa version américanisée), du Death Prog à doublure en satin, ainsi que du Tech Death mélodique. Parce qu’outre d’iconographie rétro-horrifique, les loustics sont férus de Death metal punchy et sophistiqué: de Death « Arsenic et vieilles dentelles » pourrait-on dire, ce qui collerait assez bien à leur image – quoiqu’ils soient a priori plus H.P. Lovecraft qu’Agatha Christie.

 

The Eldritch Realm est le deuxième album de ces amateurs de raffinement musclé, et celui-ci est un ravissement pour les sens – pour peu que l’on soit sensible à un mélange de (c’est parti pour un cocktail olé-olé) Dark Tranquility, Opeth, Vehemence, Gorod et Between The Buried And Me. Le goût final laissé sur la langue est toutefois plus américain et jeune que ce que pourrait suggérer une telle description. L’œuvre se déverse dans nos oreilles avec autant de naturel et d'évidence que si l’on lisait un livre ou matait un film, les quelques tirades et liens ente les morceaux aidant à renforcer cette impression de narration. Et si cette demi-heure passe aussi vite – malgré quelques morceaux particulièrement longs – c’est également parce que la mélodie est omniprésente. Car en effet, les véritables reines du bal sont ici les guitares, celles-ci twinnant, gratouillant et rossignolant à qui mieux mieux. Pour autant la basse ne se contente pas des miettes, celle-ci étant fréquemment mis en avant – comme sur « Crashing Black Moon » où elle se charge toute seule comme une grande d’introduire le morceau.

 

Si Parius mérite néanmoins son qualificatif « Prog », c’est qu’outre une technicité remarquable (mais non démonstrative), il investit beaucoup dans les ambiances et ne rechigne pas à sortir du schéma classique guitares / basse / batterie. Ainsi croise-t-on le long de ces sept morceaux du piano, des sonorités suffisamment rétro pour être émises par un orgue Hammond, de la guitare acoustique, et peut-être même un brin de percussions (on les devine tout juste) un peu avant la barre des 2 minutes sur « The Boundless », lors d’un passage qui n'est pas loin d'évoquer Orphaned Land. Côté vocal le panel est lui aussi assez large, car en dehors d’un duo de growleurs dont le registre est assez acide (proche des shrieks Black donc), on entend beaucoup de chant clair, de déclamations, de manifestations plus ou moins dandy (murmures, soupirs…), ainsi que des chœurs. Cette généreuse débauche de moyens permet au groupe d’accoucher de titres aussi ambitieux que gourmands, l’auditeur s’en prenant plein les mirettes en non-stop jusqu’à un feu d’artifice final largement à la hauteur des attentes créées (feu d’artifice qui arrive après une étonnante mais agréable incursion dans le répertoire de Voivod, vers 3:52).

 

Pas besoin d’emballer plus le paquet: The Eldritch Realm est une magnifique surprise arrivée de nulle part, ou pas loin. On s’attendait d’ailleurs tellement peu à trouver un tel album qu’il nous aura fallu presque 2 ans entre la sortie de celui-ci et celle de cette chronique (bref: ce n’est pas l’un de nos contacts promo mais Bandcamp qui nous a amené cette pépite). A vous d'y mordre à pleines dents à présent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: The Eldritch Realm propose un mélange Tech-Prog-Death raffiné des répertoires de Dark Tranquility, Opeth, Vehemence, Gorod et Between The Buried And Me – dira-t-on pour vous donner rapidement une idée de la chose. Et le résultat est véritablement savoureux.

 

 

photo de Cglaume
le 01/05/2020

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 01/05/2020 à 12:20:14

Waow cette pochette !

Xuaterc

Xuaterc le 01/05/2020 à 22:10:40

Elle fait très Weird Tales

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 02/05/2020 à 17:09:21

Exactement !

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